DEMANDER LA GRÂCE DE PERSÉVÉRANCE

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  • Le 28/08/2020

eveche15w.jpgCette semaine nous fêtons Sainte Monique (27 août) et Saint Augustin (28 août), deux personnages aux destins intimement liés puisque Monique était mère d’Augustin.

Sainte Monique est née en 332 à Thagaste dans l'Empire romain (aujourd'hui Souk Ahras en Algérie). Mariée très jeune à un notable païen nommé Patricius, marqué par la mentalité du paganisme, qui se montre infidèle et violent, cependant Monique restera une épouse modèle par sa fidélité, sa douceur, son dévouement et son silence malgré les reproches de l’entourage et les calomnies subies. Persévérante dans la prière elle finira par convertir son époux qui recevra le baptême quelques temps avant de mourir vers 370.

A l’âge de vingt-trois ans, en 354, Monique donne naissance à Augustin, son premier né d’une fratrie de trois. Monique donne à son fils une bonne éducation chrétienne mais ne le fait pas baptiser. Etant bébé Augustin reçut simplement les signes des ‘’catéchumènes’’ : signe de la croix sur le front, grains de sel sur les lèvres, ce qu’on appelait naguère les ‘’rites préliminaires’’ du baptême. Petits propriétaires terriens, les parents d'Augustin disposaient de quelques biens suffisants pour financer les études de leur fils. Après d’excellentes études primaires et secondaires, il intègre l’université de Carthage, devenant bientôt professeur de lettres. Mais Augustin vivra à Carthage les années un peu folles de son adolescence. Vers l’âge de 17 ans il se lie à une compagne avec laquelle il aura un garçon, Adeodat, ’Dieudonné’. Augustin, tiraillé entre son amour de la Sagesse (la philosophie) et ses ardentes passions de jeune homme, se met en quête de la Vérité.

Sa maman, Monique, veuve depuis 371, se soucie et se dévoue pour ce fils qui semble « mal tourner ». Le plus douloureux pour elle sera l’adhésion d’Augustin à la secte manichéenne, si opposée à la foi chrétienne. Elle verse quantité de larmes, mais avec grande persévérance elle prie de manière incessante pour ce fils déconcertant. A l’âge de 29 ans (en 383), il quitte Carthage pour Rome, puis pour Milan, où il obtient une chaire. Il devient fonctionnaire : c'est le sommet de sa carrière ! Jeune, ambitieux, Augustin court après les honneurs, la richesse. Sa mère le rejoint à Milan, elle voudrait qu’il se marie.

C’est alors qu’Augustin fait deux rencontres importantes dans son parcours philosophique et spirituel. Ambroise, évêque de Milan, lui permet de découvrit le sens spirituel de l’Ancien Testament. Et Simplicien, un grand intellectuel chrétien, lui présente le Prologue de l’Évangile de Jean comme un condensé de la doctrine chrétienne. Augustin s’ouvre à la cohérence de la pensée chrétienne :  le Christ est à la fois Verbe, Parole de Dieu en Dieu, Parole faite chair, Médiateur de Dieu et des hommes.

En mars 387, Augustin, un de ses amis et son fils Adéodat suivent la catéchèse d’Ambroise. Au cours de la nuit pascale du 24-25 avril 387, Ambroise les baptise. Monique assiste à l’événement, elle est au comble de la joie ! Prière, larmes, persévérance ont porté du fruit.

Augustin retournera dans son pays où il deviendra évêque d’Hippone. Auteur, entre autres des Confessions et de la Cité de Dieu, il deviendra un des plus grands théologiens chrétiens, un des quatre Pères de l’Eglise latine et l’illustre docteur de l’Eglise.

A l’exemple de Sainte Monique, demandons la grâce de la persévérance.

[D’après P. Goulven Madec, Itinéraires augustiniens, n° 28, juillet 2002)

                                                                                                       Dominique SOUPE