JEUNES ET MISSION

Mgr Cottanceau          Ce Dimanche 21 Octobre, l’Eglise nous invite à célébrer la journée mondiale des Missions. A cette occasion, le Pape François a publié une lettre intitulée : « Avec les jeunes, portons l’Evangile à tous ! » L’orientation de cette lettre rejoint l’événement du Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel qui s’achève à Rome dans quelques jours. S’adressant aux jeunes, le Saint Père déclare : « L’occasion du Synode… au mois d’Octobre, mois missionnaire, nous offre l’opportunité de mieux comprendre, à la lumière de la Foi ce que le Seigneur Jésus veut vous dire, à vous les jeunes, et à travers vous, aux communautés chrétiennes ». Il évoque ensuite cette force intérieure de l’amour qui permet une ouverture à l’avenir et pousse l’existence en avant : « Personne autant que les jeunes ne sent combien la vie fait irruption et attire. Vivre avec joie sa propre responsabilité pour le monde est un grand défi. Je connais bien les lumières et les ombres propres au fait d’être jeune… Je me rappelle l’intensité de l’espérance pour un avenir meilleur ». Le Saint Père rappelle aux jeunes que par le Baptême, ils sont membres vivants de l’Eglise et qu’à ce titre, ils ont eux aussi la mission de porter l’Evangile à tous, grâce à cette Foi qui leur est transmise et qui nous relie aux générations de témoins qui nous ont précédés.

            Pour pouvoir se rendre compte de la pertinence de ces paroles du Pape François, il fallait être à l’église Maria No Te Hau ce week-end dernier. Plus de 1 200 jeunes de la plupart de nos paroisses de Tahiti s’étaient donné rendez-vous à l’initiative du Comité Diocésain de la Pastorale des Jeunes.  En effet, ils étaient venus, non pas pour acclamer un chanteur connu qui donne un spectacle, ni pour assister à une compétition sportive décisive pour un championnat, ni pour assister à l’élection de Miss ou Mister Tahiti… Ils étaient là au nom du Christ, pour vivre un temps de rencontre, de prière, d’échange, de réflexion et de dialogue, pour dire à notre Eglise leurs attentes, leurs difficultés, leurs espérances, leurs projets, leurs combats contre la drogue, la violence, l’alcool, et contre tout ce qui pervertit leur façon de vivre leur sexualité. Après avoir échangé en groupes, ils ont dit à leur évêque leur soif d’être participants de la vie de l’Eglise, leur soif d’être entendus, d’être acceptés, mais aussi leur soif d’être formés, guidés, conseillés dans leur vie personnelle, leur soif de comprendre mieux le pourquoi des règles de fonctionnement et des exigences de cette institution qu’ils respectent mais ont souvent du mal à comprendre. Ils ont posé une trentaine de questions. En voici quelques-unes : « Comment l’Eglise peut nous aider dans notre conversion ? Pourquoi les femmes ne peuvent-elles pas être prêtres ? Pourquoi ce serait toujours aux jeunes de s’adapter et non pas les adultes ? Est-ce qu’être membre de l’Eglise, c’est être saint, être prêtre, évêque ? Pourquoi les prêtres ne peuvent-ils pas avoir de femme ? Comment reconnaître un appel ? » Ils ont demandé que leur soient proposées rencontres, retraites, lieux de formation, ils ont appelé leurs prêtres et les adultes de leurs communautés paroissiales à être plus proches d’eux, pour que, se sentant épaulés, soutenus, mieux écoutés et compris, ils puissent être consolidés dans leur foi et leur désir de vivre en Eglise, et deviennent ainsi à même de remplir la mission que Jésus Christ nous a confiée.

            Un proverbe dit : « Si les jeunes n’existaient pas, le monde mourrait de froid ! » Puissent nos communautés être davantage ouvertes et accueillantes pour que tous, jeunes et adultes puissions relever ensemble le défi de la mission. Les jeunes ont besoin de l’expérience des adultes, les adultes ont besoin de l’audace des jeunes !

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU