Myriam de Gemma PARROT

Localisation :
Punaauia
Centres d'intérêts :
vie spirituelle foi catholique

Billets de passionistedepolynesie

11 NOVEMBRE

Mgr Cottanceau           Ce devait être la « Der des der ! », la dernière des dernières guerres… Et pourtant, il y eut depuis la seconde guerre mondiale, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, la guerre du Viet Nam, la guerre des 6 jours, la guerre du Kippour, la guerre du golfe, et bien d’autres encore… sans parler des guerres civiles poussant les gens d’un même pays les uns contre les autres, les génocides… Et ça continue !!! En commémorant l’armistice du 11 Novembre, fin de 4 ans de guerre qui coutèrent à la France 1,4 Millions de soldats morts au combat, dont 300 poilus Tahitiens et à l’Allemagne 2 Millions de soldats tués, nous honorons le courage et la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie au cours de ce conflit. Nous saluons une victoire, mais une victoire amère qui n’était en fait que la victoire des armes, et non une victoire de la paix ! La suite n’allait pas tarder à le montrer. Alors, faut-il renoncer définitivement au rêve d’un monde sans guerre ? Faut-il prendre acte de la fatalité de ces conflits qui génèrent destruction, haine, mort ? Serait-il vrai que, selon cet adage latin, « l’Homme est un loup pour l’Homme » ? Faut-il admettre qu’un monde sans guerre est impossible ?

            Ce n’était en tout cas nullement la pensée du Pape Saint Jean XXIII. Au plus fort de la guerre froide, deux ans après l’édification du « rideau de fer » qui matérialisait à sa façon l’opposition farouche entre l’Est et l’Ouest du monde et 6 mois après la crise de Cuba qui faillit entrainer le monde dans un conflit nucléaire, le Bon Pape Jean publiait l’encyclique « Pacem in Terris » (« La paix sur la Terre ») dans laquelle il refusait cette fatalité de la guerre. A chacun, l’encyclique rappelait l’appartenance commune à la famille humaine et faisait briller les aspirations de toutes les populations de la terre à vivre en sécurité dans la justice et l’espérance en l’avenir. Pour parvenir à cette paix, le Pape St Jean XXIII identifiait les conditions essentielles permettant de construire la paix : la vérité, la justice, l’amour et la liberté.

            La vérité, fondement de la paix si tout homme prend conscience avec honnêteté que, en plus de ses droits, il a aussi des devoirs envers autrui. La justice qui construit la paix si chacun respecte concrètement les droits d’autrui et s’efforce d’accomplir ses devoirs envers les autres. L’amour, ferment de paix si chacun partage avec les autres ce qu’il possède, à commencer par les valeurs de l’esprit. Enfin, la liberté qui nourrit la paix et lui fait porter du fruit si, dans le choix des moyens pris pour y parvenir, les personnes suivent la raison et non la passion, et assument avec courage la responsabilité de leurs actes.

            Le Pape Jean était convaincu que bien que la situation soit dramatique dans certaines parties du monde, comme elle l’est toujours actuellement, il fallait travailler à répandre ces valeurs de vérité, de justice, d’amour et de liberté dans la vie sociale, nationale et internationale, de sorte que de plus en plus de personnes soient toujours plus conscientes de l’importance de la relation à Dieu et au Christ, source de tout bien et source de vraie paix. … Certes, nous ne sommes pas parmi les hommes politiques qui décident de la guerre ou de la paix. Mais le Christ nous enseigne que le vrai champ de bataille sur lequel s’affrontent la violence et la paix, c’est le cœur de chacun de nous : « c’est du dedans, du cœur de l’homme que sortent les pensées perverses… ». Le Christ offre un chemin, le seul qui puisse aider au progrès de l’humanité sur le chemin de la paix et il déclare heureux les artisans de paix ! Nous trouvons en effet dans l’Evangile de quoi faire grandir notre confiance en l’humanité car « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique ». Nous trouvons de quoi renforcer notre espérance quand le Christ nous dit que l’Amour aura le dernier mot car il est plus fort que la mort. Nous trouvons de quoi persévérer dans le combat pour la paix, car Jésus a promis : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps ».

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

Agenda novembre 2018

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CONSEIL PERMANENT DES EVEQUES DE FRANCE

Le Conseil permanent a suggéré de sonner les cloches de nos églises le dimanche 11 novembre à 11h durant 11 minutes (comme le 11 novembre 1918). Une invitation que Monseigneur Jean-Pierre fait à toutes nos communautés.

ARCHIDIOCESE

Agenda du Père Joel Aumeran
… qui est à Rapa jusqu’au 14 novembre, accompagné du Diacre Tonio TAHUHUTERANI.

Agenda du Père Bruno Mai
… qui sera à Kaukura du 07 au 14 novembre.

Agenda du Père Denis Bertin
… qui sera « en mer » du 12 au 28 novembre. Durant ce temps et pour toutes questions pastorales concernant l'aumônerie militaire (en particulier demande de sacrements de la part de militaires), contacter le Père Denis BERTIN par courriel (aumonier.denislouis.bertin@gmail.com) ou bien, si cela ne peut attendre, voir avec le Père Christophe BARLIER (40.50.30.01) qui assure l’intérim.

Agenda du Diacre Patrice Terooatea
… qui est à Katiu jusqu’au 10 novembre ; puis à Takume du 15 au 29 novembre.

Père Peter Choy
Père Peter nous fait part de son arrivée au fenua, à compter du 18 novembre 2018 jusqu’au 13 février 2019.

Chapelle Saint-Louis (Camp d’Arue)
EXCEPTIONNELLEMENT
, la messe dominicale de ce dimanche 11 novembre sera à 10h30, en raison des célébrations au monument aux morts de Papeete.
Merci de votre compréhension,
Père Denis BERTIN

Messe dans la « Forme Extraordinaire »
Les prochaines célébrations dans « la forme extraordinaire » auront lieu à 8h en la chapelle militaire Saint-Louis à Arue :
- Dimanche 09 décembre ;
- Nativité du Seigneur (25 décembre) (à 18h) ;
- Epiphanie (06 janvier).

 

Grand séminaire « Parcours de Foi avec les sacrements »

SeminairendpentecoteLe Grand Séminaire ouvre une série de conférences intitulée « PARCOURS DE FOI AVEC LES SACREMENTS ». Le parcours s’inscrit dans la continuité du « Parcours de foi avec le Credo » de l’année dernière. Il est destiné à tous publics. Les conférences se tiendront tous les mercredis à partir du mercredi 07 novembre 2018 de 18h à 20h, au Grand Séminaire à Outumaoro. La session contient 12 séances de 2 heures chacune, soit 24 heures en tout.

La formation a pour fil conducteur les 7 sacrements de l’Eglise. L’objectif est d’offrir une approche biblique, spirituelle et théologique du septénaire. Qu’est-ce qu’un sacrement ? Pourquoi 7 sacrements ? A-t-on besoin des sacrements pour être sauvés ? Le Christ a-t-il institué tous les sacrements ? Quelle est la grâce spécifique de chaque sacrement ? Nous unissent-ils vraiment à Dieu ? Nous procurent-ils vraiment la vie éternelle ? Etc. Autant d’interrogations auxquelles chacun pourra trouver des réponses pour sa foi et son cheminement spirituel.

À la fin du parcours, une retraite spirituelle sera proposée aux participants.

Les inscriptions sont ouvertes dès aujourd’hui. Vous pouvez adresser un mail à l’adresse suivante : bessertvetea@gmail.com ou bien vous inscrire auprès du secrétariat de l’évêché avec Tehani.

Pour couvrir nos frais (photocopies, électricité), nous demandons une participation de 6 000 F CFP par personne.

Soyez les bienvenus !

Départ de Frère Théophane URVOY

FreretheophaneFrère de l’Instruction Chrétienne (FIC)
Départ de Frère Théophane URVOY pour la Métropole

Depuis quelques mois le Frère Théophane URVOY a rejoint la communauté de Saint Hilaire. Son état de santé le conduit à exprimer le souhait de rentrer en Métropole. C’est avec beaucoup de tristesse que le District accepte la demande de Frère Théophane. Malgré son désir constamment exprimé de reposer dans le caveau des Frères, à l’Uranie, la Providence en a décidé autrement.

Il rejoindra la communauté des Frères à Josselin (à 12 km de Ploërmel). Les Frères y ont une maison d’accueil médicalisée. Dans un cadre de vie paisible et sécurisé, le personnel d’accompagnement prend soin d’une communauté importante de Frères âgés et leur offre une fin de vie de qualité.

Tous ceux qui ont connu Frère Théophane ne manqueront pas de se souvenir de sa grande disponibilité, de ses conseils toujours judicieux, de sa présence courtoise de 56 ans en Polynésie. Nous aurons l’occasion de rappeler ces longues et belles années avant son départ.

Frère Théophane ne laisse pas la mission des Frères de la Mennais désemparée. Il a une vision d’avenir, comptant sur un renouveau de l’Institut sous une forme qui est encore le secret de Dieu. Sa mission ne s’achève pas avec son départ : nul doute qu’il continuera à la soutenir de sa prière et du don total de sa vie.

La date de célébration de la messe d’au-revoir au Frère Théophane aura lieu, le samedi 10 novembre à 17H à la chapelle du collège lycée la Mennais.
Elle sera célébrée par Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU. Tous ses amis sont invités à venir y participer.
Frère Théophane quittera Tahiti le 13 novembre prochain, accompagné par Frère Francis CAILLET.

Comité Diocésain du Renouveau novembre 2018

RenouveaucharismatiqueComité Diocésain du Renouveau Charismatique Catholique (CDRCC)

« Comité des 12 »
Une réunion des membres du Comité Diocésain du Renouveau Charismatique dénommé « Comité des 12 » se déroulera le lundi 12 novembre 2018 de 17h à 18h à l'Annexe 2 de l’Évêché, Mission, Papeete.
Ordre du jour : Préparation de la retraite CDRCC  du 29-30-31 mars 2019, Tibériade.

Réunion des bergers(ères) et soutiens du Renouveau Charismatique
Tous les bergers(ères) et membres soutiens de tous les groupes du Renouveau Charismatique sont chaleureusement invités à un temps de rencontre et de partage le samedi 17 novembre 2018 à 13h en la Paroisse Saint-Paul, Mahina.

Je vous remercie de faire votre possible pour être présent(e)s pour ces réunions, à défaut de déléguer votre adjoint(e).
Merci de votre union et soutien de prières. Soyez bénis abondamment !

Diacre Juanito BURNS, Répondant diocésain

Messe pour les défunts du CLM

CollegelamennaisMesse à 17h à la chapelle du CLM le samedi 17 novembre. Confions à Dieu les défunts du CLM : professeurs, frères, élèves, amis, défunts de nos familles.

Merci pour votre présence.

Radio Maria no te Hau du 12 au 16 novembre

logo-rmnth.pngRadio Maria no te Hau diffusera sur ses ondes les enseignements suivants :
> Lundi 12 novembre : « Faire bailler Dieu » par P. Rémy SCHAPPACHER ;
> Mardi 13 novembre : « Vivre de la Parole de Dieu » par P. Maximilien M. ;
> Mercredi 14 novembre : « La volonté de Dieu » par P. Roger PAULIN ;
> Jeudi 15 novembre : « L’humilité, les subtilités de l’adultère, la maturation de l’amour » par Yves Semen ;
> Vendredi 16 novembre : « Grandir dans la Foi avec Marie » par P. Jacques PHILIPPE.

Centre Diocésain de Retraites Tiberiade Réunion 29.11.18

TiberiadeTous les responsables de groupes (ou un représentant) animant ou désirant animer des retraites au Centre diocésain de retraites de Tibériade sont dans l'obligation d'être présents à la réunion du jeudi 29 novembre 2018 à 16h30 à l'archevêché, pour information sur la situation du centre diocésain de retraites et fixer le calendrier pour le premier semestre 2019 (janvier 2019 à août 2019 inclus).

Rappel : les réservations de dates préalables par téléphone devront être négociées éventuellement entre groupes ce jour-là pour pouvoir être validées.

Centre Diocésain de Retraites Tiberiade novembre 2018

Tiberiade

Voici le calendrier des retraites pour le … :

Mois de Novembre
> du 06 au 10 novembre : Tahiti Boot Camp
> 16-17-18 novembre : Retraite du Te Vai Ora pour Femmes en Français
> 23-24-25 novembre : Retraite pour tous de Te Pane Ora et le Père Bruno MAI

TOUS SAINTS

Mgr Cottanceau            Ce Jeudi 1er Novembre, l’Eglise nous invite à célébrer la Toussaint, la fête de tous les saints, ceux et celles qui constituent cette foule innombrable, cette nuée de témoins, qui ont cherché à vivre en amis du Seigneur Jésus par la pratique de l’Evangile. Il est dommage que cette fête de tous les saints soit souvent éclipsée par la commémoration des fidèles défunts qui se célèbre le lendemain, 2 Novembre. Il est également regrettable qu’Halloween et son cortège commercial vienne capter l’attention de ceux qui croient en Dieu pour les entrainer sur de fausses pistes qui éloignent de ce que nous révèle la foi Chrétienne en matière de vie, de mort et d’éternité.

            Il importe donc de bien comprendre le sens de cette fête de Toussaint. Dans son exhortation apostolique « La joie et l’allégresse » parue cette année, le Pape François nous dit que la sainteté n’est pas que l’affaire de ceux dont les noms figurent sur les calendriers liturgiques : « J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Eglise militante. C’est cela, souvent, la sainteté « de la porte d’à côté », de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu ». Célébrer ceux et celles qui ont essayé, malgré leurs faiblesses, de vivre les Béatitudes, nous permet de nous souvenir que « nous sommes entourés, conduits et guidés par les amis de Dieu… » selon les paroles du Pape Benoit XVI dans une homélie de 2005. Il ajoute : « Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité je ne pourrai jamais porter seul. La troupe des saints de Dieu me protège, me soutient et me porte ». C’est cette communion avec les saints que nous exprimons dans le « Je crois en Dieu » lorsque nous disons : « Je crois à la communion des Saints ». Dans nos faiblesses, nos difficultés, nos doutes, il n’est peut-être pas inutile de se le rappeler !

            Dans sa constitution « Lumen Gentium » au § 11, le Concile Vatican II rappelait que « tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père ». Si nous en sommes encore loin, le Pape François nous invite à ne pas nous décourager ou à baisser les bras : « Il ne faut pas se décourager quand on contemple des modèles de sainteté qui semblent inaccessibles. Il y a des témoins qui sont utiles pour nous encourager et pour nous motiver » (« La joie et l’allégresse » §11). Il ne s’agit pas pour nous de copier, de partir tous à Calcutta avec Mère Theresa ou à Molokaï avec le Père Damien, apôtre des lépreux… Il s’agit de trouver notre propre façon de suivre le Christ et de vivre les béatitudes là où le Seigneur nous a plantés, avec les dons qu’il a enfouis dans notre cœur, chacun selon son état de vie. Le Pape François précise : « Ce qui importe est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même… et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui. Nous sommes tous appelés à être des témoins, mais il y a de nombreuses formes de témoignage » (« La joie et l’allégresse » §11)

            Alors, puisse cette fête de Toussaint être notre fête, la fête de tous ceux qui croient que suivre le Christ et vivre l’Evangile dans la vie quotidienne est possible et que ça vaut le coup d’essayer, à condition de croire que le Christ et la multitude de ceux qui ont essayé avant nous sont à nos côtés pour nous y aider. Bonne fête de Tous Saints à vous !

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

Agenda novembre 2018

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Agenda de Père Joel
… qui est à Tubuai, Rapa jusqu’au 14 novembre et est accompagné du Diacre Tonio TAHUHUTERANI.

Agenda de Père Noel Nohotemorea
… qui se rendra à Fangatau du 31 octobre au 06 novembre 2018.

Agenda de Père Léon
… qui se rendra à Hao du 01 au 08 novembre.

Agenda du Père Moana Tevaearai
… qui est à Anaa jusqu’au 08 novembre.

Agenda du Diacre Patrice Terooatea
… qui est à Katiu jusqu’au 10 novembre ; puis à Takume du 15 au 29 novembre.

 Turamara’a » au cimetière des Pères à la Mission
Lundi 05 novembre, à 18h, messe en l’église Maria no te Hau suivie de l’illumination des tombes au cimetière des Pères à la Mission.

Messe dans la « Forme Extraordinaire »
Les prochaines célébrations dans « la forme extraordinaire » auront lieu à 8h en la chapelle militaire Saint-Louis à Arue :
- Dimanche 04 novembre ;
- Dimanche 02 décembre (sous réserve) ;
- Mardi 25 décembre (à 18h30) ;
- Dimanche 06 janvier (Épiphanie).

Radio Maria no te Hau du 05 au 09 novembre 2018

logo-rmnth.pngRadio Maria no te Hau diffusera sur ses ondes les enseignements suivants :
> Lundi 05 novembre : « Disciples de Jésus » par Mgr Hubert Coppenrath ;
> Mardi 06 novembre : « Venez à moi vous tous qui avez soif » par P Zambelli ;
> Mercredi 07 novembre : « L'écoute du Saint Esprit dans l'assemblée » par P.Silouane ;
> Jeudi 08 novembre : « Les croix et les peines » par Yves Semen ;
> Vendredi 09 novembre : « Famille, un trésor à cultiver » par P Daniel Ange.

PRESBYTERIUM

Mgr Cottanceau            Du Lundi 15 au Mercredi 17 à midi, les prêtres exerçant leur ministère dans le diocèse étaient réunis à Tibériade pour la rencontre du Presbyterium. Vingt et un avaient répondu présent. Cette rencontre annuelle est une réunion de travail, à la différence de la retraite des prêtres qui a lieu également chaque année dans la première semaine de Carême. Cette rencontre permet aux participants de se retrouver et de faire grandir l’unité, au-delà des différences. Elle rassemble prêtres diocésains, prêtres religieux et ceux qui travaillent dans le diocèse mais sont « prêtés » par d’autres diocèses. Elle permet d’aborder les dossiers importants pour notre pastorale diocésaine, et donne l’occasion de débats et d’échanges, parfois un peu rudes, mais toujours avec le souci de nous enrichir réciproquement de nos idées et de nos points de vue.

            A l’ordre du jour, un tour d’horizon de nos paroisses, des avancées, des difficultés que chacun peut rencontrer. Ce fut l’occasion de souligner les points positifs : de plus en plus d’équipes missionnaires vont à la rencontre de ceux qui ne fréquentent pas ou plus l’Eglise ; de nombreuses retraites ou « mini-retraites » sont organisées pour les couples, les familles, les membres des groupes de Rosaire. A noter également l’effort consenti par certaines paroisses pour la formation des adultes, formation permanente et formation de ceux qui se préparent à un sacrement (mariage, confirmation, baptême ou entrée en Eglise). De nouveaux groupes de jeunes voient le jour. Les difficultés : parfois un certain essoufflement des équipes engagées depuis un certain temps, défi de la formation des responsables de groupes de jeunes, difficultés liées à la drogue (ice en progression dans certains endroits) et à l’alcool qui menacent la vie et l’avenir des jeunes, difficultés à faire grandir l’unité dans les communautés.

            Le second point abordé concernait la façon dont les prêtres vivent leur ministère par rapport aux laïcs. Comment être serviteur et éviter ce qu’on appelle le « cléricalisme », cet abus de pouvoir qui menace autant les clercs que les laïcs en situation de responsabilité.

            Le troisième sujet concernait les finances des paroisses. Le diocèse a entrepris une réforme visant à unifier les comptabilités des paroisses pour une plus grande clarté et pour permettre un regard plus exact sur la situation financière de toutes les paroisses. Le débat eut lieu en présence de Mr Yves DELARRA, commissaire aux comptes, du RD Gaspar MAHAGA, économe diocésain et de Mr Guy BESNARD pour la partie informatique.

            Autre sujet abordé, la suite des Etats Généraux des Katekita qui eurent lieu fin Juillet 2018. L’échange fit remonter d’abord l’écho très positif de ces Etats Généraux, puis un certain nombre de propositions concernant la formation initiale des Katekita et le suivi dont ils auraient besoin après leur investiture.

            Furent abordés également différents thèmes comme la pastorale des jeunes, la pastorale des Vocations (avec l’intervention de la responsable diocésaine du service des vocations), la situation du Grand Séminaire, l’avenir de nos services de communication (écrit, radio, numérique…), avec le souhait que chaque paroisse ait une personne chargée de l’information. Enfin, fut évoquée la pastorale de préparation au mariage…

            Beaucoup reste à faire, certes, mais nous devons nous réjouir que certains dossiers commencent à bouger. Le chemin est encore long et sera difficile. Mais ne devons-nous pas nous souvenir que le Seigneur nous accompagne et nous donne sa force et sa confiance pour avancer ?

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

JEUNES ET MISSION

Mgr Cottanceau          Ce Dimanche 21 Octobre, l’Eglise nous invite à célébrer la journée mondiale des Missions. A cette occasion, le Pape François a publié une lettre intitulée : « Avec les jeunes, portons l’Evangile à tous ! » L’orientation de cette lettre rejoint l’événement du Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel qui s’achève à Rome dans quelques jours. S’adressant aux jeunes, le Saint Père déclare : « L’occasion du Synode… au mois d’Octobre, mois missionnaire, nous offre l’opportunité de mieux comprendre, à la lumière de la Foi ce que le Seigneur Jésus veut vous dire, à vous les jeunes, et à travers vous, aux communautés chrétiennes ». Il évoque ensuite cette force intérieure de l’amour qui permet une ouverture à l’avenir et pousse l’existence en avant : « Personne autant que les jeunes ne sent combien la vie fait irruption et attire. Vivre avec joie sa propre responsabilité pour le monde est un grand défi. Je connais bien les lumières et les ombres propres au fait d’être jeune… Je me rappelle l’intensité de l’espérance pour un avenir meilleur ». Le Saint Père rappelle aux jeunes que par le Baptême, ils sont membres vivants de l’Eglise et qu’à ce titre, ils ont eux aussi la mission de porter l’Evangile à tous, grâce à cette Foi qui leur est transmise et qui nous relie aux générations de témoins qui nous ont précédés.

            Pour pouvoir se rendre compte de la pertinence de ces paroles du Pape François, il fallait être à l’église Maria No Te Hau ce week-end dernier. Plus de 1 200 jeunes de la plupart de nos paroisses de Tahiti s’étaient donné rendez-vous à l’initiative du Comité Diocésain de la Pastorale des Jeunes.  En effet, ils étaient venus, non pas pour acclamer un chanteur connu qui donne un spectacle, ni pour assister à une compétition sportive décisive pour un championnat, ni pour assister à l’élection de Miss ou Mister Tahiti… Ils étaient là au nom du Christ, pour vivre un temps de rencontre, de prière, d’échange, de réflexion et de dialogue, pour dire à notre Eglise leurs attentes, leurs difficultés, leurs espérances, leurs projets, leurs combats contre la drogue, la violence, l’alcool, et contre tout ce qui pervertit leur façon de vivre leur sexualité. Après avoir échangé en groupes, ils ont dit à leur évêque leur soif d’être participants de la vie de l’Eglise, leur soif d’être entendus, d’être acceptés, mais aussi leur soif d’être formés, guidés, conseillés dans leur vie personnelle, leur soif de comprendre mieux le pourquoi des règles de fonctionnement et des exigences de cette institution qu’ils respectent mais ont souvent du mal à comprendre. Ils ont posé une trentaine de questions. En voici quelques-unes : « Comment l’Eglise peut nous aider dans notre conversion ? Pourquoi les femmes ne peuvent-elles pas être prêtres ? Pourquoi ce serait toujours aux jeunes de s’adapter et non pas les adultes ? Est-ce qu’être membre de l’Eglise, c’est être saint, être prêtre, évêque ? Pourquoi les prêtres ne peuvent-ils pas avoir de femme ? Comment reconnaître un appel ? » Ils ont demandé que leur soient proposées rencontres, retraites, lieux de formation, ils ont appelé leurs prêtres et les adultes de leurs communautés paroissiales à être plus proches d’eux, pour que, se sentant épaulés, soutenus, mieux écoutés et compris, ils puissent être consolidés dans leur foi et leur désir de vivre en Eglise, et deviennent ainsi à même de remplir la mission que Jésus Christ nous a confiée.

            Un proverbe dit : « Si les jeunes n’existaient pas, le monde mourrait de froid ! » Puissent nos communautés être davantage ouvertes et accueillantes pour que tous, jeunes et adultes puissions relever ensemble le défi de la mission. Les jeunes ont besoin de l’expérience des adultes, les adultes ont besoin de l’audace des jeunes !

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

SYNODE SUR LES JEUNES

Mgr CottanceauDepuis le 3 Octobre, ils sont 267 réunis à Rome pour le synode ayant pour thème « les jeunes, la Foi et le discernement vocationnel ». Parmi eux, des évêques représentant toutes les conférences des évêques de tous les pays du monde (La CEPAC, conférence à laquelle appartient notre diocèse de Papeete est représentée par Mgr Paul DONOGHUE, évêque de RAROTONGA). Mais aussi des représentants des Eglises orientales Catholiques, des congrégations religieuses, des experts (psychologues, experts en pastorale des jeunes, sur les questions de morale, théologiens) et 50 jeunes venant de plusieurs pays. Dès son homélie d’ouverture, le Pape François a donné le ton. Il s’agit « d’élargir les horizons, dilater le cœur et transformer ces structures qui, aujourd’hui, nous paralysent, nous séparent et nous éloignent des jeunes, les laissant exposés aux intempéries et orphelins d’une communauté de foi qui les soutienne, d’un horizon de sens et de vie ».

            Evoquant le but de ce synode, le Saint Père précise : « Faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations, ressusciter une aube d’espérance, apprendre l’un de l’autre et créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces aux mains et inspire aux jeunes – à tous les jeunes, personne n’est exclu – la vision d’un avenir rempli de la joie de l’Evangile ».

            Le Pape François a remercié les jeunes et tous ceux qui, à travers le monde entier, ont préparé ce synode. Merci, leur dit-il, « pour avoir voulu parier que cela vaut la peine de se sentir membres de l’Eglise ou d’entrer en dialogue avec elle… que cela vaut la peine de s’agripper à la barque de l’Eglise qui, même à travers les tempêtes impitoyables du monde, continue à offrir à tous refuge et hospitalité ».

 

Sous la houlette du CDPJ (Comité Diocésain pour la Pastorale des Jeunes), les jeunes de notre diocèse ont apporté eux aussi leur part à cette préparation en répondant au questionnaire préparatoire qui leur avait été envoyé. Voici quelques-unes de leurs réflexions :

“Nous vivons dans un monde où il est difficile d’ETRE (tout simplement). La vie fait que la jeunesse peut se retrouver très loin de l’Eglise… Après la confirmation plus de la moitié des jeunes se mettent en concubinage, en couple ou sortent définitivement de la vie de la paroisse, car ils ne retrouvent plus leur place. Les raisons sont multiples. Ils ont été blessés, outragés par les comportements de certains adultes, parce qu’ils sont différents. Le jeune peut se sentir rejeté, dévalorisé, mal-aimé, critiqué parce qu’il ne correspond pas à l’image conventionnelle que nous nous faisons d’un jeune chrétien. Il ne faut pas oublier dans quel monde il vit, comment il vit et surtout ce qu’il fait pour réussir à vivre. Un des défis le plus important est de s’éloigner des fléaux de la vie tels que l’alcool et la drogue.

Le jeune se sent attiré par d’autres jeunes. Les regroupements du Comité Diocésain de la Pastorale des Jeunes voit un vif succès aux travers des activités proposées durant toute l’année. Le jeune est dynamique, actif, énergique et demandeur. Il est attiré par les groupes et les personnes qui le mettent en valeur. Le jeune veut être écouté, aimé et valorisé. Ce qui permet aux associations et institutions d’avoir du succès, c’est la prise en considération des besoins de la jeunesse…”. 

Il serait dommage que ce qui se passe à Rome pendant ce synode nous laisse indifférents, il serait dommage que l’appel des jeunes reste sans réponse. Puisse l’Esprit Saint nous donner de saisir cette occasion d’une remise en cause de nos attitudes, jeunes et adultes, pour que notre Eglise et nos communautés soient advantage un lieu de rencontre, d’accueil et de partage, un lieu de miséricorde et d’espérance pour tous.

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

FAMILLE ET MISSION

Mgr Cottanceau            Ce Dimanche aura lieu à Paea la fête des familles organisée par l’Association Familiale Catholique (AFC) de Polynésie Française. L’occasion est toute indiquée pour évoquer ici les propos tenus par S.Em. le Cardinal Kevin FARREL, préfet du Dicastère (Ministère) pour les Laïcs, la Famille et la Vie lors de son intervention devant les 75 évêques présents au séminaire de formation pour les nouveaux évêques à Rome. Celui-ci nous rappelle l’importance de la participation à plein titre des familles à l’activité missionnaire de l’Eglise. Evoquant ce qu’il appelle « les priorités de l’apostolat des familles », il les présente ainsi : « a/ Le témoignage rendu au travers de l’exemple de sa propre vie, à l’indissolubilité et à la sainteté du lien matrimonial – b/ L’affirmation du droit et du devoir appartenant par nature aux parents à éduquer chrétiennement leurs enfants – c/ Défendre la dignité et la légitime autonomie de la famille… Que les familles collaborent avec les hommes de bonne volonté pour que ces droits soient parfaitement sauvegardés par la législation civile » Puis le cardinal FARREL énumère la liste de ce qu’il appelle « les sept œuvres de miséricorde de la famille », telles qu’elles sont énumérées dans le décret sur l’Apostolat des laïcs du Concile Vatican II au § 11, à savoir : « 1/ Adopter les enfants abandonnés – 2/ Accueillir aimablement les étrangers – 3/ Aider à la bonne marche des écoles, conseiller et aider les adolescents – 4/ Aider les fiancés à mieux se préparer au mariage – 5/ Donner son concours au catéchisme – 6/ Soutenir époux et familles dans leurs difficultés matérielles ou morales – 7/ Procurer aux vieillards non seulement l’indispensable mais les justes fruits du progrès économique ».

            La famille chrétienne, poursuit-il, est fondée sur le sacrement du mariage, et à ce titre elle est image et participation à l’alliance d’amour qui unit le Christ et l’Eglise : « L’union entre les époux, le dialogue entre les parents et les enfants, le respect pour les personnes âgées, l’attention envers les malades et les handicapés sont fruits de cette charité divine que l’Esprit Saint met dans le cœur des croyants et qui devient un signe de la présence spéciale de Dieu au sein des familles chrétiennes ». Ainsi, les familles doivent donc être considérées par les pasteurs de l’Eglise non pas comme « objet » de la pastorale, mais comme « sujet » de la pastorale : « la mission des familles est basée sur la communion et sur le témoignage rendu à la vie. La famille est missionnaire en tant que famille et non pas par chacun de ses membres pris séparément. La famille… doit témoigner au monde de ce qu’elle est et ce qu’elle vit en son sein : l’accueil de la vie sous toutes ses formes et la communion de personnes ainsi que l’unité rendue possible par le Saint Esprit »

            Puissent chacune de nos familles accueillir ces orientations… Elles pourront nourrir notre réflexion et nous aider à fonder notre façon de vivre cette mission que l’Eglise confie à la famille.

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

 L’Eglise et la Chine

Pere vetea docteur en droit 1La semaine passée, un accord historique a été conclu entre le Saint-Siège et la Chine. L’entente est « provisoire », mais cela ouvre bien une nouvelle ère des relations de l’Eglise avec l’État chinois. Le processus est encore long pour que ces relations se normalisent pleinement mais le fait est suffisamment important pour que nous y accordions notre attention.

Pour rappel, en Chine, la communauté catholique s’élève à 12 millions de fidèles environ. Mais deux Églises coexistent. L’une est « officielle » dans la mesure où elle bénéficie d’une reconnaissance par les autorités publiques. La contrepartie est que les évêques y sont nommés par ces mêmes autorités. L’Eglise n’a jamais admis une telle ingérence car cela portait gravement atteinte à sa propre liberté religieuse.

L’autre Eglise, « clandestine », compte des évêques nommés par l’Eglise, ce qu’à leur tour les pouvoirs chinois ont considéré comme une « ingérence étrangère » dans leurs « affaires internes ». Si bien qu’une répression sévère a été menée à l’encontre des communautés jusqu’à l’emprisonnement d’évêques, de prêtres, de religieux.  En 2000, Jean-Paul II a d’ailleurs procédé à la canonisation de 120 martyrs chinois, au grand dam des autorités chinoises.

Le Saint-Siège souhaite mettre fin au schisme en réunifiant les deux Églises. En 2007, Benoît XVI adressait déjà aux catholiques chinois un appel à la réconciliation. Toutefois, rien n’est tout à fait gagné avec un pouvoir chinois connu pour ses tergiversations en fonction des opportunités du moment. Il se dit que l’accord permet à la Chine de sortir de son duel avec l’Amérique de Donald Trump en s’adossant à un pape François connu pour ses positions anti-Trump.

Il est assez piquant de constater que les conflits entre les deux grandes puissances, dont les positions ne sont pas toujours favorables à l’Eglise, servent finalement les intérêts de l’Eglise et des communautés. Comme quoi, les puissances de ce monde, aussi rusées soient-elles, peuvent tomber dans leur propre piège. Comme Jésus l’a si bien dit, tout royaume divisé est voué à la disparition. Dès lors restons unis !

B.V

ILS SE TAISAIENT

Pere vetea docteur en droit 1L’évangile de ce dimanche rapporte la leçon d’humilité que Jésus donne à ses apôtres tandis qu’« ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand » (Mc 9,30-37). À la question que Jésus pose : « De quoi discutiez-vous en chemin ? », le texte rapporte que les disciples « se taisaient », devinant sans aucun doute que le sujet de leur discussion ne pouvait plaire à leur Maître.

De fait, Jésus prend la chose très au sérieux. S’étant assis (geste traditionnel qui annonce une parole solennelle), Jésus appelle les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

Cet évangile résonne dans nos communautés à un moment où le pape François pointe du doigt le cléricalisme dans l’Eglise comme source d’abus d’autorité et de pouvoir. Dans sa Lettre au Peuple de Dieu du 20 août dernier, le pontife a invité les fidèles à trouver des moyens efficaces pour guérir ce mal.

Selon ses mots, le cléricalisme est une attitude qui « annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l’Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple ». En 2016, dans une lettre précédente, François précisait déjà que l’un des grands méfaits du cléricalisme est d’oublier que « la visibilité et la sacramentalité de l’Eglise appartiennent à tout le peuple de Dieu et pas seulement à quelques élus et personnes éclairées ».

En écho, l’édition du journal La Croix du 30 août propose des pistes de réflexion pour aider à corriger le cléricalisme. Parmi celles-ci, il y a le fait de mettre les ministres ordonnés et les laïcs à leur juste place et de rappeler l’égalité de tous devant le baptême.

Tel est bien déjà ce que Jésus inspire fortement dans l’évangile de ce dimanche. Le fait d’appartenir au groupe des disciples et, plus encore, à celui des Douze ne signifie pas l’entrée dans une élite privilégiée en raison d’une science particulière ou de pouvoirs supérieurs.

En réalité, le cléricalisme n’est pas une tentation propre aux clercs. Il s’agit d’une tentation humaine dans la mesure où tout individu est tenté d’abuser de son pouvoir, qu’il soit d’ordre politique, professionnel ou autre, pour enfermer la liberté de l’autre. Et tout individu porte ce désir non avoué d’appartenir à une classe d’élus. Il y a parfois bien lieu de se taire et de reconnaître souvent notre incapacité à servir notre prochain tandis que nous nous servons de lui.

B.V.

AFC Loi Schiappa .....

logo-afc.jpgLoi Schiappa, protection des mineurs et consentement :

Le Parlement a approuvé le 1er août 2018 le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles.

« La loi Schiappa ne protégera pas mieux les enfants »… Voilà comment résumer la tribune co-signée par 55 associations et professionnels de la protection de l’enfance qui dénoncent le statut quo que cette loi maintient.

Le seuil de non-consentement à 15 ans n’est en réalité qu’un âge sous lequel la contrainte ou la surprise est caractérisée par l’abus de vulnérabilité d’un mineur incapable de discernement. Et pour un mineur de 15 ans ou plus, il n’y a pas lieu d’apprécier l’absence ou l’existence du discernement, ce qui peut semer la confusion entre viol et atteinte sexuelle. Malheureusement, la présomption d’absence de consentement n’existe pas dans ce texte.

Ainsi, faire croire que cette loi pose un seuil de non-consentement pour mineurs de 15 ans relève de la malhonnêteté intellectuelle

Éducation à la sexualité dans les écoles par la ministre Schiappa

La ministre a envoyé une circulaire à la rentrée pour mettre en application une loi (article L312-16 du Code de l’Éducation de 2001) demandant qu’une information et une éducation à la sexualité  soient dispensées dans les écoles, collèges et les lycées à raison de trois séances annuelles et par groupes d’âge homogènes, par des associations qui ont des agréments. (circulaire 2003, consultable sur demande)

En primaire, l’éducation à la sexualité repose principalement sur l’enseignant et le conseil d’école.

La circulaire soulève donc trois questions : La liberté pédagogique des enseignants et ses dérives qui ont été constatés, notamment en primaire - la nature de ces « associations qui ont des agréments » - que faire du choix et de l’autorité des parents ?

C’est donc aussi aux associations de parents d’élève d’être vigilants pour connaître ce qui se fait dans la classe de leurs enfants et de réagir s’il le faut.

Est-ce que la Polynésie est concernée ?

Dans le cadre de la compétence générale de la Polynésie, en matière d’enseignement (loi statutaire et charte de l’éducation) le gouvernement polynésien et nos élus de l’Assemblée peuvent adapter au contexte local les programmes de l’éducation nationale.

Avortement et clause de conscience des médecins

« Nous ne sommes pas là pour retirer des vies », le propos de Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens revendiquant son droit de ne pas pratiquer d’avortements, dans l’émission « Quotidien » sur TMC du 11 septembre.

Au journaliste qui lui fait remarquer que « ce n’est pas un homicide de faire une IVG », le gynécologue répond : « Si, Madame. » « Toutes les femmes ne considèrent pas qu’avoir un embryon dans le ventre, c’est une vie » « Moi, en tant que médecin, je ne suis pas forcé d’avoir votre opinion. Et, si je ne l’ai pas, la loi me protège, et ma conscience aussi. »

Ces propos, tenus en défense de la clause de conscience prévue par la loi Veil, ont déclenché aussitôt une forte levée de boucliers : d’Agnès Buzyn, ministre de la santé, et de Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes., publiant un communiqué commun  affirmant que « Rien ni personne ne doit entraver  le droit à l’IVG ».

« JE N’AI PAS CACHE MA FACE DEVANT LES OUTRAGES »

Pere vetea docteur en droit 1Cette semaine voit la sortie dans les salles de cinéma d’un film documentaire sur le pape François. Le film est le produit du grand réalisateur allemand Wim Wenders. Admirateur du pontife, Wim Wenders a voulu rendre hommage « au courage d’un homme qui a la certitude d’avoir quelque chose d’important et d’urgent à dire » (La Croix, 12 sept. 2018).

De fait, au regard des tristes affaires qui défigurent l’Eglise, il apparaît urgent que le pape adresse une parole au monde catholique et surtout au-delà, et une parole qui ne passe pas par le filtre traditionnel des intermédiaires cléricaux. L’enjeu est de taille : redonner confiance en l’Eglise dont la crédibilité est clairement en souffrance.

Mais les sujets proprement ecclésiaux ne sont pas les seuls à accaparer. Dans un langage simple, les grandes inquiétudes de notre temps – écologie, immigration, pauvreté extrême, matérialisme, intolérance – sont abordées. Ces problématiques sont universelles. Les propos du pape s’adressent à tous, croyants ou non, de toute religion et de toute culture.

Pour souligner ce lien direct, le réalisateur a opté pour un tournage en gros plan face à la caméra, un procédé visuel donnant en plus l’impression que le pape regarde le spectateur dans les yeux et s’adresse à lui personnellement. Sera-ce suffisant ? Sur l’écran, les attitudes du pontife, tantôt joyeux tantôt sévère, sans artifice, montrent au moins la sincérité d’un homme profondément décidé à corriger et réformer.

La première lecture de ce dimanche reproduit la grande plainte du prophète Isaïe persécuté par des ennemis : « Le Seigneur m’a ouvert l’oreille et moi je ne me suis pas révolté. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient (…). Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats » (Isaïe 50, 5-9a). Que ce visage-là, d’un homme de Dieu face caméra, souvent déformé par les blessures, nous remémore à tous la réalité de notre appartenance au Christ. Et quand il rayonne de confiance et de foi, qu’il redonne force pour croire et témoigner.

B.V.