Pko 17.12.2017

Eglise cath papeete 1Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°66/2017

Dimanche 17 décembre 2017 – 3ème Dimanche de l’Avent – Année A

Humeurs…

Solidarité… les enfants nous donne une leçon

Jeudi matin, rendez-vous dans une classe de C.P. d’une école publique de Papeete. Pour la deuxième année consécutive, l’institutrice a mis en œuvre, en accord avec sa direction un projet de collecte de canettes avec ses élèves : affiches, annonces dans les autres classes, et tout un enseignement autour sur le sujet du recyclage et de la solidarité. Quelle joie de voir cet enthousiasme chez ces enfants… les trois SDF qui nous accompagnaient en furent touchés.

Un vrai rayon de soleil dans le ciel de nos frères et sœurs de la rue… alors même que d’autres, des adultes cette fois-ci, mettent toutes leurs capacités de nuisance pour mettre des bâtons dans les roues de ceux qui se veulent solidaires !

La pluie plus qu’abondante de cette fin de semaine est-elle la réponse du Seigneur à ces esprits obscurs ? N’est-il pas descendu pour « faire du ménage devant la maison qui lui est dédiée... » ?

Laissez-moi vous dire…

Se préparer à Noël   « Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison… »

La période de l’Avent est un temps d’attente et de préparation pour accueillir celui que les prophètes ont annoncé. Prendre le temps de se préparer ; vivre dans l’attente d’une rencontre ; comme la maman qui s’apprête à donner la vie. Mais savons-nous prendre le temps ?

Pendant des siècles l’humanité a vécu au rythme du lever et du coucher du soleil ; au rythme des saisons. À voir les gens de Tahiti courir dans les magasins pour y acheter : victuailles, cadeaux, décorations de Noël, on a l’impression qu’ils ont peur de manquer de temps et qu’ils risquent de « rater un rendez-vous ». Nous sommes loin des rythmes des îles, là où, comme chantait Jacques Brel : « le temps s’immobilise ». Loin du rythme des monastères où l’on s’arrête sept fois par jour pour prier en communauté.

Autrefois on se donnait rendez-vous aux Laudes, à l’Angelus ou à complies. Ce sont les Babyloniens, il y a 5 000 ans, qui divisèrent la journée en 24 périodes. Ils ne connaissaient pas le système décimal, voilà pourquoi nos heures comptent 60 minutes et nos minutes 60 secondes. En 1793, les révolutionnaires français ont bien essayé d’imposer la décimalisation de l’heure : une journée à 10 heures ; une heure de 100 minutes et une minute de 100 secondes, mais au bout de six mois la force de l’habitude a eu raison de « l’heure révolutionnaire ».

Au XIIIème siècle on invente l’horloge à pendule [on l’appellera d’ailleurs « pendule »] ; dotée d’une sonnerie on l’installe sur les clochers, ainsi villes et villages vivent au rythme des horloges.

Au XVIIème siècle, Huyghens met au point le ressort spiral, base du mécanisme des horloges « portatives » : les montres.

Il faudra attendre 1888 (en Angleterre) et 1891 (en France) pour que soit instituée l’heure légale. Avec l’arrivée du chemin de fer, il valait mieux que l’heure soit la même à Strasbourg, Paris ou Brest ! Ainsi une nouvelle ère est née : « Times is money ». Platon l’avait déjà pressenti : « Pour la fine fleur de l’humanité, le temps est un ennemi et son souci premier est de le tuer ; mais pour les autres, temps et argent sont pratiquement synonymes ».

Et aujourd’hui, savons-nous prendre un peu de temps pour nous arrêter, faire le point sur nos pratiques quotidiennes, notre manière de vivre en famille, en société ? S’arrêter comme Lamartine le chantait si bien : « Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours ! » (Le Lac)

Les frères de Ploërmel, à Tahiti, ont pris cette habitude de s’arrêter chaque année pour entrer en retraite du 25 au 31 décembre. C’est une manière de répondre à l’appel de Jésus : « Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison… » (Marc 13, 35)

Bonne préparation à Noël à toutes et tous.

Dominique Soupé

Suggestion pratique : Le monastère Sainte Claire à Outumaoro est un lieu propice pour prendre un temps de réflexion seul(e) ou en couple. En plus l’accueil des Sœurs Clarisses y est très chaleureux … qu’on se le dise …

