A LA UNE

« NE VOUS INQUIETEZ PAS »

Mgr CottanceauL’évangile dominical continue de mettre en lumière le Sermon sur la montagne (Mt 6, 24-34). Cette fois, Jésus met en évidence deux attitudes existentielles opposées : l’une fonde la réussite d’une vie sur les réalités de ce monde tandis que l’autre compte sur les biens du « ciel ».

Jésus est-il réaliste quand il place la recherche d’un bien-être terrestre au second plan ? Cet idéal d’une vie entièrement dévouée aux biens célestes est-il même supportable à tous ? Il nous faut bien une maison, une voiture, un travail et de l’argent pour avoir de quoi manger, boire, se vêtir. Et tous les croyants ne sont pas destinés à un état de vie qui conduit à l’abandon des soucis matériels.

De fait, dans cette partie du sermon, Jésus s’adresse sans doute à ses premiers disciples qui vivaient avec lui dans une totale dépendance à la charité et à l’hospitalité des personnes rencontrées sur le chemin. Et il y a effectivement lieu de dire que les recommandations de Jésus en faveur d’un dépouillement total vis-à-vis des soucis du monde sont vécues d’une manière spécifique par ceux qui professent les conseils évangéliques de l’obéissance, du célibat dans la chasteté et de l’esprit de pauvreté et de partage.

En réalité, une lecture attentive de l’évangile montre que la précarité matérielle n’en est pas la préoccupation principale. Riches ou pauvres, nous courons tous le même danger de se laisser prendre au piège de l’avoir qui ne finit jamais d’être satisfait. Si bien que nous risquons de passer à côté de la venue du Règne de Dieu dont l’accueil est suspendu à une attitude de confiance en la bienveillance de Dieu.

Il ne s’agit donc pas de renoncer au travail ou à l’argent, ni à la lutte contre la misère sociale. En fait, le choix à faire entre Dieu et l’Argent, entre le ciel et la terre, va traduire la volonté de chacun de placer sa vie soit sous la direction des ambitions terrestres, avec leur potentiel d’enfermement, soit sous celle d’une autorité extérieure à ce monde et à sa logique, Dieu qui libère.

La réussite d’une vie humaine ne se résume pas tant à la quantité de biens amassés qu’à la qualité des relations avec autrui et, pour un croyant, avec Dieu. L’insistance de Jésus à ne pas se laisser accaparer ou troubler par les soucis mondains s’explique. Il ne cherche pas à imposer un style de vie impossible à vivre mais indique un chemin de vie et de liberté. Car tandis que notre choix se porte sur Dieu, la confiance en Lui va aider chacun d’entre nous à mettre de l’ordre dans ses choix concrets.

+ Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU

Armoiries épicopales

Armoirie mgr CottanceauAnuntiate Verbum Domini Insulis

« Nations, écoutez la parole de Yahvé ! Annoncez-la dans les îles lointaines ! » Ces paroles du prophète Jerémie (Jr 31, 10) donnent le sens de la devise que j’ai choisie et qui figure en latin. Elles expliquent le choix des symboles : imaginons que nous tenons en main le Livre de la Parole de Dieu au bas du blason. En levant les yeux, se profile à l’horizon une île sur laquelle sont représentés trois cocotiers. On peut y voir une allusion à la réalité de nos îles, mais également à la Sainte Trinité, au Dieu trois fois saint qui nous précède par son Esprit dans toute créature, puisqu’il est le Créateur. C’est là que j’ai été appelé à être pasteur à la suite du Bon Pasteur qui est Parole de Dieu, une Parole qui nourrit ma Foi, qui me passionne depuis ma jeunesse et me surprend chaque jour !

Au milieu du blason sur la gauche, une pirogue. Elle relie les Hommes entre eux, elle ouvre les horizons, elle invite à l’aventure, cette aventure qui a conduit les premiers missionnaires des Sacrés Cœurs et ceux qui les ont précédés à quitter leur pays pour cette partie de l’Océanie, afin d’y apporter la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Elle évoque la barque de Pierre, l’Eglise, et c’est nous qui aujourd’hui sommes les rameurs !

Toujours au milieu, à droite, le Pu… Il résonne et convoque pour la fête, il rassemble, il invite à la réjouissance. Quelle meilleure façon de célébrer dans notre Fenua la venue du Christ et de l’accueillir avec des chants de joie !

