ALERTE !

Mgr Cottanceau            En cette période de l’année où nous avons plaisir à échanger nos « meilleurs vœux » pour 2018, certains faits concernant des jeunes mineurs sont venus à mes oreilles par plusieurs sources et qui m’incitent à bien cibler le vœu que je voudrais formuler ici. En effet, ces faits doivent nous alarmer : nous, les adultes, nous les parents, nous, les pouvoirs publics, nous les communautés Chrétiennes, nous, les groupes de jeunes des paroisses. Des jeunes mineurs ont été trouvés dans des « boites de nuit », dans un état d’ébriété avancée, à une heure où ils auraient dû être chez eux. Certains ont fini la nuit en cellule ! Comment est-il possible que l’accès à ces lieux leur ait été possible ? Comment se fait-il qu’ils aient pu se faire délivrer des boissons alcoolisées alors qu’ils sont mineurs ? Sans parler de la loi qui se doit de protéger les mineurs, un minimum de conscience et de bon sens ferait-il défaut à ceux et celles qui ont mission d’éducateurs pour aider ces jeunes à grandir de manière responsable ? Flatter les penchants qui poussent aux plaisirs destructeurs de l’alcool quand on ne peut pas encore se maitriser, favoriser les appétits qui poussent à se satisfaire de fausses images du bonheur, est-ce là une façon d’aider ces jeunes à grandir et à se préparer un avenir qui les rendra plus responsables ? Si rien n’est fait, nous pourrons être accusé de « non-assistance à personne en danger ». En effet, outre les conséquences qu’il peut avoir sur la santé, un tel comportement peut entrainer ces jeunes sur une pente dangereuse. De quoi peut-on être capable sous le coup de l’alcool ou de la drogue ? Dans son discours lors de l’audience solennelle du 13 Janvier 2017, le procureur de la République près le TPI de PAPEETE précise qu’il y eut en 2016 une augmentation du nombre de mineurs mis en cause pour des affaires de délinquance : 1 325 mineurs, soit une augmentation de 10, 23%. Enfin, pensons que se trouver mineur, en état d’ébriété ou non, au milieu de la nuit dans les rues peut faire de ces jeunes des proies faciles pour des personnes mal intentionnées !

            Alors, mon vœu est que tous, éducateurs, parents, responsables de la sécurité, confessions religieuses puissions prendre conscience qu’il est temps de réagir. Il y va de l’avenir de nos familles, de notre pays, et de ces jeunes. C’est parce que nous voulons les aimer que nous devons les protéger, les mettre en garde, et leur faire comprendre où est le chemin qui les aidera à grandir. Est-ce trop demander ? Souvenons-nous que ne rien exiger de nos jeunes est peut-être signe que nous ne les aimons pas beaucoup !

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU