ELECTIONS

  • Par
  • Le 04/03/2020

Mgr CottanceauAlors que s’approchent les échéances électorales, les débats, les prises de position, les programmes politiques, économiques et sociaux des différents partis en lice nous invitent à prendre position sur l’avenir que nous voulons pour notre fenua. Nous devons nous réjouir que tant d’hommes et de femmes se sentent concernés par cet avenir au point de s’engager dans la vie politique. Ils acceptent de partager leurs compétences et de prendre de leur temps et de leur énergie pour trouver des pistes, des orientations permettant à notre société de progresser.

Mais dans le même temps se manifeste parallèlement une méfiance grandissante envers le monde politique, un discrédit qui touche les acteurs de la politique. Ce désintérêt pourrait trouver une explication dans le manque de confiance de nombre de citoyens envers ceux qui sont chargés de veiller au bien commun et à l’intérêt général. Pourraient être invoqués comme raisons de ce désintérêt et de ce discrédit les manœuvres et calculs purement électoraux qui font fi des besoins des citoyens, les ambitions personnelles, les paroles et promesses non tenues, les responsables coupés des réalités de la vie des gens, ou qui ne font pas ce qu’ils ont promis, l’absence de vision à long terme, la démagogie… Dieu merci, ces raisons ne doivent pas occulter le sérieux et la bonne volonté de tous ceux qui vivent leur engagement au service de la politique comme une recherche du bien commun, de l’intérêt général, un vrai service de leur pays et de leurs concitoyens. Ils méritent notre respect, même si nous ne partageons pas leurs idées !

Dernière réflexion empruntée au texte « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique » émanant du Conseil permanent de la conférence des évêques de France publié en 2016 : une vision de l’avenir qui ne se baserait que sur l’économique, la rentabilité, sur les chiffres de production en ignorant les valeurs capables de donner à chacun sens et raisons de vivre comme la solidarité qui permet aux « laissés pour compte », aux marginaux, de retrouver leur dignité, une telle vision ne pourrait qu’aggraver le malaise qui sournoisement gangrène la société : « … Quelle société voulons-nous construire ? A quel projet de société pouvons-nous aspirer ? Nous croyons en une société où l’être humain est plus qu’un élément du processus économique ou technologique. La dignité de notre société se reconnait au respect des plus faibles de ses membres depuis le début de leur vie jusqu’à leur fin naturelle Un idéal de consommation, de gain, de productivité… ne peut satisfaire les aspirations les plus profondes de l’être humain qui sont de se réaliser comme personne au sein d’une communauté solidaire… »

C’est bien pour cela qu’en tant que croyants, disciples de Jésus Christ, nous ne pouvons rester « hors course » de la vie politique. Nous avons à prendre notre place, nous avons notre mot à dire pour que dans tout projet de société, l’Homme ne perde jamais de vue qu’il est appelé à grandir à l’image et ressemblance de Dieu dans un monde plus juste et plus fraternel, selon l’invitation qui nous a été faite par le Christ dans son Evangile.

                                                                                              + Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU