ANTI – CREATION

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  • Le 26/06/2020

Mgr CottanceauEn ces temps où il est souvent question du respect et de la sauvegarde de la création, préoccupation qui concerne aussi notre Fenua à juste titre, voici un texte d’une étudiante américaine que l’on pourrait qualifier de « pessimiste ».
Il reprend la forme du texte de la création que nous trouvons dans la Bible, au premier chapitre du livre de la Genèse.
« Au commencement, la Terre existait, et la Terre était bonne et belle. Les Hommes se dirent : - Qu’il y ait des maisons dans les plus beaux endroits. Et la terre fut recouverte de béton, d’asphalte et d’acier tandis que disparaissaient les plantes et les prés.
Le second jour, les Hommes virent les eaux qui couraient sur la surface de la terre. Et ils se dirent : - Que se mêlent les eaux cristallines aux eaux résiduelles. Et il en fut ainsi. Les ruisseaux furent contaminés et les mers ne furent plus que pourriture.
Le troisième jour, les Hommes regardèrent les forêts qui poussaient en dehors des villes. Et ils se dirent : - Coupons les arbres, et utilisons leur bois pour produire de l’aggloméré et du papier journal. Et il en fut ainsi. Les bois et les forêts furent rasés, et la terre devint déserte.
Le quatrième jour, les Hommes contemplèrent les animaux qui se promenaient sur le sol. Et ils se dirent : - Il est dangereux que ces bêtes jouissent de liberté. Faisons un parc, et chassons pour notre plaisir ! Et il en fut ainsi. Et les espèces s’éteignirent et disparurent de la surface de la Terre.
Le cinquième jour, les Hommes humèrent le vent. Et ils se dirent : - Que se mêle l’air pur aux fumées des usines et des moteurs. Et il en fut ainsi. L’air fut contaminé de vapeurs nocives et devint irrespirable.
Le sixième jour, les Hommes se regardèrent les uns les autres et ils se rendirent compte qu’ils ne parlaient pas la même langue, et ils commencèrent à se craindre les uns les autres. Ils se haïrent et ils se dirent : - Faisons des armes puissantes pour dominer et détruire le voisin avant qu’il ne nous extermine. Et il en fut ainsi. Et la Terre s’illumina du feu de la guerre.
septième jour, la Terre redevint belle et magnifique parce que les Hommes avaient disparu de sa face ! » Au-delà de la solution « radicale » évoquée par ce poème, (disparition de l’Homme !) n’y auraitil pas une autre façon d’envisager l’avenir : nous rappeler la responsabilité que Dieu nous confia : cultiver et garder cette création, et voir ce que chacun peut faire concrètement pour cela ?

+ Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU