FOI ET ECOLOGIE

Mgr CottanceauLa prise de conscience de l’importance de la sauvegarde et de la protection de la nature et de l’environnement, l’ouverture à la nécessité de nouveaux comportements « écologiques » dans la vie quotidienne témoignant d’un respect plus grand pour la création dans laquelle nous vivons pourraient sembler des préoccupations encore éloignées pour beaucoup, ou réservées à un petit nombre de responsables « acquis à la cause ». Cependant, même si, comme dit le proverbe, « une hirondelle ne fait pas le printemps », l’actualité montre que l’idée fait son chemin. Réactions au projet de carrière dans la vallée de la Papenoo, journée de l’environnement au collège et CED de Rikitea devant permettre aux élèves de prendre conscience de la fragilité de la nature qui les entoure et du respect dû à cette nature, opérations de nettoyage des rivages de la mer par des volontaires… L’Eglise n’est pas en reste comme le montre cette initiative de la Conférence des évêques de France et de la Fédération protestante de France. Elles ont lancé, samedi 16 septembre à Paris, un label « Église verte » visant « la conversion écologique » des paroisses dans un esprit œcuménique. Répondant à cette invitation, la paroisse St Gabriel dans le XX° arrondissement a vu se créer un groupe de laïcs qui, sous l’impulsion de leur curé, ont créé un jardin potager autour de l’église. Des bacs pour recycler les déchets organiques ont également été installés ainsi qu’un bac de récupération pour les plastics. Des infos régulières sont données sur les moyens d’éviter le gaspillage dans la vie courante. Des sorties en fermes biologiques sont parfois organisées pour les enfants de la catéchèse de la paroisse, et dans les homélies, les prières universelles, les chants, une attention particulière est portée aux textes bibliques évoquant la création, la nature et son peuplement. Dans la paroisse Notre-Dame-de-la-Croix à Ménilmontant, des ruches ont été installées à flanc d’église.A Lyon, au Grand Temple de l’Église protestante unie, une « cellule verte » a été mise en place il y a un an. Au programme des actions concrètes : prédications sur la création, parcours botanique et vaisselle lavable sont de rigueur.

Aux fidèles qui auraient du mal à comprendre ce lien entre Foi et respect de la nature, le Pape François, dans sa lettre encyclique « Laudato si » (« Loué sois-tu ») explique longuement les racines d’un tel lien. Il écrit au n° 66 : « Les récits de la création dans le livre de la Genèse… suggèrent que l’existence humaine repose sur trois relations fondamentales intimement liées : la relation avec Dieu, avec le prochain, et avec la terre. Selon la Bible, les trois relations vitales ont été rompues, non seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de nous. Cette rupture est le péché. L’harmonie entre le Créateur, l’humanité et l’ensemble de la création a été détruite par le fait d’avoir prétendu prendre la place de Dieu, en refusant de nousreconnaître comme des créatures limitées... » Evoquant la responsabilité de chacun vis-à-vis de cette terre où nous vivons, il écrit au n° 68 : « Cette responsabilité vis-à-vis d’une terre qui est à Dieu implique que l’être humain, doué d’intelligence, respecte les lois de la nature et les délicats équilibres entre les êtres de ce monde, parce que « lui commanda, eux furent créés, il les posa pour toujours et à jamais sous une loi qui jamais ne passera » (Ps 148, 5b-6). C’est pourquoi la législation biblique s’attarde à proposer à l’être humain diverses normes, non seulement en relation avec ses semblables, mais aussi en relation avec les autres êtres vivants : « Si tu vois tomber en chemin l’âne ou le bœuf de ton frère, tu ne te déroberas pas (…) Si tu rencontres en chemin un nid avec des oisillons ou des œufs, sur un arbre ou par terre, et que la mère soit posée sur les oisillons ou les œufs, tu ne prendras pas la mère sur les petits » (Dt 22, 4.6) »

Il nous revient, en tant que Chrétiens, mais surtout en tant qu’humains habitant cette terre de nous réveiller pour nous mettre en route sans tarder. Ne nous faisons pas d’illusion, ce choix n’est pas à option !

+ Monseigneur Jean-Pierre COTTANCEAU