Pko 09.07.2017

Eglise cath papeete 1Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°39/2017

Dimanche 9 juillet 2017 – Solennité de Notre Dame de Paix – Année A

Humeurs…

Notre-Dame de la Paix, priez pour nous !

Nous célébrons ce dimanche la solennité de Notre-Dame de la Paix, patronne de notre archidiocèse. Dès le départ de la mission sa présence se manifeste comme le rappelait, en août 1834, à l’arrivée aux Gambier, le R.P. François d’Assise Caret dans un courrier au R.P. Coudrin : « Après deux mois passés à Valparaiso, dans l'incertitude sur le parti que nous devions prendre relativement à notre mission, après avoir pris tous les renseignements possibles sur les différents Archipels de l'Océanie, la providence, qui conduit à ses fins avec douceur et avec force, nous ouvrit enfin les voies, le 9 juillet, jour de la fête de Notre-Dame de Paix. Ce jour-là même, le marché fut conclu par notre catéchiste Colomban Murphy avec M. Swettin Capitaine de la goélette la Péruvienne. Il s'engagea à nous transporter aux isles Gambiers pour un prix très modéré ».

Ce signe fut à l’origine de la décision des premiers missionnaires de consacrer la Mission de l’Océanie orientale à Notre-Dame de la Paix : « Nous voici aux Isles Gambiers. Suivant la résolution que nous avions prise à Valparaiso de concert avec notre Préfet apostolique, nous avons consacré cette mission à Notre Dame de Paix ; et nous sommes bien convaincus que nos amis de Picpus lui rappelleront souvent, aux pieds de son image, les besoins des missionnaires et des peuples qu'ils vont évangéliser. f. Honoré Laval ».

En cette solennité, confions-nous à cette Mère qui a su guider les pas des premiers missionnaires à travers toute la Polynésie, qui a veillé sur eux et a préparé les cœurs. Qu‘elle soit pour notre Église et pour notre Fenua, en ces temps de mutation profonde de la société, une Mère attentive et bienveillante… source de paix. Qu’elle nous apprenne à construire ensemble la société de demain… Que nous osions la fraternité malgré nos divisions, malgré le poids de l’histoire…

Notre Dame de Paix, priez pour nous !

C’est la rentrée

En marge de l’actualité du jeudi 6 juillet 2017

Les écoles de la foi du mois de juillet ont débuté cette semaine. Comme chaque année, des jeunes et des adultes choisissent de passer un mois dédié normalement aux vacances et aux loisirs à se former aux vérités de la foi et à l’enseignement de l’Église.

Antioche (pour une initiation à la vie chrétienne et en Église), Emmaüs et le Ha’api’ira’a Katekita (pour la formation à des ministères investis), Nazareth (pour la formation des catéchistes) et l’école de la catéchèse en langue tahitienne, les classes de Reo Maohi (pour la maîtrise de la langue), le Ha’api’ira’a Nota (pour la conduite du chant), Sykar (pour les jeunes) : nos écoles sont une vraie bénédiction pour notre diocèse !

En scrutant l’évangile de ce dimanche (Mt 11,25-30), les paroles de Jésus offrent une belle indication quant à l’esprit qui devrait régner dans nos écoles et dans le cœur des participants : accueillir la révélation donnée par Jésus Christ et connaître le Père, venir à Jésus Christ et porter son joug fait de douceur et d’humilité et, de cette manière, obtenir le repos de l’âme.

Cela dit aussi le caractère spécifique de nos lieux de formation. La rencontre avec le Christ, la volonté de servir, l’acquisition des aptitudes requises pour pouvoir exercer un ministère, nous avons là les traits essentiels nécessaires à l’accomplissement de la mission donnée par le Seigneur.

Le succès de la formation dépend donc à la fois de la capacité des formateurs à susciter le goût de faire ce chemin et des participants eux-mêmes à y entrer. Si bien que le mois de formation peut être envisagé avant tout comme un temps de ressourcement sinon une grande retraite spirituelle au cours de laquelle devrait s’opérer une conversion du cœur.

De ce point de vue, chaque école devient une école de spiritualité. La plupart porte d’ailleurs des noms qui renvoient à un style de cheminement spécifique : Antioche et l’évangélisation des régions païennes, Emmaüs et l’ouverture des cœurs aux Écritures, Nazareth et la croissance en humanité et en foi, Sykar et la rencontre avec Jésus qui enclenche la reconnaissance du Messie Sauveur du monde.

À tous, bon chemin !

+ Mgr Jean Pierre COTTANCEAU

© Archidiocèse de Papeete - 2017

Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU parmi les 35 archevêques qui ont reçu le pallium

 

Le 29 juin 2017 à la Piazza San Pietro de la Cité du Vatican, lors d'une célébration de la solennité de saint Pierre et de saint Paul, saints patrons de Rome, Mgr Jean-Pierre Cottanceau sscc, l'archevêque de Papeete, avec 34 autres archevêques nouvellement nommés, ont reçu les palliums bénis par le pape François. Jean-Pierre a reçu sa consécration épiscopale le 18 février 2017.

En ce moment historique de l'Église catholique, le pape François met en œuvre sa décision annoncée publiquement en janvier 2017, désormais, la cérémonie publique d'imposition du Pallium sur les archevêques métropolitains se déroulerait dans leurs Églises particulières et non plus au Vatican. Ce sera le représentant du pape, le nonce apostolique, qui procédera à cette investiture.

Le pape croit que cette manière « favorisera grandement la participation de l'Église locale dans un moment important de sa vie et de son histoire ». En outre, cette nouvelle coutume peut servir à faire avancer « ce voyage de synodalité dans l'Église catholique que, dès le début de son pontificat, apparait particulièrement comme urgent et précieux aux yeux de François. »

Le « pallium » de l'archevêché métropolitain, sous sa forme actuelle, est un cadran droit de matériaux de près de cinq centimètres, en laine d'agneau blanc. C'est le pape Benoît XVI qui a expliqué « le symbolisme du pallium » de manière très concrète dans son homélie lorsqu'il a inauguré son ministère pétrinien le 24 avril 2005. Il a déclaré : « la laine d'agneau est censée représenter les personnes perdues, malades ou agneau faible que le berger place sur ses épaules pour conduire vers les eaux de la vie »

Par ailleurs, Jean-Pierre a été accompagné à cette cérémonie importante à Piazza San Pietro par P. Bernard Couronne sscc, P. Remi Liando sscc et Sr. María Milagros Arbaizar sscc ainsi que son frère, sa belle-sœur et quelques amis.

© http://www.ssccpicpus.com - 2017

La Parole aux sans paroles 82

Portrait d’une sœur de la rue - Herenui

Herenui est très évasive sur son passé, sur ce qui l’a amenée à venir vivre dans la rue. Mais, malgré ces blancs, entre les lignes, on peut voir une grosse souffrance. Malgré ces épreuves et la séparation avec ses enfants, Herenui continue de se battre pour que sa vie change.

D’où viens-tu ?

« Je suis originaire des Raromatai, de Raiatea. Et, je suis dans la rue suite à un problème de famille. Ça fait longtemps, j’étais encore gamine ! »

Tu avais quel âge ?

« Je n’avais que 8 ans. »

À Raiatea ?

« Non, c’était ici, à Tahiti. »

Explique-nous ?

« C’est une longue histoire. On habitait à Titioro et, un jour, je suis partie de la maison. Je voulais que mes parents changent mais ils sont toujours restés pareils. Alors, j’ai quitté la maison. »

Comment survit-on dans la rue à 8 ans ?

« J’ai connu un homme, il m’a aidé. C’est grâce à lui que j’ai pu m’en sortir ! Ben, c’est le papa de mes enfants. Je l’ai connu à 17 ans et aujourd’hui on a 3 garçons. Ils habitent avec lui à Taravao. L’aîné a 10 ans, le cadet 9 et le dernier a 6 ans. »

Et que s’est-il passé, pourquoi tu n’es pas avec eux ?

« En fait, on s’est séparé, le papa et moi quand j’avais 29 ans. Ça fait 9 ans maintenant. Et il est parti habiter à Taravao, chez lui. Depuis janvier, je fréquente un autre homme… et rien a changé ! (Rires) Non, c’est mieux celui-là ! Là, il est en train de chercher un projet pour nous deux. Et il attend son travail, il a trouvé un poste sur un thonier avec mon frère. Quand il aura son salaire, on cherchera un petit coin pour nous deux. Mais ce n’est pas facile ! »

En attendant, tu n’as pas de la famille ou des amis qui pourraient vous héberger ?

« Si mais j’ai tellement l’habitude de me débrouiller seule. Depuis que j’ai quitté la maison, je n’ai jamais demandé de l’aide à quelqu’un. Pour moi, c’est trop tard pour retourner dans la famille. Je n’ai plus l’habitude. »

Mais ce n’est pas trop dur dans la rue ?

« Si, pour manger, pour dormir, faire la toilette. »

Comment tu fais ?

« En fait, je suis hébergée au centre de nuit à Tipaerui. Mais, on ne peut pas rester longtemps, il y a une durée limite. Il faut avoir un projet, il faut suivre une formation. Là, tu peux rester au centre. Et si tu n’as rien, ben… Le truc, c’est que mes parents ont un terrain. Maintenant, ils sont morts mais ça n’a pas été partagé. C’est encore en indivis. Si le partage se fait, je construis ma maison et là je récupère mes enfants. Vu tout ce que j’ai vécu jusqu’à aujourd’hui, pour moi, la vie est dure. Vu que mes enfants ne sont pas avec moi, ils me manquent ! Ils sont toujours dans mon cœur. Ce n’est pas facile ! En ce moment, je suis à la recherche d’un emploi. Je veux avoir un travail, un salaire à la fin du mois pour que je puisse acheter quelque chose pour mes enfants. Aujourd’hui, je n’ai rien du tout, je ne peux rien leur offrir… parce qu’il n’y pas de travail ! »

Tu es allée au SEFI ?

« Oui, il n’y a rien ! Le truc, c’est que je n’ai pas de diplôme. Ils demandent toujours des diplômes. Alors, ça ne sert à rien d’aller au SEFI. »

Ton parcours scolaire ?

« J’ai fait un BEP restauration. »

Et tu veux toujours travailler dans ce domaine ?

« Oui mais comme c’est dur d’avoir du travail en ce moment, je prendrai ce qu’il y aura. Peu importe le domaine, je veux juste un travail. On ne peut plus choisir, on doit prendre ce qu’il y a. Je prendrai tout, femme de ménage, restauration. Je veux travailler ! »

Le plus dur dans la rue ?

« C’est que rien n’est confortable, tu dors par terre, tu t’assoies par terre, tu fais la toilette comme tu peux. Ce n’est pas joli pour une femme. Ça va encore pour les hommes, c’est facile pour eux. »

Comment as-tu connu Te Vaiete ?

« C’était en 2001, je venais tous les matins boire mon café ici et j’ai connu Père. Heureusement il est là ! Grâce à lui, on peut manger, se baigner. Avant lui, il n’y avait rien pour les S.D.F. Et puis, aujourd’hui, il nous donne pendant le petit-déjeuner des goûters pour tenir toute la journée. J’aime bien Père. »

As-tu un beau souvenir de la rue ?

« Carrément. Le souvenir auquel je tiens c’est ce que la rue m’a appris. Dire "bonjour" aux gens, être polie, comment aider les autres malgré que je n’aie rien à donner. Tout ça, j’ai appris dans la rue, pas dans la vie normale. Et c’est grâce aussi à notre papa (Père Christophe) ! »

Comment vois-tu ta vie dans 20 ans ?

« On verra bien ! Je ne sais pas aussi ! Je ne peux pas dire seulement comme ça, on verra bien ! »

Un dernier message ?

« Malgré tout ce que j’ai vécu, je fais tout mon possible pour que ma vie aille de l’avant, qu’elle change. Tout ce que j’espère, c’est de pouvoir récupérer un jour mes enfants. Que le Seigneur soit avec moi. »

© Accueil Te Vai-ete - 2017

Solennité de Notre Dame de Paix, patronne de l’Archidiocèse de Papeete

La Statue miraculeuse de Notre dame de Paix

« [août 1834] - Monsieur, Nous voici aux Isles Gambiers. Suivant la résolution que nous avions prise à Valparaiso de concert avec notre Préfet apostolique, nous avons consacré cette mission à Notre Dame de Paix ; et nous sommes bien convaincus que nos amis de Picpus lui rappelleront souvent, aux pieds de son image, les besoins des missionnaires et des peuples qu'ils vont évangéliser… f. Honoré Laval » C’est le R.P. Honoré LAVAL qui écrit ainsi au R.P. Coudrin, fondateur des Pères des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie. Voici en quelques mots l’origine de cette statue et de cette dévotion.

Description de la statue

Le P. Godefroy, archiviste capucin, a fait, en 1935, un travail très documenté :
« En Provence, en Languedoc, en Aquitaine, la civilisation romaine avait laissé son empreinte… À la Renaissance, de nombreux artistes méridionaux se mettent à œuvrer d’après le canon d’Athènes et de Sparte. L’un d’eux entreprend de sculpter, en plein bois, sans doute sur commande, une statuette de la Madone. Artiste, il veut sa Vierge plus belle qu’une déesse. Français, dégoûté des horreurs de la guerre, il la conçoit comme une apparition de la Paix. Double dessein facile à réaliser pour un sculpteur languedocien. Les modèles foisonnent. Sa Vierge est de petite taille : 33 cm, piédestal non compris. Marie, légèrement hanchée à gauche, est vêtue du chiton, la tunique grecque, plissée et fermée. Ce vêtement tombe jusqu’aux pieds, découverts, chaussés de sandales, de forme romaine… L’artiste revêt sa Madone, par-dessus son chiton, d’un casaquin renaissance, décolleté en carré, lacé jusqu’à la taille… Les manches font kimono… En outre, l’artiste a jeté sur les épaules de Marie, selon la mode du temps, un fichu, très légèrement drapé, aux pans noués sur la poitrine et tombant court. Le reste du costume est spécifiquement grec. Marie se drape dans un péplos bordé d’un tuyauté araméen. Roulé autour du bras gauche, ce manteau laisse le bras droit libre et découvert. Dans sa main droite, la Madone tient une branche d’olivier. Sur son bras gauche, repose, vêtu d’une chemise froncée, l’Enfant Jésus, bras tendus. Le Sauveur, tête nue, cheveux frisés, serre dans sa main droite la croix, et dans sa main gauche le globe du monde. La Vierge, elle aussi, porte, à l’antique, le chef découvert… mais sa coiffure offre une note Renaissance… Les cheveux de la Vierge, séparés sur le devant, s’étagent en deux nattes de chaque côté de la tête… Elles forment un chignon à l’arrière et retombent sur le dos en une natte unique. En outre, une cinquième natte, partant de la nuque et formant auréole, est nouée sur le milieu de la tête, en avant. »

La Vierge des Joyeuse

Le premier texte connu sur la statue de Notre-Dame de Paix provient d’un livre publié en 1660 par le Père Médard de Compiègne, capucin : « On assure que cette sainte image est l’héritage de l’illustre Maison de Joyeuse, qui demeurait, par succession, à celui des enfants de cette illustre famille qui avait le plus de dévotion à la conserver. »

L’histoire de la statue est donc d’abord intimement liée à celle de la famille de Joyeuse.

Les experts peuvent avec une quasi certitude placer la date de naissance de la statue autour de 1530. Jean de Joyeuse avait quitté le Château de Joyeuse, en Vivarais (aujourd’hui département de l’Ardèche) pour celui que Françoise de Voisins lui avait apporté en dot, le Château de Couiza, dans le Bas-Languedoc en 1518 : ce serait lui qui aurait acquis ou peut-être même fait réaliser la statuette. Il la donna au plus pieux de ses fils, Guillaume, qui l’emporta en 1561 à l’hôtel de trésorerie de Toulouse où il avait été nommé.
De son mariage avec Marie de Batarnay, Guillaume eut sept fils et c’est Henri qui reçut la statuette. Vers la mi-novembre 1576, il l’emporta avec lui à Paris, au Collège de Navarre, puis en 1582 à l’hôtel du Bouchage, rue Saint-Honoré (à l’actuel emplacement du Temple de l’Oratoire).
 Henri, bien qu’attiré par la vie religieuse, dut épouser Catherine de La Vallette. Le couple s’installa, toujours rue Saint-Honoré, dans un hôtel contigu au monastère des Capucins et y aménagea une chapelle pour Notre-Dame.
Quand, à son veuvage, il entra chez les Capucins, il fit don au couvent de la moitié de son hôtel avec la chapelle que, quelques années plus tard, les capucins, obligés d’agrandir leur couvent, durent démolir. Ils firent alors aménager, au-dessus de la porte d’entrée des nouveaux bâtiments, une petite niche où la statue fut exposée.
La petite Madone va rester là 63 ans, discrète, attendant son heure. Toutefois un frère convers, Frère Antoine, qui était fort dévot à cette image, prédit peu avant de mourir que cette statue deviendrait illustre.

La statue devient Notre-Dame de Paix

La guerre de Trente Ans avait désolé l’Europe, et se continuait de diverses manières. Les peuples angoissés imploraient la paix. Or, le 21 juillet 1651, des enfants s’assemblent devant la Madone des Capucins, rue Neuve Saint Honoré, chantant à gorge déployée des Salve Regina. Des processions se forment au chant des litanies de la Sainte Vierge, on vient de tous les quartiers de la capitale. Il y a foule. Chants, prières et… miracles, car des guérisons se produisent ! Notre-Dame est bienfaisante à son peuple, qui – spontanément – l’invoque comme « Notre-Dame de Paix ».
Quelques semaines après cette première procession, précisément le 24 septembre 1651, alors que la dévotion envers elle ne cesse de prendre de l’ampleur, la statue est retirée de la niche au-dessus de la porte pour être exposée dans l’église du couvent, dans la chapelle latérale où reposent les restes du Père Ange. Il se produisait là des miracles et les pèlerins y venaient si nombreux qu’il fallut songer à agrandir la chapelle, ce que fit faire Mademoiselle de Guise, petite-nièce d’Henri de Joyeuse ; la statue fut solennellement installée dans le nouveau sanctuaire par le Nonce apostolique, en présence du Roi, de la Cour et d’un concours immense de parisiens, le 9 juillet 1657.

L’année suivante, le Roi Louis XIV est pris de fièvre typhoïde à Calais, et on craint pour sa vie. La Reine Mère demande des prières. Les capucins s’adressent à Notre-Dame de Paix et la guérison se produit, jugée miraculeuse. Anne d’Autriche commande alors à Michel Corneille un grand tableau en ex-voto (il est aujourd’hui dans les collections du château de Versailles).

Cette guérison contribue encore à l’accroissement de la dévotion envers la Madone de la chapelle des Capucins, qui devient un véritable centre de pèlerinage : on y vient en foule, surtout au jour de sa fête, fixée au 9 juillet. On implore la Reine de la Paix pour la paix du Royaume, pour la paix du monde, pour la paix des familles, pour la paix des cœurs… Et un chroniqueur de l’époque témoigne que les grâces reçues sont indicibles. Il en fut ainsi jusqu’à la grande révolution…

Dans la tourmente révolutionnaire

Au mois d’août 1790, les Capucins furent chassés de leur couvent. Un religieux emporte discrètement la statue avec lui et, l’année suivante, il la remet à son Provincial. Ce dernier, pour plus de sécurité, la confie à une demoiselle Papin, sœur du Grand Pénitencier de l’Archevêché de Paris. Un procès-verbal très détaillé accompagne ce dépôt. En 1792, Mademoiselle Papin, fuyant Paris à son tour, remit la Vierge à la Duchesse de Luynes, qui, en 1802, en fit constater l’authenticité par l’un des vicaires généraux de l’Archevêché de Paris. Cet acte de reconnaissance et d’authentification existe toujours avec ses cachets de cire rouge bien visibles.

Installation de Notre-Dame de Paix à Picpus

En avril 1806, la Duchesse de Luynes décède. La sœur et le neveu de Mademoiselle Papin, ses héritiers (la statue n’avait été confiée à Madame de Luynes que comme un dépôt provisoire) en font la cession à la Révérende Mère Henriette Aymer de La Chevalerie, à la demande du Révérend Père Coudrin : ce sont les fondateurs de la Congrégation de l’Adoration des Sacrés Cœurs, dite de Picpus.
Le 6 mai 1806, la statue de Notre-Dame de Paix arrive au couvent de Picpus (qui garde le cimetière où furent ensevelies les victimes de la grande Terreur guillotinées tout près de là, sur la « place du trône » – devenue « place du trône renversé » sous la révolution, et depuis « place de la nation » –, parmi lesquelles les célèbres Carmélites de Compiègne).
Notre-Dame de Paix est depuis lors la Protectrice de toute la Congrégation, Pères et Sœurs, et sa reproduction se trouve dans toutes les maisons de l’Institut.
Le 9 juillet 1906, la statue de Notre-Dame de Paix fut officiellement couronnée au nom du Pape Saint Pie X.
Si les foules n’accourent pas de la même manière qu’autrefois aux pieds de la Madonne qui nous vient des Joyeuse, nous pouvons toutefois affirmer qu’elle continue à donner généreusement des grâces de paix à ceux qui viennent les implorer dans la chapelle de Picpus.

© leblogdumesnil – 2008

Prière à Notre-Dame de Paix

O Vierge Marie, Reine de la Paix,

Mère des pauvres et des humbles,

Espérance de ceux qui souffrent,

Notre-Dame de l’Amour,

Arche d’Alliance,

Tu nous as donné Jésus, Prince de la Paix,

Qui nous as fait don de l’Eucharistie,

Et tu nous as consacrés à l’Amour Rédempteur.

Enseigne-nous

A vivre avec simplicité les exigences de l’Evangile,

A servir avec joie tous les hommes nos frères,

A nous montrer sereins devant la Croix

Et fidèles à notre esprit d’adoration.

A travailler sans relâche à promouvoir la justice et la vérité.

Fais de nous

Des messagers de ta paix dans notre patrie, notre famille,

Notre communauté, afin d’être dans le monde

Signes de notre Consécration à l’Amour.

Nous sommes les enfants du Cœur de Jésus,

Les enfants de ton Cœur Immaculé.

Garde dans le Cœur de ton Fils

Cette famille qui est tienne

Et qui veut être artisan de Paix,

De Joie et d’Amour dans ton Eglise

Pour toujours.   Amen.

Maria Olga Mardones ss.cc

Les vacances… faire « Sabbat »

Le diocèse de Marseille publie sur son site internet un texte du père Jean-Luc Ragonneau, s.j. alors que se profile la période de vacances pour certains. L’occasion pour lui de resituer le travail/repos à partir de l’œuvre du Créateur évoquée dans le livre de la Genèse. Le père Ragonneau articule sont propos autour de 5 parties : Co-responsables, par le travail, de l’œuvre créatrice ; Une place dans le projet salvifique de Dieu ; Une nouvelle logique, celle du Royaume ; La place du repos dans le travail ; Une expérience de libération. Pour l’auteur, « Le sabbat/repos nous extrait des nécessités immédiates pour nous ouvrir à d’autres plus profondes. Il ne nie pas le travail, mais ainsi lui redonne sens ».

« On peut penser que, s’il n’y avait pas le remède du sabbat, le travail n’arriverait pas à se dégager de la pente de l’idolâtrie. À la manière du détartrage ou de la purge périodique d’un appareil, le sabbat nettoie le travail de l’inévitable couche d’idolâtrie qui vient se déposer sur lui tout au long des jours. Comme s’il ne s’agissait pas seulement de libérer du travail, mais de libérer le travail » (P. Beauchamp, « Décalogue et image de Dieu », Croire aujourd’hui, juillet-août 1987). Dans la Bible, on ne parle pas de « vacances », mais de « repos » ou du « sabbat » : « Dieu se reposa le septième jour de tout le travail qu’il avait fait » (Genèse 2, 2).

Co-responsables, par le travail, de l’œuvre créatrice

L’homme, dans les deux récits de création, se voit confier la même mission : « Dieu les bénit et leur dit : soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la. » (Gn 1, 28) ; « Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder » (Gn 2, 15). Le travail n’est pas une peine, il est « le signe de la familiarité avec Dieu (…) la collaboration de l’homme et de la femme avec Dieu dans le perfectionnement de la création visible » (Catéchisme de l’Église catholique, n.378). Autrement dit, l’éminente dignité de l’homme est toute contenue dans son travail.
En participant à l’œuvre créatrice, en imitant son Créateur, l’homme non seulement le découvre, mais se découvre lui-même. Le travail devient ainsi expression de sa foi et révélation de lui-même à lui-même. De plus, de même que Dieu, par son travail, entre en relation avec l’homme et protège cette relation, de même l’homme, par son travail, s’inscrit en solidarité non seulement avec la création qu’il transforme, mais aussi avec les autres.

Une place dans le projet salvifique de Dieu

Il est significatif que l’appel des premiers disciples soit situé dans le cadre de leur travail : l’un est à son bureau de douane, d’autres sont en train de jeter leurs filets ou de les réparer. Si nous prenons la version de Luc (Luc 5, 1-7), il approche la fatigue engendrée par le travail improductif, la déception après une nuit de labeur inutile et l’échec des filets vides. Il connaît, en eux, la croix du travail. Mais il leur montre, par la pêche miraculeuse, que le travail ne trouve pas son sens en lui-même et renvoie à autre chose : un don qui révèle le donateur. « Si le travail humain s’ouvre à une spiritualité authentique, en allant au-delà des résultats immédiats, il retrouve sa juste place dans le projet salvifique de Dieu et dans la réalisation du Royaume. Dans cette perspective, la fatigue, l’engagement pour la solidarité et également la lutte pour la justice, acquièrent une signification sacramentelle du fait qu’ils deviennent le signe d’autre chose, d’une réalité plus profonde. Le travail peut rester l’expression muette de la fatigue humaine, plus ou moins satisfaisant, ou bien il peut se réaliser pleinement dans le Christ, dans la dimension la plus spirituelle de l’homme, et devenir une icône de la mission de tous les croyants : « Ce sont des hommes que tu prendras » (Comité de préparation des journées jubilaires du monde du travail, Du travail pour tous : un chemin de solidarité et de justice, n.13)

Une nouvelle logique, celle du Royaume

Hier, comme aujourd’hui, le monde du travail est parcouru par des inégalités, des contradictions, des jalousies, des conflits. Jésus, dans la parabole des ouvriers embauchés à la vigne à différentes heures et percevant tous le même salaire (Mt 20, 1-16), prend acte de cette réalité mais propose une autre logique : « Par cette parabole, Jésus révèle la générosité et la bonté du Père, qui se traduisent dans un projet précis qui fait du partage, de la solidarité et de la gratuité les principes inspirateurs d’une nouvelle civilisation de l’amour » (ibidem, n.14).

Cette logique, certes, ne trouvera pas son aboutissement dans notre histoire, mais elle peut incliner notre façon d’être pour que, si tous les maux ne disparaissent pas, d’autres valeurs puissent participer au dialogue humain et proposer différemment les perspectives, de sorte que la liberté, la créativité et la responsabilité de tous s’épanouissent et aident les hommes à vivre leur travail comme un lieu de dignité.

La place du repos dans le travail

Le travail peut nous arracher à nous-mêmes, nous emprisonner. Nous pouvons en devenir les esclaves, il peut devenir une idole, c’est-à-dire une fausse image du Dieu que reconnaît la Bible. En attribuant au travail des pouvoirs qu’il n’a pas, en le haussant au rang de l’idole, nous pouvons nous enfermer dans un esclavage mortel ou y être enfermés, à l’image de celui qui aliénait les Hébreux, en Égypte. C’est là que la réalité du sabbat au sens du repos (car le mot est riche de beaucoup d’autres dimensions) peut intervenir comme une prise de distance, non seulement vis-à-vis du produit de notre travail, mais aussi « vis-à-vis de notre faculté elle-même de produire, qui peut facilement devenir une idole à laquelle nous sommes prêts à tout sacrifier » (M. Domergue, Le sabbat, repos libérateur, Croire aujourd’hui, n.101).

Le sabbat/repos est le remède contre cet esclavage (cf. Dt 5, 12-15). « Le sabbat est d’abord une attitude de Dieu. Dans le récit de la création, c’est lui qui s’arrête au septième jour. Et c’est parce que Dieu l’a fait que l’homme, créé à son image, doit respecter le repos » (P. Beauchamp, La Loi de Dieu). Autrement dit, Dieu se présente comme libre par rapport à son œuvre, il n’en est pas esclave, ce n’est pas pour lui une idole. Respecter le commandement du sabbat/repos, c’est donc entrer dans son chemin de liberté. De plus, en s’arrêtant Dieu manifeste une limite à sa toute-puissance. « Or, nous avons tendance à projeter sur Dieu notre propre rêve de toute-puissance : être sans limite, ne pas s’arrêter. Mais Dieu n’est pas ainsi, insatiable, il s’arrête. Dieu est plus fort que sa force » (ibidem).

Une expérience de libération

Du fait de notre origine – être créatures de Dieu –, nous sommes plus grands que nos œuvres. Il nous est possible d’accepter et de reconnaître notre finitude, notre non-toute-puissance. Le sabbat/repos, comme promesse de libération, n’est qu’un signe de notre libération totale à venir. Il nous indique ce vers quoi nous tendons, ce vers quoi doit tendre le travail : la Vie : « Isaïe parle des "délices du sabbat" : goûter le fruit du travail, jouir de l’œuvre. D’où le lien entre le sabbat et l’eucharistie qui est comme son accomplissement, puisque dans l’eucharistie, les chrétiens célèbrent la promesse du banquet éternel » (ibidem).