Enfin, sous le blason, cette bande blanche avec les croix représente le « Pallium », cet ornement liturgique fait en laine de mouton. Symbolisant la brebis sur les épaules de Jésus, le Bon Pasteur, il signifie le lien personnel et institutionnel de l’archevêque avec le pape, la communion avec le successeur de Pierre dans la charge pastorale de toutes les Églises.

+ Mgr Jean Pierre COTTANCEAU

© Archidiocèse de Papeete - 2017

LA BOUCHE, LES MAINS, LES PIEDS ET L’EVANGILE

Mgr CottanceauAu sein de l’Église, il est d’usage d’affirmer que le royaume de Dieu avance à pas d’hommes. Un chant bien connu y fait penser : « ah ! qu’ils sont beaux sur la montagne les pas de ceux qui portent la Bonne Nouvelle et qui annoncent le salut et la paix ! »

Les pasteurs de communautés le savent bien : l’évangélisation n’est ni l’affaire d’une stratégie publicitaire ni d’une conquête géographique. Bien que nous vivions dans un monde hyper connecté où les idées circulent très rapidement, l’expansion de la Bonne Nouvelle dépend avant tout de la réponse personnelle et libre de chaque être humain.

L’annonce du message évangélique et l’adhésion à son contenu s’appuient effectivement sur des « instruments » tout simples : la bouche, les mains, les pieds. Affirmation curieuse au premier abord mais, à bien y réfléchir, le corps n’est-il pas un medium incontournable de la vie de foi ?

La bouche proclame et acquiesce le credo, les mains reçoivent l’eucharistie et bénissent, les pieds nous portent vers autrui pour partager le salut et la paix du Christ. Nous avons là aussi une belle image des trois ministères confiés aux chrétiens et aux pasteurs en premier lieu dès le baptême : enseigner la Parole par la bouche, sanctifier par les mains, guider une communauté en traçant un chemin à suivre.

La Bible fourmille de références. Isaïe accepte de devenir le prophète du Seigneur après avoir reçu la purification de ses lèvres (cf. Isaïe 6, 1-8). Saint Paul impose les mains à Timothée pour qu’il devienne le pasteur de sa communauté (cf. 2 Timothée 4,1-8). À la veille de sa mort, Jésus lave les pieds de ses apôtres pour leur montrer ce qu’ils devront faire eux-mêmes en témoignage à donner aux chrétiens : servir, aimer, donner sa vie comme Jésus a fait pour eux (cf. Jn 13,1-17).

Le lecteur apprendra par ailleurs que les textes cités sont ceux qui ont été choisis pour l’ordination épiscopale de ce samedi 18 février. Dans ce même épisode du lavement des pieds, Jésus conclut ses recommandations par l’évocation d’une béatitude : « Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites » (Jn 13,17). Que chacun se sente donc encouragé à disposer ses lèvres, ses mains et ses pieds au service de l’avancement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ.

 Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU

Ordination Episcopale de Mgr Jean Pierre Cottanceau

Ordination mgr jp cottanceauSamedi 18 février 2017 à 9h, en l’église Maria no te Hau de Papeete,
S.E. Mgr Michel CALVET, Archevêque de Nouméa, assisté de
S.E. Mgr Hubert COPPENRATH, Archevêque émérite de Papeete, et de
S.E. Mgr Pascal CHANG SOI, Evêque de Taiohae,
en présence de
S.E. Mgr Martin KREBS, Délégué apostolique
ordonneront avec tous les évêques présents
S.E. Mgr Jean Pierre COTTANCEAU, Archevêque de Papeete.

- Vendredi 17 février -
A 19h à la Cathédrale aura lieu une veillée de prière pour nous préparer spirituellement à l’ordination.
Cette veillée débutera par les Vêpres animées par la paroisse de la Cathédrale. Suivra un temps d’adoration jusqu’à Minuit.

- Samedi 18 février -
PARKINGS :

* Le parking du presbytère de MNTH est réservé pour les prêtres, diacres, séminaristes, religieux/ses, presse ;
* Le parking sur la route devant l’église MNTH est réservé pour les autorités et invités d’honneur ;
* Les parkings de l’évêché, Ecole de la Mission, Communauté Chinoise, Lycée La Mennais et du côté de la Fraternité Chrétienne et de Tere Ora sont pour les fidèles ;
* Si des paroisses viennent du bus, les bus après avoir laissé leurs passagers devant l’évêché pourront se garer au parking Tarahoi gratuitement.

