TEMPS DE L’AVENT

Mgr Cottanceau           Nous voici depuis Dimanche dernier dans ce temps de préparation à la fête de Noël, ce temps appelé « temps de l’Avent ». Attention : nous ne parlons pas de l’avant, avec un A, et qui renvoie à ce qui précède, mais de l’Avent avec un E. Ce mot est lié au mot « avènement » qui signifie venue, arrivée, commencement, établissement de quelque chose d’important. On parle ainsi de l’avènement d’un nouveau roi lorsqu’il monte sur son trône. Comment accueillir et vivre pleinement ce temps qui prépare à l’avènement de Jésus ?

« Venez, divin Messie… », nous arrive-t-il de chanter. Le temps de l’Avent nous invite à un prodigieux regard sur l’histoire du salut. Nous voici sur un sommet d’où nous pouvons contempler le passé, le présent et le futur :

  • La contemplation du passé où s’enracine et prend naissance l’histoire d’une promesse de salut faite à nos Pères dans la Foi, Abraham, Moïse, David.
  • Le regard vers le futur où ce salut parviendra à son achèvement lors du retour en gloire de notre Seigneur Jésus Christ à la fin des temps.
  • La description du présent, de notre attente, de notre fidélité dans la Foi, de notre conversion pour nous préparer à ce retour du Christ.

C’est donc le moment de nous redire : « le Seigneur vient ! » …Non pas parce que nous le méritons, non parce que tout à coup, notre comportement serait devenu positif, justifiant ainsi ce salut, mais parce que le Seigneur est déjà venu parmi les Hommes, parce qu’il l’a promis et parce que la détresse présente de l’Homme ne peut laisser Dieu indifférent.

            L’Avent est donc le moment de nous mettre en attente. Non une attente passive, les bras croisés, une attente subie où il suffit de garder les yeux ouverts, mais une attente dynamique, qui fait agir, comme Marie qui se met en route vers la demeure de sa cousine Elizabeth, une attente qui mobilise le cœur et toutes les énergies vers ce qu’on attend. Le temps de l’Avent nous situe donc au moment où l’on peut proclamer : « Il est venu, il vient, il reviendra ! ».

Il importe pour cela de purifier notre mémoire, de nous souvenir que le centre de notre préparation à Noël n’est pas le sapin, mais la crèche qui nous rappelle la naissance de Jésus, sa venue dans l’histoire des Humains, un jour du temps. Le risque n’est jamais loin de centrer ce temps de préparation sur les « mondanités », les cadeaux, les repas de fête, et d’oublier l’essentiel : préparer son cœur pour en faire le lieu où nous accueillerons le nouveau-né de Bethleem, le moment venu, en ayant soin de partager notre bonheur à ceux qui souffrent de solitude, de détresse, de maladie. Il ne s’agit pas de condamner ces aspects de la fête, mais de savoir bien choisir nos priorités pour que l’accessoire ne vienne pas prendre la place de l’essentiel.

            L’Avent est aussi le moment pour purifier notre attente, notre espérance. Le Seigneur a promis qu’il reviendra au terme de notre histoire, il reviendra dans sa gloire pour nous prendre avec lui, lorsqu’il aura détruit la mort. Nous le verrons alors non pas petit enfant dans une mangeoire, mais face à face pour une éternelle rencontre que nous sommes déjà invités à préparer. Comment ?

            En le reconnaissant déjà présent au milieu de nous : par sa Parole, par sa présence dans l’Eucharistie, par sa présence dans la communauté, par sa présence dans les petits, les pauvres, les laissés pour compte. Il vient, oui, à notre rencontre à travers les événements heureux et moins heureux de notre propre vie. Le temps de l’Avent nous invite ainsi à rester éveillés pour reconnaître sa présence déjà aujourd’hui parmi nous… ce que nous dit ce chant d’Odette VERCRUYSSE :

C'est Noël chaque fois qu'on essuie une larme dans les yeux d'un enfant
C'est Noël chaque fois qu'on dépose les armes chaque fois qu'on s'entend
C'est Noël chaque fois qu'on force la misère à reculer plus loin
C'est Noël sur la terre chaque jour. Car Noël, ô mon frère, c'est l'Amour

+ Mgr Jean Pierre COTTANCEAU