SOYEZ DANS LA JOIE ET L’ALLEGRESSE

Mgr Cottanceau            En Avril 2018 était publiée l’exhortation apostolique « La joie et l’allégresse » du Pape François. Ceux et celles qui liront ce document y trouveront un appel à la sainteté que nous adresse le Christ, nous invitant par ce biais à ne pas nous contenter d’une vie chrétienne médiocre, sans relief, banale et sans consistance. Mais dès le n°2 du texte, le Saint Père nous rassure : « Il ne faut pas s’attendre, ici, à un traité sur la sainteté, avec de nombreuses définitions… ou avec des analyses…concernant les moyens de sanctification ». Quel est alors le propos du Pape François dans ce document ? « Mon humble objectif, c’est de faire résonner une fois de plus l’appel à la sainteté, en essayant de l’insérer dans le contexte actuel, avec ses risques, ses défis et ses opportunités ».

            Dans le premier chapitre, le Pape lance un appel à la sainteté pour tous, car tous sommes appelés à la sainteté. Mais comprenons bien cet appel. Il ne s’agit pas d’imiter les saints mais d’inventer notre propre chemin. En effet, à côté des saints reconnus par l’Eglise existent de nombreux saints et saintes ayant cherché à vivre l’Evangile dans la discrétion et l’humilité…et qui ne figurent pas dans les calendriers, cette multitude que nous honorons à la fête de la Toussaint. « Nous sommes tous appelés à être des témoins, mais il y a de nombreuses formes…de témoignage » (n°11)

Le chapitre 2, peut-être le moins facile, fait état de deux ennemis de la sainteté : croire que la connaissance appuyée sur la raison et le sentiment suffisent à rendre compte du mystère de la foi. Par cette attitude, le risque est de limiter les données de la foi à ce que nous en comprenons. On ne fait confiance qu’à sa propre façon de comprendre, on considère que sa propre vision de la réalité est la perfection. On utilise la religion à son propre bénéfice, au service de nos raisonnements. On devient alors incapable de s’ouvrir au questionnement et à la remise en cause… Le deuxième ennemi se cache dans cette idée que seule compte la volonté humaine, comme si elle était quelque chose de pur, de parfait, de tout puissant ! C’est ignorer que tous ne peuvent pas tout. C’est refuser de reconnaître nos limites et nos faiblesses, ce qui a pour conséquence d’empêcher la grâce de Dieu d’agir en nous… C’est oublier que seule la grâce de Dieu nous sauve, et non pas nos actions, comme le pensaient les Pharisiens !

Dans le chapitre 3, le Pape rappelle que la sainteté passe par la charité dans l’esprit des béatitudes dont il fait un commentaire limpide (n° 67 à 94). Le critère de cette sainteté se trouve dans le texte de Matthieu 25 : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif … »

Le 4° chapitre est l’occasion pour le Saint Père de nous redire la joie de l’Esprit Saint qui devrait habiter le cœur de chaque croyant.

Le chapitre 5 aborde la question du combat contre les forces du mal qu’il faut mener dans la vigilance et le discernement, avec une invitation concrète à l’examen de conscience quotidien.

Faisons notre la conclusion de ce document telle que le Saint Père la formule au dernier numéro (n°177) : « Demandons à l’Esprit Saint d’infuser en nous un intense désir d’être saint pour la plus grande gloire de Dieu et aidons-nous les uns les autres dans cet effort. Ainsi, nous partagerons un bonheur que le monde ne pourra nous enlever ! »

+ Monseigneur Jean-Pierre COTTANCEAU