Le sabbat/repos nous extrait des nécessités immédiates pour nous ouvrir à d’autres plus profondes. Il ne nie pas le travail, mais ainsi lui redonne sens. « Le temps du repos peut alors devenir un temps pour la parole, l’échange, le dialogue. Décentré de ce moi où le concentre son effort, l’homme peut alors s’ouvrir à l’autre. Ainsi le repos permet-il à l’homme de retrouver sa juste place dans la création. Non en dominateur, mais en allié de tous les vivants » (L. Monroe, La Croix, 31 juillet/1er août 1999).

Les vacances, « faire sabbat », se dévoilent comme une expérience de libération, toujours à renouveler, mais aussi comme un temps pour exalter la gloire de Dieu : être des fils libres, tournant le dos aux idoles, et être des frères, se rencontrant et rencontrant le Père, qui œuvrent à l’achèvement de la Création.

© Urbi et Orbi - 2017

Ne vous découragez jamais !

Le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du pape François, a rencontré, le 1er décembre 2016, la délégation des élus de la région Rhône-Alpes conduite par le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, pour un pèlerinage au lendemain du Jubilé de la miséricorde. Le cardinal Barbarin, conscient des nombreux et complexes défis que les élus doivent affronter, les a vivement encouragés : « Devant l’ampleur de la tâche, je vous invite à aborder ces défis avec sérénité, en recherchant des solutions fondées sur le respect de la personne, de la vérité et de la justice, en favorisant le consensus, la solidarité et le bien commun. »

Monsieur le cardinal,

Monsieur l’ambassadeur,

Chers confrères dans l’épiscopat,

Mesdames et Messieurs les élus,

C’est avec grand plaisir que je viens vous saluer ce matin à l’occasion de votre pèlerinage à Rome, dans le prolongement du Jubilé extraordinaire de la miséricorde, à peine conclu avec la fermeture, le 20 novembre dernier, de la Porte Sainte de la Basilique Saint-Pierre.

Le Jubilé est terminé, mais la porte de la miséricorde de notre cœur ne peut jamais être fermée. Au contraire, elle doit rester grande ouverte. Nous sommes tous appelés à exercer sans cesse la miséricorde à travers le soutien matériel et spirituel des hommes et des femmes de notre temps, mais aussi en répondant au besoin de pardon, de réconciliation et de paix dont notre monde a soif. Dans sa lettre apostolique Misericordia et misera, publiée lors de la conclusion du Jubilé, le pape François affirme que « la miséricorde ne peut être une parenthèse dans la vie de l’Église, mais (qu’) elle en constitue l’essence même, qui rend manifeste et tangible la vérité profonde de l’Évangile » (n.1).

J’ose vous citer ces paroles parce que je suis persuadé que le message de la miséricorde ne peut pas rester cantonné à l’intérieur de la communauté des fidèles. Ce message parle avant tout au cœur de chacun et contribue au bien de tous, que l’on soit croyant ou non. Au-delà des frontières de l’Église, ce message s’adresse tout particulièrement à ceux et celles qui exercent le noble service politique et qui travaillent pour le bien commun en cherchant à répondre aux besoins de la société et à développer les potentialités de chacun de ses membres.

Aujourd’hui, les défis que vous devez affronter dans l’exercice de vos responsabilités sont très nombreux, complexes et délicats. Vous êtes constamment appelés à vous pencher sur les difficultés posées par la pauvreté, le chômage, les tensions qui caractérisent souvent les sociétés occidentales, les énormes flux migratoires, la violence et le terrorisme qui ont frappé la France de façon particulière, les incertitudes concernant l’avenir de l’Europe et l’instabilité de la situation internationale liée aux tensions, aux menaces et aux guerres.

Ne vous découragez jamais ! Devant l’ampleur de la tâche, je vous invite à aborder ces défis avec sérénité, en recherchant des solutions fondées sur le respect de la personne, de la vérité et de la justice, en favorisant le consensus, la solidarité et le bien commun, tout en ayant particulièrement à cœur la protection de ceux qui sont faibles et sans défense, et en évitant de vous laisser gagner par la peur, les slogans simplistes ou le gain politique à court terme.

Aujourd’hui en Europe, il est urgent de travailler à un renouvellement de la politique pour dépasser la désaffection et la perte de crédibilité qui l’atteignent et pour soutenir l’engagement des nouvelles générations, qui représentent non seulement l’avenir mais aussi le présent de nos sociétés. Au cours de ce pèlerinage à Rome, je vous encourage à vous engager résolument, et indépendamment de vos sensibilités politiques respectives, à bâtir une culture de la miséricorde et du dialogue serein, à vous efforcer de chasser l’indifférence et l’hypocrisie, et à travailler à des projets qui permettront d’assurer un avenir meilleur pour chacun et pour toute la société.

