Pko 09.08.2020

Eglise cath papeete 1

Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°36/2020

Dimanche 9 août 2020 – 19ème Dimanche du Temps ordinaire – Année A

Humeurs

Une solidarité au-delà de nos frontières !

Depuis le mardi 4 août, le Liban fait face à un moment tragique : d’énormes explosions dans le port de Beyrouth… près de 150 morts, des dizaines de disparus et des milliers de blessés…

Dans le monde entier des appels à la solidarité et à la prière se font entendre. Le Pape François, lors de l’Audience générale de mercredi a lancé un appel : « Hier, à Beyrouth, dans la zone du port, de très fortes explosions ont causé des dizaines de morts et des milliers de blessés, ainsi que de nombreuses graves destructions. Prions pour les victimes et pour leurs familles ; et prions pour le Liban, afin qu'avec l'engagement de toutes ses composantes sociales, politiques et religieuses, il puisse affronter ce moment si tragique et douloureux et, avec l'aide de la communauté internationale, surmonter la grave crise qu'il est en train de traverser. »

La communauté paroissiale de la Cathédrale vous invite à vous joindre à ce mouvement de solidarité en communion avec le Pape François… en prière et en acte…

En prière : En participant à la messe célébrée pour le Peuple Libanais et les victimes de l’explosion de ce mardi 4 août 2020.

En acte : En soutenant financièrement par un don qui sera intégralement reversé à Caritas Liban :

en déposant votre participation en espèces ou en chèques

À LA CATHÉDRALE

dans le tronc à votre disposition au centre

ou directement au presbytère

ou par virement

Paroisse de la Cathédrale

CCP n° 14168-00001-8758201C068-67 Papeete


IBAN : FR5914168000018758201C06867

BIC : OFTPPFT1XXX

pour les chèques ou virements :

précisez “pour les sinistrés du Liban”

 

Laissez-moi vous dire…

Août 2020 : intention de prière du pape François pour les personnes qui vivent dans la mer
Des poissons pêchés pour nourrir… des poissons d’élevage !

En ce dimanche (19ème du Temps Ordinaire) l’Évangile nous rappelle la marche de Jésus sur les eaux de la mer de Galilée. Occasion de prier avec le Saint Père pour toutes les personnes qui vivent de la mer, en particulier les marins, les pêcheurs et leur famille.

La pêche et les élevages de poissons sont des activités très préoccupantes tant au plan mondial que local. Bon nombre d’associations de défense de l’environnement préconisent la réduction de la consommation de viandes, aussi les populations se rabattent-elles de plus en plus sur le poisson. Or, afin de préserver les ressources halieutiques, la FAO recommande une régulation de la consommation des produits de la mer à 8 kg par an et par personne, alors que la consommation moyenne actuelle est de 20 kg (majoritairement des poissons d’élevage). [Source : www.fao.org ]

Je me souviens être allé sur la plage de Kayar au Nord du Sénégal, accompagné par le frère Michel Gougeon (frère de Ploërmel). Des centaines de pirogues affrontaient la barre pour aller pêcher principalement des sardinelles. Les femmes font sécher le poisson dont une grande partie est vendue au Sénégal et le reste exporté au Congo, au Ghana ou au Burkina. Malheureusement depuis 2010, quatre usines étrangères se sont installées à Kayar pour transformer, congeler et exporter le poisson hors d’Afrique. Ces usines ont créé peu d’emplois et ont provoqué une augmentation du prix du poisson sur les étals des villages et de Dakar ! De plus une usine espagnole vient de s’implanter pour produire de la farine et de l’huile de poisson. Le maire de Kayar a vendu au propriétaire 60 parcelles destinées initialement à l’habitat. Le propriétaire espagnol et son promoteur sénégalais financent la réparation des pirogues, la construction d’un poste de santé… etc… mais, peu d’emplois à la clef. Il faut 3 à 5 kg de sardinelles pour obtenir 1 kg de farine laquelle partira en Chine, en Norvège, au Danemark, en Allemagne ou en Turquie. D’où une surexploitation des ressources halieutiques, avec en prime une pollution de l’eau et de l’air, un appauvrissement en petits pélagiques et donc, à terme, une menace pour la sécurité alimentaire. [Source : Revue Faim et Développement, juin 2020, n°313, pp. 4 à 7]

La majorité du poisson consommé dans le monde provient de l'élevage, et 90 % du poisson d'élevage est produit en Asie. Les espèces les plus élevées sont les carpes, suivies du tilapia, des salmonidés et des siluriformes. La Chine possède la plus grande industrie aquacole du monde ; c’est le plus gros consommateur et importateur de farine de poisson. Chaque année 52 millions de tonnes de poissons sont produites mondialement dans des systèmes d’aquaculture intensive. Pour ne donner qu’un seul exemple : le Pérou produit 835 000 tonnes de farine par an dont 480 000 t sont exportées vers la Chine (données de 2018). Un tiers des poissons sauvages pêchés part en farine pour nourrir d’autres poissons… d’élevage. De plus, les flottes de pêche venant pour une bonne part d’Asie sont connues pour ne pas être réglementées et pour changer souvent d’identité. La plupart des farines et huiles de poisson proviennent de régions à faible niveau de gouvernance où les systèmes de contrôle des stocks halieutiques ne sont pas gérés de manière durable. [Source : www.ciwf.fr , rapport publié en avril 2015 par Changing Markets and Compassion in World Farming]

Chez nous, un vaste projet de ferme aquacole est soutenu par le gouvernement local et par la municipalité de Hao. Le projet s’étendrait sur 32 ha accueillant 1 000 bassins dans le lagon et 78 à terre. Actuellement, selon le gérant de Marama Development & Management (société responsable de la maîtrise d’ouvrage) : « Le terrassement (11 hectares) a été effectué à 50 % ; la zone qui accueillera la partie technique (centrale électrique, laboratoire et centre d’études) est achevée. À terme, un bâtiment de deux-trois étages y sera également construit. Cependant, l’autre partie, celle où seront installés l’usine de reproduction et les bassins à poissons, est en phase d’attente de réalisation. » La perspective de production annuelle envisagée avoisinerait les 50 000 tonnes de poissons (selon la S.A.S. Tahiti Nui Ocean Foods) !

En décembre dernier, l’intervention de M. Wang Cheng, PDG de cette société n’a pas rassuré les membres du CESEC de Polynésie française. En effet des questions sont restées sans réponse satisfaisante : pourquoi produire du mérou et non du paraha peu’e ? Quel sera l’impact sur l’environnement ? Qu’adviendra-t-il des déjections des poissons ? … Pourquoi n’a-t-on pas lancé une étude d’impact en sollicitant des organismes scientifiques indépendants ? On sait que la Chine est fortement intéressée par des implantations diverses dans le Pacifique Sud. Mais, quelles sont ses réelles ambitions vis-à-vis de notre fenua ?

Il est crucial de protéger nos eaux marines et nos ressources halieutiques. Surveiller la qualité des eaux, évaluer et gérer nos stocks de poissons sauvages, définir des aires marines protégées et les surveiller, imposer des quotas de pêche… sont nécessaires pour assurer un avenir durable aux générations futures. Pas question de se faire dévorer par les grandes nations !