- Dimanche 19 février -
Au cours de la messe de 8h concélébrée par les évêques présents à la Cathédrale, Monseigneur Jean-Pierre prendra officiellement possession du siège épiscopal, selon le rite prévu par notre Sainte Mère l’Eglise.

« Eh bien ! moi, je vous dis… »

Ces semaines-ci, les évangiles du dimanche reproduisent le célèbre « Sermon sur la Montagne » en saint Matthieu. Les fameuses « antithèses » de Jésus sont au cœur du texte évangélique du dimanche qui vient : « On vous a dit que… Eh bien ! moi, je vous dis… » (Mt 5, 17-37).

Dans la langue, le « on » est un pronom personnel indéfini et désigne des individus dont le nombre et le genre sont inconnus. Terrible « on » à vrai dire ! À cause de lui, combien d’histoires, de commérages, de supputations douteuses voire de calomnies se propagent. Les réseaux sociaux fourmillent de ce « on » si confortable et pratique qui fait paravent !

Un chemin de conversion consisterait sans doute dans ses prises de paroles à assumer ses propres opinions et à faire usage du « je ». Mais cela implique un vrai courage, ce qui semble bien difficile à beaucoup d’entre nous : « Eh bien ! moi, je vous dis… ».

Dans la bouche de Jésus, le « on » ne renvoie pas tant aux prescriptions de la Loi de Moïse qu’aux opinions très diverses des « maîtres » de son époque. Parmi eux, il y a les scribes et les pharisiens vis-à-vis desquels Jésus se prononce sèchement : « Si votre justice ne dépasse pas celles des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. »

Les scribes et les pharisiens avaient tendance à se cacher derrière des interprétations et des affirmations qu’ils faisaient passer pour vraies en les recouvrant d’une autorité divine. En réalité, ils liaient les gens par de pesants fardeaux. Et Jésus a fait remarquer qu’ils n’étaient pas toujours capables de porter ces fardeaux eux-mêmes.

En outre, leur manière d’envisager la relation à Dieu était proche d’une logique de rétribution, c’est-à-dire du « donnant-donnant » ou du « permis-défendu » : « si tu fais cela, alors Dieu te récompensera », et inversement ; avec des enchainements malheureux du style « si Dieu ne te donne pas cela (le bonheur, la richesse, la santé…), c’est que tu n’as pas agi comme il faudrait ».

À l’inverse, Jésus a révélé au monde un visage de Dieu bien différent : « je suis doux et humble de cœur ». Toute la puissance de ce « je » réside dans sa légitimité comme Messie et Seigneur, Fils unique du Père et donateur de l’Esprit. Et cet usage du « je » - comme s’il pouvait parler à la place de Dieu – lui sera reproché durement. À vrai dire, il en mourra. Jésus pourtant ne s’est pas caché ni derrière un texte ni derrière un savoir (ou un clavier comme cela se fait de nos jours).

+ Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU

Décès du Diacre Benoît VAKI

B VakiCONDOLEANCES ET SYMPATHIE
Samedi 04 février 2017, le diacre Benoît VAKI s’en est allé vers la maison du Père.
L’inhumation a lieu le mardi 07 février où une messe a été dite en l’église du Sacré Cœur de Arue et l’inhumation au cimetière communal de Arue.
Monseigneur Jean-Pierre, tous les prêtres, les diacres et les fidèles adressent à son épouse, à ses enfants, petits-enfants et à toute la famille leurs plus sincères condoléances et que nos prières vous accompagnent.

VIE CONSACREE ET PRESENTATION DU SEIGNEUR AU TEMPLE

Mgr CottanceauLa semaine est marquée par la fête de la Présentation du Seigneur au Temple, le 2 février. Outre que la fête commémore le moment où Marie et Joseph consacrent l’enfant Jésus à Dieu comme le prescrit la loi de Moïse, ce jour est aussi celui qui a été choisi par le pape Jean-Paul II depuis 1997 pour célébrer la journée de la vie consacrée.

La simultanéité des deux célébrations ne tient pas du hasard. La présentation de Jésus au Temple annonce sa propre consécration au Père et le don de sa propre vie jusqu’à la Croix par amour pour les hommes. Toute personne consacrée est bouleversée par ce don du Christ au point de tout laisser pour vivre à sa suite.