Je vous remercie de votre visite. Je puis vous assurer de ma prière et je vous présente mes meilleurs vœux pour vous, pour vos familles et pour votre mission au service de votre cher pays.

© Urbi et Orbi - 2017

Commentaire des lectures du dimanche

 

Aujourd’hui, nous fêtons la naissance de la Paix, de la Reine de la Paix. La Vierge MARIE, choisie, donnera la naissance du prince de la Paix. L’humanité déchirée avance d’ADAM à ABRAHAM, d’ISAAC à DAVID, de SALOMON à JOSIAS, de JEKONIAS à JOSEPH. De génération en génération, notre humanité traîne la blessure de son péché. Et cela entraîne envie, jalousie, mensonge, meurtre, guerre, spirale de la violence. Hier, nous avons prié et jeûné pour la Syrie, déjà présente dans la longue histoire biblique. Nous avons voulu dire non : la violence ne résout pas la violence. Avons-nous aussi demandé dans notre prière qu’en nos cœurs, qu’en nos familles, en nos villages - je n’ose pas dire dans nos instituts, nos communautés - cesse la violence ? L’avons-nous demandé pour BECHARD-EL-ASSSAD ou bien aussi pour nous ?

La Pape FRANÇOIS disait hier soir : « Que chacun s’applique à regarder au fond de sa conscience et écoute cette parole qu’elle dit : sors de tes intérêts qui atrophient le cœur, dépasse l’indifférence envers l’autre qui rend le cœur insensible, vaincs tes raisons de mort et ouvre-toi au dialogue, à la réconciliation : regarde la douleur de ton frère, je pense aux enfants : seulement à ceux-là… regarde la douleur de ton frère, et n’ajoute pas une autre douleur, arrête ta main, reconstruis l’harmonie qui s’est brisée ; et cela non par le conflit, mais par la rencontre ! »

J’entends souvent dire que L’Hermitage est un havre de paix. Deux jeunes qui se préparent à la confirmation étaient tout sourire hier en me disant que nous nous retrouverions ce matin ici. Beaucoup, parmi vous, viennent retrouver un coin du ciel … même en temps de pluie ! Et cette paix, nous la trouvons dans la rencontre avec les autres, avec MARIE, avec son Fils. Nous vivons cette rencontre parce que la Vierge MARIE est née, parce que ANNE et JOACHIM - ses parents - ont transmis la vie et ne l’ont pas arrêtée, malgré les craintes d’une vie difficile. Elle n’était pas plus facile au temps de JESUS, du déplacement en âne et de l’occupation romaine, qu’aujourd’hui au temps de l’avion et du tout confort. Comment encourageons-nous le don de la vie ? Il y a une forme de grande violence lorsqu’une société ajoute à la contraception l’avortement.

Aujourd’hui, cependant, nous continuons de fêter la naissance de la Reine de la Paix. Au terme de la généalogie que nous avons entendu, il y a cette phrase : « JACOB engendra JOSEPH, l’époux de MARIE, de laquelle fut engendré JESUS, que l’on appelle Christ ou Messie » (Mt 1, 16). Dieu rejoint notre histoire par JOSEPH, notre histoire chaotique ; Dieu rejoint notre histoire sainte par MARIE. Dieu sait qu’il a créé l’homme bon, comme le rappelait le Pape FRANÇOIS hier au début de la veillée de prière. Dieu sait que l’homme et la femme sont à son image, qu’il y a en chacun de nous la conscience de cette bonté, de cette beauté, de cet amour qui nous construit jour après jour depuis notre naissance.

La Vierge MARIE est le premier fruit de la réconciliation de l’homme avec lui-même et avec son Seigneur et Créateur. Dans l’humilité de Nazareth, elle accueille cette mission de paix, de donner naissance au prince de la Paix. À la Salette comme à l’Hermitage de Noirétable, la Vierge MARIE nous redonne de l’espérance : va te confesser, va te réconcilier ! Accueille, toi aussi, la réconciliation de mon Fils qui a racheté le monde par le sang de sa croix.

Oui, continuons de prier pour la paix en Syrie … Oui, accueillons la Reine de la Paix pour qu’elle nous entraîne sur les chemins de la réconciliation, à la source de la Paix, à JESUS. En nous confessant, en accueillant le pardon de Dieu, nous recevons la paix, nous renaissons à la joie de Dieu, nous devenons des témoins de l’espérance de l’humanité.

Quelle ne fut pas la joie d’ANNE et JOACHIM à la naissance de la Vierge MARIE ! Quelle ne fut pas la joie des anges à la vue de la naissance de la petite MARIE dans le bourg de Nazareth : bientôt naîtra à son tour le Sauveur ! Quelle ne fut pas la joie plus grande encore de Dieu : Il préparait ainsi son berceau pour être enfin « Dieu avec nous », l’EMMANUEL (Mt 1, 23) !

Que MARIE, berceau de Dieu, que MARIE, berceau de notre réconciliation, nous aide à faire de nos cœurs réconciliés et de nos vies les berceaux de l’amour et de la réconciliation !

+ Dominique LEBRUN

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