Les comportements égoïstes, mercantiles, imprévoyants sont à traquer si l’on veut garantir à nos populations îliennes : Justice, Paix et Développement durable.

En tant que chrétiens, tendons la main au Christ, comme l’a fait l’apôtre Pierre qui voulait Le rejoindre sur les eaux. Demandons à Jésus d’insuffler l’Esprit de discernement et de sagesse à tous les porteurs de projet.

Dominique SOUPÉ

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1 FAO = Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation.

© Cathédrale de Papeete – 2020

Regard sur l’actualité…

Le ministère des diacres

Ce samedi 1er Août avait lieu en la paroisse St Etienne de Punaauia la rencontre annuelle des diacres permanents du Diocèse de Papeete, pour célébrer la fête de St Laurent, Patron des diacres. Cette fête de St Laurent tombe le 10 de ce mois d’Août, mais pour des raisons de disponibilité, elle a été anticipée au 1er Août. Ce fut pour la trentaine de diacres présents accompagnés de leurs épouses l’occasion de vivre un temps de reflexion sur la prière, cette dimension si essentielle dans la vie de tout baptisé qui se veut disciple de Jésus Christ, et plus encore lorsque ces baptisés ont reçu par la grâce de leur ordination un ministère de service et de charité.

Cette rencontre nous donne aussi l’occasion dans ces quelques lignes, de rappeler la place importante des diacres dans la vie de l’Église. Dans son instruction “La conversion pastorale” publiée en Juin 2020, la Congrégation pour le Clergé nous rappelle au n°80 que « Pour sauvegarder l’identité des diacres et en vue de la promotion de leur ministère, le Pape François a tout d’abord mis en garde contre certains risques concernant la compréhension de la nature du diaconat : “Nous devons faire attention à ne pas voir les diacres comme des demi-prêtres et des demi-laïcs. […] Et l’image du diacre comme une sorte d’intermédiaire entre les fidèles et les pasteurs ne va pas bien non plus. Ni à mi-chemin entre les prêtres et les laïcs, ni à mi-chemin entre les pasteurs et les fidèles…” Dans le même discours, le Saint Père a ensuite offert quelques précisions par rapport au rôle spécifique des diacres à l’intérieur de la communauté ecclésiale : “Le diaconat est une vocation spécifique, une vocation familiale qui implique le service. […] Ce mot est la clé pour comprendre votre charisme. Le service comme un des dons caractéristiques du peuple de Dieu. Le diacre est — pour ainsi dire — le gardien du service dans l’Église. Chaque parole doit être bien mesurée. Vous êtes les gardiens du service dans l’Église : le service de la Parole, le service de l’Autel, le service des Pauvres” ».

Le Concile Vatican II en sa constitution dogmatique “Lumen Gentium (LG)” au n°25 nous dit : « Le ministère ecclésial divinement institué est exercé à différents degrés par ceux qui, depuis les temps anciens, ont été appelés évêques, prêtres et diacres ». La doctrine Catholique, exprimée dans la liturgie, le Magistère et la pratique constante de l’Église reconnaissent qu’il y a deux degrés dans la participation ministérielle au sacerdoce du Christ, l’épiscopat et le presbytérat. Le diaconat a été voulu pour les aider et les servir. Pour cette raison, le terme “Sacerdoce” dans son usage courant s’applique aux évêques et aux prêtres, mais non aux diacres. Cependant, la doctrine catholique enseigne que les degrés de participation au sacerdoce (épiscopat et presbtérat) et le degré de service (diaconat) sont tous les trois conférés par un acte sacramentel appelé “ordination”. « Que chacun honore les diacres comme Jésus Christ, les évêques comme une image du Père, et les prêtres comme le sénat de Dieu et comme l’assemblée des apôtres. Car sans eux, on ne peut pas parler de l’Église » (St Ignace d’Antioche). Les diacres partagent la mission et la grâce du Christ de façon particulière (LG 29). Le sacrement de l’ordination les marque d’un caractère qui ne peut être enlevé et qui les configure au Christ qui s’est fait lui-même “diacre” ou serviteur de tous (Mc 10,45 ; Lc 22,27). Au nombre de leurs taches figurent celle d’assister l’évêque et les prêtres dans la célébration des mystères divins, surtout l’Eucharistie, celle de distribuer la sainte communion, celle de bénir les mariages, de célébrer les baptêmes, celle de proclamer l’Évangile et de prêcher, de présider les funérailles et celle de se donner eux-mêmes aux différents services de la charité. (LG 29)

Mariés et exerçant une activité professionnelle, les diacres permanents doivent relever le défi de prendre soin de leur famille avec attention, d’exercer leur profession de manière irréprochable, et de mener à bien leur service dans la communauté à laquelle ils sont rattachés, en communion avec leur évêque. Très souvent, les diacres permanents de notre diocèse se voient également attribuer une responsabilité dans les communautés des îles éloignées (Tuamotu, Gambier, Australes). Ils assurent ainsi, en lien avec les prêtres en charge de ces paroisses, une part de la vie et de la communion qui doit unir ces communautés à l’ensemble du diocèse, et ils le font avec le meilleur d’eux-mêmes et avec une foi profonde. Qu’ils soient ici remerciés pour leur contribution appréciable au service de notre Eglise locale. Ne les oublions pas dans nos prières !

+ Mgr Jean-Pierre COTTANCEAU

© Archidiocèse de Papeete – 2020

Audience générale

Guérir le monde

Pour la reprise des audiences générales après la pause du mois de juillet, toujours depuis la bibliothèque du Palais apostolique, le Pape François a lancé ce matin un cycle sur les conséquences de la pandémie de coronavirus et la façon dont les chrétiens doivent réagir. En partant de l’extrait de l’Évangile de Marc sur la guérison du paralytique, François a expliqué que la guérison que Jésus apporte ne vise pas seulement à guérir un mal physique, mais la personne tout entière.

Chers frères et sœurs, bonjour !

La pandémie continue à provoquer des blessures profondes, en dévoilant nos vulnérabilités. Dans tous les continents il y a de nombreux morts et de très nombreux malades. Un grand nombre de personnes et de familles vivent une période d'incertitude, à cause des problèmes socio-économiques, qui frappent en particulier les plus pauvres.

C'est pourquoi nous devons garder notre regard solidement fixé sur Jésus (cf. He 12,2) et avec cette foi embrasser l'espérance du Royaume de Dieu que Jésus lui-même nous apporte (cf. Mc 1,5 ; Mt 4,17 ; CEC, 2816). Un Royaume de guérison et de salut qui est déjà présent parmi nous (cf. Lc 10,11). Un Royaume de justice et de paix qui se manifeste à travers des œuvres de charité, qui à leur tour accroissent l'espérance et renforcent la foi (cf. 1 Co 13,13). Dans la tradition chrétienne, foi, espérance et charité sont bien davantage que des sentiments ou des attitudes. Ce sont des vertus qui nous sont communiquées par la grâce de l'Esprit Saint (cf. CEC, 1812-1813) : des dons qui nous guérissent et qui nous rendent guérisseurs, des dons qui nous ouvrent à des horizons nouveaux, même quand nous naviguons dans les eaux difficiles de notre temps.

Une nouvelle rencontre avec l'Évangile de la foi, de l'espérance et de l'amour nous invite à assumer un esprit créatif et renouvelé. De cette manière, nous serons en mesure de transformer les racines de nos maladies physiques, spirituelles et sociales. Nous pourrons guérir en profondeur les structures injustes et les pratiques destructrices qui nous séparent les uns des autres, menaçant la famille humaine et notre planète.

Le ministère de Jésus offre de nombreux exemples de guérison. Quand il guérit ceux qui sont atteints par la fièvre (cf. Mc 1, 29-34), par la lèpre (cf. Mc 1,40-45), par la paralysie (cf. Mc 2,1-12) ; quand il redonne la vue (cf. Mc 8,22-26 ; Jn 9,1-7), la parole ou l'ouïe (cf. Mc 7,31-37), en réalité il ne guérit pas seulement un mal physique, mais la personne tout entière. De cette manière, il la ramène également à la communauté, guérie ; il la libère de son isolement parce qu'il l'a guérie.

Pensons au très beau récit de la guérison du paralytique à Capharnaüm (cf. Mc 2,1-12), que nous avons entendu au début de l'audience. Alors que Jésus prêche à l'entrée de la maison, quatre hommes portent leur ami paralytique auprès de Jésus ; et ne pouvant pas entrer, parce qu'il y avait une grande foule, ils font un trou dans le toit et font passer le grabat devant lui qui est en train de prêcher. « Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : “Mon enfant, tes péchés sont remis” » (v.5). Et ensuite, comme signe visible, il ajoute : « Lèves-toi, prend ton grabat et va-t'en chez toi » (v.11).

Quel merveilleux exemple de guérison ! L’action du Christ est une réponse directe à la foi de ces personnes, à l'espérance qu'elles reposent en Lui, à l'amour qu'elles démontrent avoir les unes pour les autres. Jésus guérit donc, mais il ne guérit pas seulement la paralysie, il guérit tout, il pardonne les péchés, il renouvelle la vie du paralytique et de ses amis. Il fait naître à nouveau, pourrions-nous dire. Une guérison physique et spirituelle, en même temps, fruit d'une rencontre personnelle et sociale. Imaginons à quel point cette amitié et la foi de toutes les personnes présentes dans cette maison s'est accrue grâce au geste de Jésus. La rencontre qui guérit avec Jésus !

Nous nous demandons alors : de quelle manière pouvons-nous aider notre monde à guérir aujourd'hui ? En tant que disciples du Seigneur Jésus, qui est médecin des âmes et des corps, nous sommes appelés à continuer « son œuvre de guérison et de salut » (CEC, 1421) au sens physique, social et spirituel.

L'Église, bien qu'elle administre la grâce du Christ qui guérit à travers les sacrements, et bien qu'elle organise des services sanitaires dans les lieux les plus reculés de la planète, n'est pas experte dans la prévention ou dans le soin de la pandémie. Et elle ne donne pas non plus des indications socio-politiques spécifiques (cf. S. Paul VI, Lett. ap. Octogesima adveniens, 14 mai 1971, 4). C'est la tâche des dirigeants politiques et sociaux. Toutefois, au cours des siècles, et à la lumière de l'Évangile, l'Église a développé certains principes sociaux qui sont fondamentaux (cf. Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, nn. 160-208), des principes qui peuvent nous aider à aller de l'avant, pour préparer l'avenir dont nous avons besoin. Je cite les principaux, étroitement liés entre eux : le principe de la dignité de la personne, le principe du bien commun, le principe de l’option préférentielle pour les pauvres, le principe de la destination universelle des biens, le principe de la solidarité, de la subsidiarité, le principe de la sauvegarde de notre maison commune. Ces principes aident les dirigeants, les responsables de la société à faire progresser la croissance et aussi, comme dans ce cas de pandémie, la guérison du tissu personnel et social. Tous ces principes expriment, de manière différente, les vertus de la foi, de l'espérance et de l'amour.

Dans les prochaines semaines, je vous invite à affronter ensemble les questions pressantes que la pandémie a mises en évidence, en particulier les maladies sociales. Et nous le ferons à la lumière de l'Évangile, des vertus théologales et des principes de la doctrine sociale de l'Église. Nous explorerons ensemble la manière dont notre tradition sociale catholique peut aider la famille humaine à guérir ce monde qui souffre de graves maladies. Mon désir est de réfléchir et de travailler tous ensemble, en tant que disciples de Jésus qui guérit, pour construire un monde meilleur, plein d'espérance pour les générations futures (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, 24 novembre 2013, n. 183).

© Libreria Editrice Vaticana – 2020

Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Le baptême conféré avec des formules arbitrairement modifiées n’est pas valable

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi l'affirme dans un « responsum » à deux questions sur un baptême administré avec une formule personnalisée par le prêtre. Une note doctrinale explique que la validité du baptême dépend du strict respect du texte canonique.

Le sacrement du baptême administré avec une formule arbitrairement modifiée n'est pas valable, et par conséquent ceux qui l'ont reçu de cette façon doivent être baptisés « sous forme absolue », c'est-à-dire en refaisant le rite selon les normes liturgiques établies par l'Église. C'est ce qu'affirme la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en répondant à deux questions concernant la validité de récents baptêmes conférés avec la formule « Au nom du papa et de la maman, du parrain et de la marraine, des grands-parents, des membres de la famille, des amis, au nom de la communauté, nous te baptisons au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».

Dans une note doctrinale explicative, le Dicastère remarque qu’apparemment « la modification délibérée de la formule sacramentelle » a été introduite « pour souligner la valeur communautaire du Baptême, pour exprimer la participation de la famille et des personnes présentes et pour éviter l'idée de la concentration d'un pouvoir sacré dans le prêtre au détriment des parents et de la communauté, que la formule du Rituel romain véhiculerait ».

Mais cette conception est erronée, car, en réalité, rappelle la note en citant la Constitution Sacrosantum Concilium, « quand on baptise, c'est le Christ lui-même qui baptise », il est « le protagoniste de l'événement célébré ». Certes, dans la célébration, « les parents, les parrains et toute la communauté sont appelés à jouer un rôle actif, un véritable et propre office liturgique », mais cela implique, selon le texte conciliaire, que « chacun, ministre ou fidèle, exerçant son propre office, n'accomplit que et tout ce qui, selon la nature du rite et les normes liturgiques, est de sa compétence ».

Un risque de dérive subjective

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi considère que dans le cas de ces baptêmes sur lesquels les questions ont été soulevées, « le recours à la motivation pastorale masque, même inconsciemment, une dérive subjective et une volonté manipulatrice ». Le Concile Vatican II, à la suite du Concile de Trente, a déclaré « l'indisponibilité absolue du septénaire sacramentel pour l'action de l'Église », en établissant que « personne, fût-ce un prêtre, n’ajoutera, n’enlèvera, ou ne changera rien, de sa propre initiative, dans la liturgie ».

Modifier de sa propre initiative la forme de célébration d’un sacrement ne constitue donc pas un simple abus liturgique ou la transgression d’une norme positive, mais un "vulnus" (c’est-à-dire une blessure, une déchirure) « infligé à la fois à la communion ecclésiale et à la reconnaissance de l’action du Christ, ce qui, dans les cas les plus graves, rend le sacrement lui-même invalide, car la nature de l’action ministérielle est de transmettre fidèlement ce qui a été reçu ».

La responsabilité du ministre agissant au nom du Christ

Dans la célébration des sacrements l'assemblée n'agit pas « collégialement », mais « ministériellement » et le ministre « ne parle pas comme un fonctionnaire qui joue un rôle qui lui est confié, mais il agit ministériellement comme un signe-présence du Christ, qui agit dans son Corps, en donnant sa grâce », précise la note de la CDF. C’est dans cette optique qu’il faut comprendre « la règle tridentine sur la nécessité pour le ministre d'avoir au moins l'intention de faire ce que fait l'Église » : une intention qui ne peut rester « seulement sur le plan intérieur », avec le risque de subjectivisme, mais qui s'exprime aussi dans un « acte extérieur » accompli « non pas en son propre nom, mais en la personne du Christ ».

« Modifier la formule sacramentelle signifie aussi ne pas comprendre la nature même du ministère ecclésial, qui est toujours le service de Dieu et de son peuple, et non l’exercice d’un pouvoir qui va jusqu’à manipuler ce qui a été confié à l’Église par un acte qui appartient à la Tradition », avertit la note la note dans sa partie conclusive. « En tout ministre du Baptême doit donc s’enraciner non seulement la conscience de devoir agir dans la communion ecclésiale, mais aussi la conviction que saint Augustin attribue au Précurseur, qui "a appris qu’il y aurait dans le Christ une propriété telle que, malgré la multitude de ministres, saints ou pécheurs, qui baptiseraient, la sainteté du Baptême ne pourrait être attribuée qu’à celui dont descendit la colombe et dont il a été dit : “C’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint” (Jn 1, 33). Augustin commente donc : "Si Pierre baptise, c’est le Christ qui baptise; si Paul baptise, c’est le Christ qui baptise; et même si Judas baptise, c’est le Christ qui baptise" ».

Ce document est daté du 24 juin, en la fête de saint Jean-Baptiste, et le Pape l’a approuvé le 8 juin lors d’une audience au cardinal Luis Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

© Libreria Editrice Vaticana – 2020

75 ans d’Hiroshima et Nagasaki

Les paroles du pape sur les armes nucléaires

Le Pape François a plusieurs fois eu l'occasion de condamner l'usage et la détention d'armes nucléaires. Il a prononcé des paroles fortes notamment lors de son voyage au Japon qui l'avait porté à Hiroshima et Nagasaki, lieux des explosions des deux bombes atomiques lors de la Seconde Guerre mondiale. Retour sur ces prises de positions qu'il a réitérées ce jeudi.

Le 24 novembre 2019, la journée du Pape au Japon fut marquée par les explosions atomiques de 1945 sur les villes d'Hiroshima et de Nagasaki. François, priant dans ces lieux de souffrances pour les victimes passées et présentes de ces catastrophes, en profita pour condamner fermement l'usage de cette arme terrible.

« «L’utilisation de l’énergie atomique à des fins militaires est aujourd’hui plus que jamais un crime, non seulement contre l’homme et sa dignité, mais aussi contre toute possibilité d’avenir dans notre maison commune. L’utilisation de l’énergie atomique à des fins militaires est immorale de même que la possession des armes atomiques » déclara-t-il. Ce jour-là, le Saint Père alla plus loin encore que ses prédécesseurs en condamnant la possession même des armes nucléaires.

« Nous aurons à en répondre, » avait-il dit, demandant : « Comment pouvons-nous parler de paix en construisant de nouvelles et redoutables armes de guerre ? » ; « comment pouvons-nous parler de paix en justifiant certaines actions fallacieuses par des discours de discrimination et de haine ? »

Critique de la dissuasion nucléaire

Le matin même, à Nagasaki, seconde ville japonaise touchée par la bombe, le 9 août 1945, il avait rappelé que « ce lieu nous rend davantage conscients de la souffrance et de l’horreur que nous les êtres humains nous sommes capables de nous infliger. La croix bombardée et la statue de Notre-Dame, récemment découvertes dans la cathédrale de Nagasaki, nous rappellent une fois de plus l’horreur indescriptible vécue dans leur propre chair par les victimes et leurs familles », avait souligné le Pape.

François était alors revenu sur la « perverse dichotomie » que vit notre monde, celle « de vouloir défendre et garantir la stabilité et la paix sur la base d’une fausse sécurité soutenue par une mentalité de crainte et de méfiance qui finit par envenimer les relations entre les peuples et empêcher tout dialogue possible ».

Il avait remis en cause la stratégie diplomatique toujours en vigueur et sur laquelle s'est construit le monde au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. « La paix et la stabilité internationales sont incompatibles avec toute tentative de compter sur la peur de la destruction réciproque ou sur une menace d’anéantissement total ; elles ne sont possibles qu’à partir d’une éthique globale de solidarité et de coopération au service d’un avenir façonné par l’interdépendance et la coresponsabilité au sein de toute la famille humaine d’aujourd’hui et de demain ». C'était une critique en règle de la politique de dissuasion nucléaire pratiquée par les cinq membres permanents du conseil de Sécurité de l'ONU et des nouvelles puissances nucléaires.

Catéchisme de l'Église catholique

Pour bien souligner ses propos tenus au Japon, et pour leur donner tout leur poids du point de vue du magistère, le Pape avait demandé dans l'avion qui le ramenait au Vatican que « l'usage des armes nucléaires est immoral, c'est pourquoi cela doit être inscrit dans le Catéchisme de l'Église catholique, et pas uniquement l'usage, mais aussi la possession, parce qu'un accident, ou la folie d'un dirigeant, la folie d'un seul peut détruire l'humanité ».

© Libreria Editrice Vaticana – 2020

Congrégation pour le clergé

La conversion pastorale de la communauté paroissiale au service de la mission évangélisatrice de l’Église (2)

Dans l'Église, il y a de la place pour tous et chacun peut trouver sa place, en respectant la vocation de chacun : c'est là le sens de l'Instruction « La conversion pastorale de la communauté paroissiale au service de la mission évangélisatrice de l’Église », rédigée par la congrégation pour le Clergé. Le document ne contient aucune nouvelle législation, mais propose des moyens de mieux appliquer la législation actuelle, de manière à favoriser la coresponsabilité des baptisés et à promouvoir une pastorale de proximité et de coopération entre les paroisses.

VI. De la conversion des personnes à celle des structures

34. Dans ce processus de renouveau et de restructuration, la paroisse doit éviter le risque de tomber dans une organisation d’événements excessive et bureaucratique et dans une présentation de services qui se fondent sur le critère de l’auto-préservation et ne manifestent pas le dynamisme de l’évangélisation.

Avec sa parresia habituelle, le Pape François a rappelé, en citant saint Paul VI, que « l’Église doit approfondir la conscience qu’elle a d’elle-même, de méditer sur le mystère qui est le sien. […] Il y a des structures ecclésiales qui peuvent arriver à favoriser un dynamisme évangélisateur ; également, les bonnes structures sont utiles quand une vie les anime, les soutient et les évalue. Sans une vie nouvelle et un authentique esprit évangélique, sans “fidélité de l’Église à sa propre vocation”, toute nouvelle structure se corrompt en peu de temps ».

35. La conversion des structures que la paroisse doit envisager requiert “en amont” un changement de mentalité et un renouvellement intérieur, surtout chez ceux qui sont appelés à être responsables de la conduite pastorale. Pour être fidèles au mandat du Christ, les pasteurs, et de façon particulière les curés « principaux collaborateurs de l’Évêque », doivent prendre conscience avec urgence de la nécessité d’une réforme missionnaire de la pastorale.

36. Vu que la communauté chrétienne est liée à son histoire et aux réalités qui lui sont chères, les pasteurs ne doivent pas oublier que la foi du Peuple de Dieu est inséparable de la mémoire familiale et communautaire. Bien souvent, un lieu sacré évoque des moments de vie significatifs des générations passées, des figures et des événements qui ont marqué les cheminements personnels et familiaux. Afin d’éviter des traumatismes et des blessures, il importe que les processus de restructuration des communautés paroissiales et, parfois, diocésaines, soient menés avec souplesse et gradualité.

A propos de la réforme de la Curie Romaine, le Pape François a souligné que « la gradualité est le fruit du discernement indispensable qui implique processus historique, succession de temps et d’étapes, contrôle, corrections, expérimentations, approbations “ad experimentum”. Donc, dans ces cas, il ne s’agit pas d’indécision mais de la souplesse nécessaire pour pouvoir réaliser une véritable réforme ». Il s’agit d’être attentifs à ne pas “forcer le temps” en voulant conduire les réformes à terme, de manière trop précipitée et avec des critères généraux, qui obéissent à des logiques élaborées “sur table”, où sont oubliées les personnes concrètes qui habitent le territoire. De fait, chaque projet doit être pensé dans la vie réelle de la communauté et greffé sur elle sans traumatisme, avec une phase nécessaire de consultation préalable, puis une mise en œuvre progressive, enfin une phase de vérification.

37. Naturellement, ce renouvellement ne concerne pas uniquement le curé, ni ne peut être imposé d’en haut en en excluant le Peuple de Dieu. La conversion pastorale des structures implique la conscience que « le saint Peuple fidèle de Dieu est oint de la grâce de l’Esprit Saint ; par conséquent, au moment de réfléchir, de penser, d’évaluer, de discerner, nous devons être très attentifs à cette onction. Chaque fois que, comme Église, comme pasteurs, comme consacrés, nous avons oublié cette évidence, nous nous sommes trompés de route. Chaque fois que nous voulons supplanter, réduire au silence, anéantir, ignorer ou réduire à  de petites élites le Peuple de Dieu dans sa totalité et ses différences, nous bâtissons des communautés, des plans pastoraux, de élaborations théologiques, des spiritualités et des structures sans racines, sans histoire, sans visage, sans mémoire, sans corps, de fait, sans vie. Lorsque nous faisons abstraction de la vie du Peuple de Dieu, nous tombons dans la désolation et nous pervertissons la nature de l’Église ».

En ce sens, le clergé ne réalise pas seul la transformation sollicitée par l’Esprit Saint mais est engagé dans la conversion qui touche toutes les composantes du Peuple de Dieu[45]. Il convient donc de « chercher consciemment et avec lucidité des espaces de communion et de participation afin que l’Onction du Peuple de Dieu tout entier trouve ses médiations concrètes pour se manifester ».

38. Il est par conséquent évident qu’il faille dépasser autant une conception autoréférentielle de la paroisse qu’une “cléricalisation de la pastorale”. Prendre au sérieux le fait que le Peuple de Dieu « a pour condition, la dignité et la liberté des fils de Dieu, dans le cœur de qui l'Esprit Saint habite comme dans un temple »[ implique qu’il faut promouvoir des manières de faire et des modèles dans lesquels chaque baptisé, en vertu du don de l’Esprit Saint et des charismes reçus, devient acteur de l’évangélisation selon le style et les modalités d’une communion organique, autant avec les autres communautés paroissiales qu’avec la pastorale d’ensemble du diocèse. C’est bien en effet la communauté tout entière qui est le sujet responsable de la mission, du fait que l’Église ne se réduit pas à sa seule hiérarchie, mais se constitue comme Peuple de Dieu.

39. Les pasteurs ont la mission de maintenir vivante cette dynamique, afin que chaque baptisé se découvre acteur de l’évangélisation. La communauté presbytérale, attentive à rester elle-même en formation permanente, doit exercer avec sagesse l’art du discernement qui permet à la vie paroissiale de grandir et de mûrir, dans le respect des diverses vocations et des ministères. Le prêtre donc, comme membre et serviteur du Peuple de Dieu qui lui a été confié, ne peut pas se substituer à lui. La communauté paroissiale est habilitée à proposer des formes d’exercice des ministères, d’annonce de la foi et de témoignage de la charité.

40. Le rôle central de l’Esprit Saint – don gratuit du Père et du Fils à l’Église – amène à vivre profondément la dimension de la gratuité, selon l’enseignement de Jésus : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). Il a appris à ses disciples à vivre dans le service généreux, à être chacun un don pour les autres (cf. Jn 13,14-15), avec une attention préférentielle envers les pauvres. En découle, entre autre, la nécessité de ne pas “marchander” la vie sacramentelle et de ne pas donner l’impression que la célébration des sacrements – surtout l’Eucharistie – et les autres actions ministérielles puissent être l’objet de tarifications.

Le pasteur qui sert le troupeau avec une générosité gratuite, est tenu en même temps, de former les fidèles afin que chaque membre de la communauté se sente impliqué de manière responsable et directe, pour subvenir aux besoins de l’Église, à travers les diverses formes d’aide et de solidarité dont la paroisse a besoin pour accomplir son service pastoral librement et efficacement.

41. La mission à laquelle est appelée la paroisse, comme centre moteur de l’évangélisation, concerne donc tout le Peuple de Dieu dans ses diverses composantes : prêtres, diacres, consacrés et fidèles laïcs, chacun selon son charisme et les responsabilités qui lui correspondent.

VII. La paroisse et les autres répartitions internes d’un diocèse

42. La conversion pastorale de la communauté paroissiale dans un sens missionnaire prend donc forme et se réalise selon un processus graduel de renouvellement des structures où, par conséquent, la charge pastorale ou une participation à son exercice est confiée aux uns et aux autres selon des modalités diverses qui impliquent toutes les composantes du Peuple de Dieu.

43. A propos de la répartition interne du territoire diocésain, à la paroisse et aux vicariats forains, déjà prévus par le Code de Droit Canonique en vigueur, se sont ajoutées depuis quelques décennies dans le langage courant, repris par les documents du Magistère, des expressions comme “unités pastorales” et “zones pastorales”. Ces dénominations définissent de fait des formes d’organisation pastorales du diocèse, qui expriment un nouveau rapport entre les fidèles et le territoire.

44. Pour cette question des “unités” ou “zones pastorales”, personne ne doit évidemment penser que la solution aux multiples problèmes actuels se trouve en donnant tout simplement un nouveau nom à des réalités déjà existantes. Pour éviter de subir le changement dans ce processus de renouveau, bien au contraire pour le promouvoir et l’orienter, il faut trouver les structures qui permettront de revivifier dans toutes les composantes de la communauté chrétienne la commune vocation à l’évangélisation, pour une charge pastorale plus efficace du Peuple de Dieu, le “facteur clé” ne pouvant être que la proximité.

45. Dans cette perspective, la norme canonique met en relief la nécessité de délimiter des zones territoriales distinctes à l’intérieur de chaque diocèse, quitte à ce qu’elles soient ensuite regroupées en des réalités intermédiaires entre le diocèse lui-même et chaque paroisse. Par conséquent, il peut exister différents types de regroupements de paroisses qui tiennent compte de la dimension du diocèse et de sa réalité pastorale concrète.

La communion de l’Église doit être vivante et agissante au cœur de ces regroupements, avec une attention particulière à l’égard du territoire concret. C’est pourquoi, en les érigeant, il faut tenir compte, le plus possible, de l’homogénéité de la population et de ses manières de vivre, ainsi que des caractéristiques communes du territoire, de façon à faciliter la relation de proximité entre les curés et les autres agents pastoraux.

VII.a. Comment procéder à l’érection d’un regroupement de paroisses

46. Tout d’abord, avant de procéder à l’érection d’un regroupement de paroisses, l’Évêque doit nécessairement consulter à ce sujet le Conseil Presbytéral, dans le respect de la norme canonique et au nom de l’incontournable coresponsabilité ecclésiale, partagée à divers titres entre l’Évêque et les membres de ce Conseil.

47. Le regroupement de plusieurs paroisses peut se faire avant tout selon la simple forme associative, de manière à ce que les paroisses associées gardent une identité distincte.

Conformément à la norme canonique, quand on réalise n’importe quel genre de regroupement de paroisses voisines, il va de soi qu’il faille respecter les éléments essentiels du droit universel concernant la personne juridique de la paroisse. L’Évêque ne peut pas dispenser de ces droits. Pour chacune des paroisses qu’il a l’intention de supprimer, il doit donc émettre un décret spécifique comportant les motivations pertinentes.

48. A la lumière de ce qui a été exposé ci-dessus, le regroupement, de même que l’érection ou la suppression de paroisses, doit être réalisé par l’Évêque diocésain dans le respect de la norme prévue par le Droit canonique, c’est-à-dire moyennant une incorporation, selon laquelle une paroisse est absorbée par une autre en perdant son individualité originelle et la personnalité juridique ; ou bien moyennant une véritable fusion, qui donne naissance à une nouvelle et unique paroisse, ce qui implique l’extinction des paroisses préexistantes et de leur personnalité juridique ; ou, enfin, moyennant la division d’une communauté paroissiale en plusieurs paroisses autonomes, lesquelles sont créées ex novo.

En outre, la suppression de paroisse par union extinctive est légitime pour des causes qui regardent directement la paroisse en question. Ne sont pas des raisons valables, par exemple, la seule pénurie du clergé diocésain, la situation financière générale du diocèse, ou d’autres conditions propres à la communauté, dont on prévoirait un changement à brève échéance (par exemple l’importance numérique, le manque d’autonomie financière, la modification de l’aménagement urbain du territoire). Comme condition de légitimité de ce genre de mesure, il faut que les motifs présentés soient directement et organiquement liés à la communauté paroissiale et non à des considérations générales, théoriques ou “de principe”.

49. En ce qui concerne l’érection et la suppression des paroisses, il convient de rappeler que chaque décision doit être adoptée avec un décret formel, rédigé par écrit. Il faut par conséquent considérer comme non conforme à la norme canonique un acte normatif unique, un décret général ou une loi particulière qui viserait, en une unique mesure, une réorganisation générale du diocèse tout entier ou d’une de ses parties, ou encore d’un ensemble de paroisses.

50. De façon particulière, dans le cas d’une suppression de paroisse, le décret doit indiquer clairement, en faisant référence à la situation concrète, quelles sont les raisons qui ont amené l’Évêque à prendre sa décision. Ces raisons doivent donc être indiquées spécifiquement, vu qu’on ne peut se satisfaire d’une allusion générale au “bien des âmes”.

Dans l’acte selon lequel une paroisse est supprimée, l’Évêque doit également pourvoir à la dévolution de ses biens dans le respect des normes canoniques correspondantes ; à moins qu’il n’y ait de graves raisons qui s’y opposent, auquel cas il faudrait entendre le Conseil presbytéral, on doit veiller à ce que l’église de la paroisse supprimée reste ouverte aux fidèles.

51. Dans le cadre du regroupement de paroisses et de leur éventuelle suppression, il peut être parfois nécessaire de réduire une église à un usage profane non inconvenant. Cette décision revient à l’Évêque diocésain, après avoir obligatoirement consulté le Conseil presbytéral.

Habituellement, même dans ce cas, la diminution du clergé diocésain, la baisse démographique et la grave crise financière du diocèse ne sont pas des causes légitimes pour décréter une telle réduction. Si au contraire les conditions de l’édifice empêchent qu’il soit utilisé d’aucune manière pour le culte divin, ou qu’il soit réparable, on pourra procéder à sa réduction à un usage profane non inconvenant selon la norme du droit.

VII.b. Le Vicariat forain

52. Il faut rappeler avant toute chose que, « pour favoriser l'exercice de la charge pastorale par une action commune, plusieurs paroisses voisines peuvent être unies par l’Évêque diocésain dans des regroupements particuliers comme les vicariats forains » ; ceux-ci reçoivent comme appellation en divers lieux : “doyennés”, ou “archiprêtrés”, ou encore “zones pastorales” ou “préfectures”.

53. Le vicaire forain ne doit pas être nécessairement le curé d’une paroisse déterminée. Pour correspondre à la finalité pour laquelle un vicariat est érigé, sa première responsabilité est celle « de promouvoir et coordonner l'action pastorale commune dans le vicariat forain », de sorte que ce dernier ne reste pas une institution purement formelle. De plus, le vicaire forain « est tenu par l'obligation de visiter les paroisses de son district selon les directives portées par l'Évêque diocésain ». Afin qu’il puisse remplir au mieux sa fonction et pour favoriser davantage l’activité commune entre les paroisses, l’Évêque diocésain peut conférer au vicaire forain d’autres facultés qu’il considérerait opportunes en raison du contexte concret.

VII.c. L’Unité pastorale

54. Dans un but analogue, quand les circonstances le demandent, en raison de l’extension territoriale du vicariat forain ou d’un grand nombre de fidèles, lorsqu’il est nécessaire de favoriser davantage la collaboration organique entre des paroisses limitrophes, après avoir entendu le Conseil presbytéral, l’Évêque peut aussi décréter le regroupement stable et institutionnel de différentes paroisses à l’intérieur du vicariat forain, en tenant compte de quelques critères concrets.

55. Il est avant tout opportun que les regroupements (dénommés “unités pastorales”) soient délimités le plus possible de manière homogène, même du point de vue sociologique, afin qu’on puisse y réaliser une vraie pastorale d’ensemble ou intégrée, dans une perspective missionnaire.

56. De plus, chaque paroisse de ce regroupement doit être confiée à un curé ou à un groupe de prêtres in solidum, qui prennent soin de toutes les communautés paroissiales. Autrement, si l’Évêque l’estime opportun, le regroupement peut aussi être composé de plusieurs paroisses, confiées au même curé.

57. Dans tous les cas, étant donné l’attention due aux prêtres qui, bien souvent, ont exercé leur ministère de manière méritoire et qui jouissent de la reconnaissance de la communauté, étant donné également le bien des fidèles eux-mêmes qui sont liés à leurs pasteurs par l’affection et la gratitude, il est demandé qu’au moment de constituer un regroupement déterminé, l’Evêque diocésain ne décide pas, par le même décret, que dans plusieurs paroisses réunies et confiées à un seul curé, les autres curés éventuellement présents et encore en charge, soient transférés automatiquement à l’office de vicaires paroissiaux, ou relevés de fait de leur charge.

58. Dans ces cas, à moins qu’il ne s’agisse d’une nomination in solidum, il revient à l’Évêque diocésain de déterminer au cas par cas les fonctions du prêtre modérateur de ces regroupements de paroisses, ainsi que sa relation avec le doyen du vicariat forain, à l’intérieur duquel l’unité pastorale est constituée.

59. Une fois que le regroupement de paroisses – vicariat forain ou “unité pastorale” – a été érigé selon le droit, l’Évêque détermine, selon l’opportunité, si chaque paroisse qui le constitue doit avoir son propre Conseil pastoral paroissial, où s’il est préférable que cette charge soit confiée à un Conseil pastoral unique pour toutes les communautés intéressées. Quelle que soit la situation, du fait qu’elles conservent la personnalité et la capacité juridique, chaque paroisse faisant partie du regroupement doit garder son propre Conseil pour les affaires économiques.

60. Afin de favoriser une action évangélisatrice d’ensemble et un soin pastoral plus efficace, il est opportun de constituer, pour les paroisses d’un regroupement, des services pastoraux communs dans des domaines déterminés (par exemple la catéchèse, la charité, la pastorale des jeunes ou des familles), avec la participation de toutes les composantes du Peuple de Dieu, clercs, consacrés et fidèles laïcs.

VII.d. La Zone pastorale

61. Si plusieurs “unités pastorales” peuvent constituer un vicariat forain, de la même façon, surtout dans les diocèses territorialement plus étendus, plusieurs vicariats forains peuvent être réunis par l’Évêque qui aura entendu le Conseil presbytéral[79], en “districts” ou “zones pastorales”[80], sous la conduite d’un Vicaire épiscopal[81] ayant le pouvoir exécutif ordinaire pour l’administration pastorale de la zone, au nom de l’Évêque diocésain, sous son autorité et en communion avec lui, cela en plus des facultés spéciales que ce dernier voudra lui attribuer au cas par cas.

VIII. Les formes ordinaires et extraordinaires selon lesquelles on confie la charge pastorale de la communauté paroissiale

62. En premier lieu, le curé et les autres prêtres, qui sont en communion avec l’Évêque, représentent une référence fondamentale pour la communauté paroissiale, en raison de la charge de pasteur qui est la leur. En cultivant la vie commune et la fraternité sacerdotale, le curé et le presbyterium célèbrent la vie sacramentelle, pour la communauté et avec elle, et sont  appelés à organiser la paroisse de manière à ce qu’elle soit un signe efficace de communion.

63. Par rapport à la présence et à la mission des prêtres dans la communauté paroissiale, il faut faire une mention particulière de la vie commune ; même si elle ne constitue pas une obligation pour le clergé séculier, elle est recommandée par le can. 280.Il faut rappeler à ce propos la valeur fondamentale de l’esprit de communion, de la prière et de l’action pastorale commune de la part des clercs, en vue d’un témoignage effectif de fraternité sacramentelle et d’une action évangélisatrice plus efficace.

64. Quand le Presbyterium expérimente la vie communautaire, l’identité sacerdotale se fortifie, les préoccupations matérielles diminuent et la tentation de l’individualisme cède le pas à la profondeur de la relation personnelle. La prière commune, les échanges d’idées et l’étude, qui ne doivent jamais manquer dans la vie sacerdotale, peuvent constituer un grand soutien dans la formation d’une spiritualité presbytérale incarnée dans le quotidien.

Il convient en tout cas que, selon son discernement et dans la limite du possible, l’Évêque tienne compte des affinités humaine et spirituelle entre les prêtres, auxquels il désire confier une paroisse ou un regroupement de paroisses, tout en les invitant à une disponibilité généreuse dans leur nouvelle mission pastorale et à l’une ou l’autre forme de partage de vie avec les confrères.

65. Dans certains cas, surtout là où le presbytère n’est pas de tradition ou d’habitude, ou bien lorsque, pour une raison ou une autre, il n’est pas disponible comme habitation du prêtre, il peut arriver que celui-ci retourne vivre auprès de sa famille d’origine, premier lieu de formation humaine et de découverte vocationnelle.

D’un côté, cette pratique peut se révéler positive en ce qui concerne la vie quotidienne du prêtre, du fait qu’elle lui garantit un cadre domestique serein et stable, surtout quand les parents sont encore présents. Mais d’un autre côté, il faut éviter que ces relations familiales soient vécues par le prêtre comme une dépendance intérieure et une source de moindre disponibilité pour un ministère à temps plein, ou encore comme un choix qui, au lieu de la compléter, exclut la relation avec la famille presbytérale et la communauté des fidèles.

VIII.a. Le Curé

66. L’office de curé comporte la pleine charge d’âmes. En conséquence, pour qu’un fidèle soit validement nommé curé, il faut qu’il ait reçu l’Ordre du presbytérat. On exclut toute possibilité de conférer ce titre ou les fonctions qui lui appartiennent à qui serait privé de cet Ordre, même dans le cas où on manquerait de prêtres. Précisément en raison de la relation de connaissance et de proximité qui doit exister entre un pasteur et la communauté, l’office de curé ne peut pas être confié à une personne juridique. En particulier – mis à part ce qui est prévu par le can. 517, §§1-2 – l’office de curé ne peut être confié à un groupe de personnes, composé de clercs et de laïcs. Il faut par conséquent éviter les expressions comme “team responsable”, “équipe responsable”, ou d’autres semblables, qui laisseraient entendre qu’il s’agit d’un gouvernement collégial de la paroisse.

67. Du fait qu’il est le « pasteur propre de la paroisse qui lui est confiée », la représentation juridique de celle-ci revient ipso jure au curé. Il est l’administrateur responsable des biens paroissiaux, qui sont des “biens ecclésiastiques”, par conséquent soumis aux normes canoniques correspondantes.

68. Comme l’affirme le Concile Vatican II, « dans sa paroisse chaque curé doit jouir, en son office, de la stabilité que requiert le bien des âmes ». Comme principe général, il est donc demandé que le curé soit « nommé à temps indéterminé ».

L’Évêque diocésain peut toutefois nommer des curés pour un temps déterminé, si la Conférence épiscopale l’a décidé ainsi par décret. Du fait qu’il est nécessaire que le curé puisse créer un lien effectif et efficace avec la communauté qui lui est confiée, il convient que les Conférences épiscopales n’établissent pas un temps trop bref, inférieur à 5 ans, pour les nominations à temps déterminé.

69. Dans tous les cas, même s’ils sont nommés pour un “temps indéterminé” ou avant que le “temps déterminé” n’arrive à échéance, les curés doivent se montrer disponibles pour d’éventuels transferts dans une autre paroisse ou office, « si le bien des âmes ou la nécessité ou l’utilité de l’Église le requièrent ». Il faut en effet le rappeler : c’est le curé qui est au service de la paroisse, non le contraire.

70. Ordinairement, là où cela est possible, il est bon que le curé ait la charge pastorale d’une seule paroisse. « Cependant, à cause de la pénurie de prêtres ou d'autres circonstances, la charge de plusieurs paroisses voisines peut être confiée au même curé ». Par exemple, parmi les “autres circonstances”, on peut citer l’exiguïté du territoire ou de la population, ou encore la proximité des paroisses intéressées. Si l’Évêque diocésain confie plusieurs paroisses à un seul curé, il doit considérer attentivement si ce dernier pourra exercer pleinement et concrètement, comme vrai pasteur, l’office de curé de toutes les paroisses et de chacune d’elles.

71. Une fois nommé, le curé jouit du plein exercice des fonctions qui lui sont confiées, avec tous les droits et les responsabilités qui en découlent, jusqu’à ce qu’il ne cesse légitimement son office pastoral. Pour sa révocation ou son transfert avant l’échéance de son mandat, il faut observer les procédures canoniques correspondantes, que l’Église utilise pour le discernement de ce qui convient dans chaque cas concret.

72. Quand le bien des fidèles le requiert, même s’il n’existe pas d’autres causes de cessation, le curé qui a atteint ses 75 ans, doit accueillir l’invitation que l’Évêque diocésain peut lui adresser de renoncer à la paroisse. Il faut considérer la présentation de la renonciation, à 75ans, comme un devoir moral, même s’il n’est pas canonique. Elle ne fait cependant pas cesser automatiquement l’office. Elle arrive seulement quand l’Évêque diocésain a communiqué par écrit à l’intéressé l’acceptation de sa renonciation. Par ailleurs, que l’Évêque prenne en considération de manière bienveillante la renonciation présentée par un curé, même s’il le fait seulement en raison de ses 75 ans.

73. Dans tous les cas, avant d’accepter la renonciation, afin d’éviter une conception fonctionnelle du ministère, l’Évêque diocésain pèsera prudemment toutes les circonstances de la personne et du lieu, comme par exemple l’existence de raisons de santé ou de discipline, le manque de prêtres, le bien de la communauté paroissiale et d’autres éléments de ce genre. Il acceptera la renonciation s’il trouve une cause juste et proportionnée.

74. Autrement, si les conditions personnelles du prêtre le permettent et si l’opportunité pastorale le conseille, l’Évêque considérera la possibilité de lui laisser l’office de curé, éventuellement en mettant auprès de lui quelqu’un pour l’aider et en préparant la succession. En outre, « selon les cas, l’Évêque peut confier une paroisse plus petite et moins lourde à un curé qui a présenté sa renonciation », ou de toute manière lui donner une autre charge pastorale adaptée à ses possibilités concrètes, tout en invitant le prêtre à comprendre, si c’était nécessaire, qu’il ne doit en aucun cas se sentir “rétrogradé” ou “puni” en raison d’un transfert de ce genre.

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Commentaire

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

La page de l’Évangile d’aujourd’hui (Mt 14,22-33) décrit l’épisode où Jésus, après avoir prié toute la nuit sur la rive du lac de Galilée, se dirige vers la barque de ses disciples, en marchant sur les eaux. La barque se trouve au milieu du lac, bloquée par un puissant vent contraire. Lorsqu’ils voient Jésus venir en marchant sur les eaux, les disciples le prennent pour un fantôme et ils sont pris de peur. Mais il les rassure : « Ayez confiance, c’est moi, soyez sans crainte ! » (v.27). Pierre, avec son impétuosité typique, lui dit : « Seigneur, si c’est bien toi, donne-moi l’ordre de venir à toi sur les eaux » ; et Jésus l’appelle : « Viens ! » (vv.28-29). Pierre descend de la barque et il se met à marcher sur l’eau vers Jésus ; mais à cause du vent, il s’agite et il commence à couler. Alors il crie : « Seigneur, sauve-moi ! » Et Jésus lui tend la main et le saisit (vv.30-31).

Ce récit de l’Évangile contient un riche symbolisme et nous fait réfléchir sur notre foi, tant comme individus que comme communauté ecclésiale, également sur la foi de nous tous qui sommes ici aujourd’hui sur la place. La communauté, cette communauté ecclésiale, a-t-elle la foi ? Comment est la foi de chacun de nous et la foi de notre communauté ? La barque est la vie de chacun de nous, mais elle est aussi la vie de l’Église ; le vent contraire représente les difficultés et les épreuves. L’invocation de Pierre : « Seigneur, donne-moi l’ordre de venir à toi ! » et son cri : « Sauve-moi ! » ressemblent tellement à notre désir de sentir la proximité du Seigneur, mais aussi à la peur et à l’angoisse qui accompagnent les moments les plus durs de notre vie et de nos communautés, marquée par des fragilités intérieures et par des difficultés extérieures.

À Pierre, à ce moment-là, n’a pas suffi la parole sûre de Jésus, qui était comme la corde tendue à laquelle s’agripper pour affronter les eaux hostiles et turbulentes. C’est ce qui peut nous arriver à nous aussi. Quand on ne s’agrippe pas à la Parole du Seigneur, pour avoir davantage de sécurité, on consulte des horoscopes et des cartomanciens, on commence à couler. Cela veut dire que la foi n’est pas très forte. L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle que la foi dans le Seigneur et dans sa parole ne nous ouvre pas un chemin où tout est facile et tranquille, elle ne nous soustrait pas aux tempêtes de la vie. La foi nous donne la sécurité d’une Présence, la présence de Jésus, qui nous pousse à surmonter les tempêtes existentielles, la certitude d’une main qui nous saisit pour nous aider à affronter les difficultés, en nous indiquant la route même quand il fait noir. La foi, en somme, n’est pas une échappatoire aux problèmes de la vie, mais elle soutient sur le chemin et lui donne un sens.

Cet épisode est une image magnifique de la réalité de l’Église de tous les temps : une barque qui, tout au long de la traversée, doit affronter également des vents contraires et des tempêtes, qui menacent de la renverser. Ce qui la sauve, ce ne sont pas le courage et les qualités de ses hommes : la garantie contre le naufrage est la foi en Jésus et dans sa parole. Voilà la garantie : la foi en Jésus et dans sa parole. Sur cette barque, nous sommes en sécurité, en dépit de nos pauvretés et de nos faiblesses, surtout quand nous nous mettons à genoux et que nous adorons le Seigneur, comme les disciples qui, à la fin, « se prosternèrent devant lui, en disant : “Vraiment, tu es le Fils de Dieu!”» (v.33). Que c’est beau de dire à Jésus : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ». Disons-le tous ensemble, d’accord ? « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! ».

Que la Vierge Marie nous aide à demeurer bien fermes dans la foi pour résister aux tempêtes de la vie, à rester sur la barque de l’Église, en fuyant la tentation de monter sur les bateaux fascinants mais peu sûrs des idéologies, des modes et des slogans.

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