Ce style de vie est un témoignage qui dépasse les personnes consacrées elles-mêmes. À travers elles, les valeurs du Royaume se diffusent dans le monde : générosité, détachement, esprit de sacrifie, capacité à donner la priorité aux autres, etc. Ce faisant, elles peuvent réveiller un monde endormi et montrer une manière différente de faire des choses, d’agir, de vivre.

Mais à ce que « quelques-uns » choisissent de vivre, tous sont appelés et en possèdent les capacités et les charismes nécessaires. Ayons à l’esprit qu’obéir à la volonté de Dieu, respecter la dignité de chaque personne, consacrer les fruits de son travail au service de la mission, tous les chrétiens y sont consacrés par le baptême !

Le contexte actuel révèle toutefois un essoufflement sur le plan des vocations. Dans un discours prononcé le 28 janvier dernier à l’adresse du monde religieux, le pape François a évoqué les grandes fragilités actuelles de la vie consacrée : « la culture du provisoire, (…) le consumérisme, (…) la routine, la fatigue, le poids de la gestion des structures, les divisions internes, la recherche du pouvoir, une manière mondaine de gouverner les institutions, un service de l’autorité qui parfois devient un autoritarisme ou d’autres fois un laisser-faire ».

Le pape termine son discours en relevant l’importance de la vie fraternelle en communauté, de la vie de prière, de la fréquentation des sacrements et d’un témoignage de vie authentique. Aux jeunes qui sont en recherche, c’est la « joie de l’Évangile » qu’il s’agit avant tout de partager. Toute vocation tire sa force et sa durabilité du « regard fixé sur le Seigneur ».

Depuis ses origines, notre diocèse s’est enrichi de la vie consacrée. Et ce style de vie continue encore aujourd’hui d’alimenter notre Église locale de ses dons et charismes à travers nombre d’hommes et de femmes. Nous tenons ici à les remercier pour leur engagement et à les encourager !

+ Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU

L’HOMME ET LA PLUIE

A l’heure où notre pays vient d’être frappé par de violents épisodes météorologiques jetant un certain nombre de familles hors de leurs maisons, détruisant habitations, ponts et routes, la question revient de savoir comment éviter que pareil désastre se reproduise. Comme si l’Homme pouvait interdire à la pluie de tomber ! Ecoutons ce passage de l’Ancien Testament où Dieu invitant Job à l’humilité s’adresse à lui en ces termes : « 25 Qui perce un canal pour l'averse, fraie la route aux roulements du tonnerre,  26 pour faire pleuvoir sur une terre sans hommes, sur un désert que nul n'habite…    28 La pluie a-t-elle un père, ou qui engendre les gouttes de rosée?  29 De quel ventre sort la glace, et le givre des cieux, qui l'enfante,  30 quand les eaux se durcissent comme pierre et que devient compacte la surface de l'abîme?...  33 Connais-tu les lois des Cieux, appliques-tu leur charte sur terre?  34 Ta voix s'élève-t-elle jusqu'aux nuées et la masse des eaux t'obéit-elle?  35 Sur ton ordre, les éclairs partent-ils, en te disant : "Nous voici?"…  37 Qui dénombre les nuages avec compétence et incline les outres des cieux,  38 tandis que la poussière s'agglomère et que collent ensemble les mottes de terre? » (Job 38)

Rendons à Dieu et aux lois de la nature ce qui leur revient. Mais rendons également à l’Homme ce qui lui revient. Le texte de la Genèse évoquant la création du monde nous révèle que Dieu confia aux Humains le soin de dominer la terre et de la soumettre, le soin de poursuivre son œuvre créatrice. Dans le livre du Siracide, nous trouvons ces paroles : « Les Humains ont reçu du Seigneur l’usage des cinq sens ; il leur a donné en partage un sixième sens, l’intelligence… Aux Humains il a donné du jugement, une langue, des yeux, des oreilles et un cœur pour réfléchir. Il les a remplis de savoir et d’intelligence… » (Si 17, 5-7) Si l’Homme ne peut empêcher la pluie de tomber, il peut en limiter les désastreuses conséquences, d’abord par son savoir et son intelligence à percer les secrets de la nature pour en limiter les aspects destructeurs. Autre moyen que nous avons vu à l’œuvre ces derniers jours : les nombreux actes de solidarité, de dévouement, de don de soi, la mobilisation des services de secours, des responsables du pays, depuis les maires jusqu’aux plus hautes autorités, des confessions religieuses et autres organisations d’entraide.  De cet épisode, dramatique pour beaucoup, ont surgi la solidarité et l’entraide… Ainsi, de tout mal peut en sortir un bien.

Puissent les événements de ce dernier week-end nous rappeler à l’humilité face à la nature, pour la respecter et la sauvegarder. Comme le dit un proverbe : « Dieu pardonne toujours, les Hommes parfois, la nature jamais ! ». Puissent ces événements nous ouvrir davantage à la souffrance et au désarroi de ceux qui ont tout perdu, non pour les plaindre mais pour nous faire proches d’eux et les secourir en actes. Puissent enfin ces événements nous aider à comprendre que, habitant tous la même terre, nous sommes solidaires dans une même responsabilité, poursuivre l’achèvement de cette création que Dieu a commencée dans la lumière au matin du monde !

+ Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU

Nous réconcilier. L’amour du Christ nous y presse

Mgr Cottanceau(cf. 2 Co 5, 14-20)

   L’actualité ecclésiale est marquée par la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. L’année 2017 est d’une particulière importance, puisque sera célébré le 500e anniversaire de la Réforme luthérienne. En 1517, Luther exprimait des critiques en publiant « 95 thèses » contre ce qu’il considérait être des abus dans l’Église de son époque.

   Cet événement enclencha la naissance des mouvements réformateurs et marqua la vie de l’Église d’Occident pendant plusieurs siècles. Il s’en suivit une longue période de controverses ponctuées de conflits sanglants. Les blessures furent telles que l’unité entre les chrétiens semblait impossible.

   Un chemin de réconciliation a pourtant été initié. Le concile Vatican II a reconnu que les Églises et les communautés chrétiennes non catholiques peuvent produire la vie de grâce et donner accès à la communion du salut. En 1999, la Déclaration commune sur la doctrine de justification signée par la Fédération mondiale luthérienne et l’Église catholique a affirmé l’existence d’un consensus sur les vérités fondamentales de la doctrine de justification.

   Plus récemment, en 2013, la Commission luthéro-catholique romaine sur l’unité a rendu un rapport dont le titre illustre bien le chemin parcouru : « Du conflit à la communion ». Le document relève notamment la reconnaissance œcuménique de Luther - qui « n’avait pas l’intention de diviser, mais de réformer l’Église » - comme « témoin de l’Évangile ».

   Le thème de cette année « Nous réconcilier - L’amour du Christ nous y presse » est tiré d’un passage de la seconde lettre aux Corinthiens où saint Paul souligne que la réconciliation est un don de Dieu pour toute l’humanité (2 Co 5,14-20). Réunis par la foi en Jésus Christ, l’amour du Christ nous donne la force pour reconnaître la douleur causée par les divisions, pour lui demander la grâce nécessaire à la guérison de blessures réciproques et progresser ainsi vers la réconciliation.

   En Polynésie, nos Églises et communautés ont connu également un temps de divisions surtout dans la période qui a suivi l’arrivée des missionnaires. Ce temps appartient au passé. Les initiatives prises par Monseigneur Michel Coppenrath et le pasteur Samuel Raapoto, premier président de l’Église évangélique de Polynésie française, à partir des années 60 ont conduit à une estime mutuelle et durable.

   À l’approche de l’ordination épiscopale, je souhaite adresser un message de fraternité et de bienveillance aux communautés chrétiennes de notre pays, en particulier à l’Église Protestante Maohi avec qui notre diocèse entretient des liens profonds. Je souhaite poursuivre l’action de mes prédécesseurs, inscrire le temps de mon épiscopat sous le signe du dialogue sincère et de l’amitié dans le respect mutuel.

   Que cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens renforce donc notre désir ardent de communier ensemble à l’amour du Christ. Que nos pasteurs respectifs et nos fidèles soient des ministres de réconciliation « pour faire tomber les barrières, construire des ponts, instaurer la paix et ouvrir la voie à de nouvelles manières de vivre au nom de celui qui nous a réconciliés avec Dieu, Jésus Christ ».

+ Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU

Décès du Frère Vincent GUILLERM

FrerefrancoisFrère Vincent GUILLERM, appelé aussi de son nom de Frère, Frère François Laurent, est décédé le jeudi 5 janvier 2017 à la communauté des Frères de Josselin à l’âge de 91 ans dont 76 de vie religieuse. La cérémonie des obsèques a eu lieu le samedi 7 janvier 2017 en la chapelle de la Maison-Mère des Frères à Ploërmel.
Frère Vincent a été Supérieur des Frères en Polynésie et Directeur du Collège Lycée La Mennais de 1963 à 1971. Voici quelques éléments essentiels qui ont marqué son temps de Supérieur en Polynésie :
- Ouverture de l’école Fariimata avec Frère Ronan comme directeur le 20/09/1965
- Arrivée des premiers VAT (volontaires à l’aide technique Frères puis aussi laïcs) en septembre 1965
- Inauguration du Fare des Frères de Paea construit grâce aux Anciens Elèves des Frères le 16/09/1967
- Ouverture en septembre 1968 de l’Ecole Saint Hilaire à Faaa avec Roger NOUVEAU comme directeur
- Retour en 1971 des Frères à l’Ecole Saint Joseph de Taiohae : Frère Ronan Directeur et Frère Marcel.

« LA NOUVELLE VIENT DE TOMBER !» MGR JEAN PIERRE COTTANCEAU

Cottanceau jean pierre 2015« LA NOUVELLE VIENT DE TOMBER ! »

MONSEIGNEUR JEAN PIERRE COTTANCEAU,

Nouvel Archevêque de PAPEETE

La nouvelle vient de tomber ce Jeudi 15 Décembre : après plusieurs années sans évêque en charge, exactement depuis le 31 Mars 2011, notre diocèse a de nouveau un pasteur. Le Saint Père vient en effet de me nommer Archevêque de Papeete. Il me tenait à cœur de vous partager cette bonne nouvelle, car c’est pour vous, pour l’Eglise et pour tous les habitants du Fenua que j’ai accepté cette mission, cette responsabilité. Les premiers mots qui me vinrent à l’esprit en apprenant cette nomination furent ceux de Marie dans le Magnificat : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles… Il s’est penché sur son humble servante ! ».

            Peut-être allez-vous vous poser cette question : « qu’est-ce que cela va changer ? » Il ne s’agit plus simplement d’administrer le diocèse, mais de le guider. Plus encore, par l’ordination épiscopale qui lui est conférée, le nouvel évêque devient successeur des apôtres, il reçoit la mission que le Christ a confiée aux Douze. Il est intégré dans le collège des successeurs des Apôtres à qui le Seigneur a confié l’Eglise pour le salut du monde. Certes, l’évêque guide son diocèse, mais plus encore, il est avec tous les autres évêques en communion avec le Pape, en charge de toute l’Eglise universelle.

            L’évêque n’est pas élu au suffrage universel par les fidèles du diocèse comme le sont certains responsables politiques du pays. Il est choisi par celui qui a reçu la charge de succéder à l’apôtre Pierre. Ainsi nous est signifié que les ministres en charge de l’Eglise sont un don reçu du Seigneur. L’Eglise ne travaille pas pour elle-même, elle ne doit à aucun moment se refermer sur elle, sa mission ne lui appartient pas, mais sans cesse, elle reçoit cette mission de l’initiative du Christ pour l’assumer, la réaliser dans l’Esprit, à cause de l’amour du Père. Ce qui fonde l’autorité de l’évêque ne doit rien à sa valeur personnelle, ni à son savoir-faire ni même aux dons spirituels qui donnent force à ses interventions, mais elle le doit au titre du sacrement de l’ordre et de la mission qui lui a été confiée. En recevant le sacrement de l’Ordre épiscopal, le nouvel évêque est consacré à Dieu d’une manière nouvelle, mis à part pour être l’instrument vivant du Christ. C’est dans et par l’ordination que l’évêque trouve le fondement de son agir, et non parce que c’est sa profession, ou son métier. Le Christ n’a pas laissé à son Eglise des choses à faire! Il a donné à l’Eglise des ministres. Ainsi, l’évêque n’est pas l’exécutant de quelques taches qu’on pourrait lui confier, selon les circonstances. Il est celui que le Christ a saisi pour « être avec lui dans sa mission ».

            Alors, rendons grâces à Dieu qui s’est souvenu de son Eglise présente dans les îles du Pacifique et qui lui donne un nouveau pasteur. Priez pour moi afin que je reste fidèle au carnet de route que je m’étais fixé il y a plus d’un an, rester « serviteur de Dieu, de l’Eglise et des Hommes », et « redonner courage, ranimer la Foi dans les cœurs qui faiblissent, susciter et réveiller les énergies qui dorment au fond de chacun, renforcer l’unité entre tous et faire en sorte que notre Eglise ne s’enferme pas dans les sacristies et reste ouverte aux appels des plus pauvres et de tous ceux qui souffrent ! »

+ Jean-Pierre COTTANCEAU

Monseigneur Jean-Pierre COTTANCEAU Nouvel ARCHEVEQUE DE PAPEETE

Mgr cottanceau

S.E. Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU est né le 14 Janvier 1953 à Ussel (Corrèze).

Son père, Bernard, était agent SNCF et sa mère, Colette, mère au Foyer pour s’occuper de ses 4 fils et ses 2 filles.

Jean-Pierre est baptisé le 02 Février 1953 en l’église de Bort les Orgues (Corrèze).

Scolarisé d’abord à Capdenac (Aveyron), il va au Collège du petit séminaire des Pères des Sacrés Cœurs de Graves à Villefranche de Rouergue, puis au lycée St. Joseph à Villefranche de Rouergue.

Il fait profession religieuse chez les Pères des Sacré-Cœur de Jésus et de Marie (ss.cc.) le 11 Septembre 1971 à Combs la Ville (Seine-et-Marne)

Après six années d’études, deux années de coopération au Congo (ex Zaïre) et une année de diaconat, le Cardinal François Marty, archevêque de Paris, lui confère l’ordination sacerdotale le 10 Mai 1980 à Paris en la paroisse Saint-Gabriel.

Le R.P. COTTANCEAU poursuivra des études théologiques, se spécialisant en exégèse. Il obtient une maîtrise en théologie, un DEA en théologie et un Doctorat de 3° cycle à la faculté de théologie de Strasbourg.

De 1979 à 1985 il est aumônier des collèges et lycées au Sud de Paris (XXème arrondissement).

En 1985 – 1986 il suivra des cours et fera des recherches à l’Ecole Biblique de Jérusalem.

De 1986 à 1998 on lui confie la direction d’un foyer de jeunes à Villefranche de Rouergue.

En Juin 1998, il reçoit une obédience pour Tahiti où il sera responsable de la formation des séminaristes des Pères des Sacré-Cœur. Parallèlement il donne des cours au grand séminaire, anime des sessions de formation théologique pour les laïcs.

En 2000 il est nommé curé de la paroisse du Sacré-Cœur à Arue (Tahiti) ; charge qu’il assurera jusqu’en 2010. Il sera également membre du Collège des Consulteurs et du Conseil presbytéral.

 En 2010 il est rappelé par ses supérieurs pour enseigner au Prenovitiate Damian Formation Center à Quezon City aux Philippines.

En août 2015 il revient à Tahiti où, en date du 28 août le Saint Père le nomme Administrateur Apostolique de l’archidiocèse de Papeete.

Le 15 décembre 2016, Sa Sainteté le pape François nomme le R.P. Jean-Pierre COTTANCEAU Archevêque du diocese de Papeete.

Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU devient le quatrième archevêque de Papeete, il succède à Mgr Hubert COPPENRATH.

Monastère Sainte Claire vœux solennels de sœur Marie-Thérèse

SrmariethereseDimanche 20 novembre, à 18h, au monastère d’Outumaoro, sœur Marie-Thérèse (Mareva WINKELSTROETER) a prononcé ses vœux solennels dans l’Ordre de Sainte-Claire. Célébration qui a été présidée par le Père Jean-Pierre COTTANCEAU, Administrateur Apostolique de l’Archidiocèse.

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Nomination Madame Moea CHAUMEIL

MoeachaumeilPère Jean-Pierre COTTANCEAU, Administrateur Apostolique et Président du Conseil d’Administration de la Mission Catholique (CAMICA),
avec l’accord de
Monseigneur Pascal CHANG SOI, Evêque de Tefenuaenata et Président du Conseil d’Administration de la Mission Catholique des Iles Marquises (CAMCIM),

NOMME, à compter du 1er novembre 2016
Madame Moea CHAUMEIL,
Directrice de l’Enseignement Catholique de Polynésie Française.

Madame Moea CHAUMEIL succèdera à Monsieur Jean-Pierre MOU HING.