© Cathédrale de Papeete - 2017

En marge de l’actualité…

C’est Noël chaque jour

Glané dans le journal « la Dépêche » du lundi 11 décembre : venue à l’hôpital du Taaone des musiciens du Conservatoire pour un concert de Noël destiné à permettre aux malades d’oublier un moment leur souffrance et leur donner ainsi un peu de bonheur… Noël pour les enfants défavorisés dans les jardins de Paofai avec remise de cadeaux, avec le concours d’entreprises privées et d’institutions… sans parler du Téléthon qui mobilisa entre autre marcheurs, associations philanthropiques, écoles de voile, jeunes sapeurs-pompiers et bien d’autres bénévoles… sans parler des nombreux sapins de Noël à venir, organisés ici ou là sur le territoire, en faveur des enfants et des plus défavorisés… Alors que l’actualité charrie chaque jour son lot d’événements incitant à la morosité ou au pessimisme, sachons reconnaître ces signes de partage et de solidarité qui nous invitent à croire en ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans le cœur de la personne humaine. N’est-ce pas ce à quoi nous invite l’esprit de Noël qui nous rappelle que si parfois, nous doutons de l’humanité, Dieu nous invite à croire en nous ! Pour preuve, il nous donne son Fils pour nous dire combien il aime ce monde malgré ses faiblesses… et quelle dignité il accorde aux Hommes puisque son Fils devient l’un d’eux ! Celui dont nous allons bientôt fêter la naissance vient comme un nouveau-né réveiller en chacun ce qu’il a de meilleur, car sa faiblesse et sa vulnérabilité de nouveau-né ne peuvent que susciter en nous des pensées d’amour et de tendresse, parfois tellement enfouies dans notre cœur que nous n’osons même pas en soupçonner la présence ou imaginer.

Cette lumière qui luit dans les ténèbres, il nous appartient de l’entretenir, de la célébrer, certes, mais aussi de la partager. Le temps de l’Avent nous invite ainsi à retrousser nos manches, à raviver notre désir d’accueillir celui qui vient, en réveillant le meilleur de nous-mêmes, en partageant avec nos frères et sœurs qui ont besoin d’aide et de soutien, de partage, d’accueil et d’écoute. Ce sera une belle façon de nous préparer à accueillir l’enfant de Noël. Car, comme le dit un chant de Noël : « C’est Noël chaque jour… car Noël, c’est l’amour »

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

© Archidiocèse de Papeete - 2017

Audience générale…

Les vertus du repos dominical

Pourquoi aller à la messe ? Le Pape François a répondu en détail à cette question lors de l’audience générale du 13 décembre, poursuivant sa série de catéchèses sur la messe, et s’arrêtant sur l’importance de s’y rendre chaque dimanche. Le Pape en a aussi profité pour louer les vertus du repos dominical.

Reprenant notre chemin de catéchèses sur la messe, aujourd’hui nous nous demandons : pourquoi aller à la messe le dimanche ?

La célébration dominicale de l’Eucharistie est au centre de la vie de l’Église (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n.2177). Nous, les chrétiens, nous allons à la messe le dimanche pour rencontrer le Seigneur ressuscité ou, mieux, pour nous laisser rencontrer par lui, écouter sa parole, nous nourrir à son repas et ainsi devenir l’Église, c’est-à-dire son Corps mystique vivant dans le monde.

Dès la première heure, les disciples de Jésus l’ont compris, eux qui ont célébré la rencontre eucharistique avec le Seigneur le jour de la semaine que les juifs appelaient « le premier de la semaine » et les Romains « jour du soleil » parce que, ce jour-là, Jésus était ressuscité des morts et était apparu aux disciples, parlant avec eux, mangeant avec eux et leur donnant l’Esprit Saint (cf. Mt 28,1 ; Mc16,9.14 ; Lc 24,1.13 ; Jn 20,1.19), comme nous l’avons entendu dans la lecture biblique. La grande effusion de l’Esprit à la Pentecôte s’est aussi produite un dimanche, le cinquantième jour après la résurrection de Jésus. Pour ces raisons, le dimanche est un jour saint pour nous, sanctifié par la célébration eucharistique, présence vivante du Seigneur parmi nous et pour nous. C’est donc la messe qui fait que le dimanche est chrétien ! Le dimanche chrétien tourne autour de la messe. Quel est, pour un chrétien, un dimanche où il manque la rencontre avec le Seigneur ?

Il y a des communautés chrétiennes qui, malheureusement, ne peuvent pas participer à la messe tous les dimanches et elles aussi, toutefois, sont appelées en ce jour saint à se recueillir dans la prière au nom du Seigneur, écoutant la Parole de Dieu et gardant un vif désir de l’Eucharistie.

Certaines sociétés sécularisées ont perdu le sens chrétien du dimanche éclairé par l’Eucharistie. C’est dommage, cela ! Dans ces contextes, il est nécessaire de raviver cette conscience, pour retrouver la signification de la fête, la signification de la joie, de la communauté paroissiale, de la solidarité, du repos qui restaure l’âme et le corps (cf. Catéchisme de l’Église catholique, nn.2177-2188). L’Eucharistie est pour nous la maîtresse de toutes ces valeurs, dimanche après dimanche. C’est pourquoi le Concile Vatican II a voulu redire que « le dimanche est le jour de fête primordial, qui doit être proposé et inculqué à la piété des fidèles, de sorte qu’il devienne aussi un jour de joie et d’abstention du travail » (Const. Sacrosanctum Concilium, 106).

L’abstention dominicale du travail n’existait pas dans les premiers siècles : c’est un apport spécifique du christianisme. Par tradition biblique, les juifs se reposent le samedi alors que, dans la société romaine, il n’était pas prévu un jour de la semaine d’abstention des travaux serviles. C’est le sens chrétien de notre vie comme fils et non comme esclaves, animé par l’Eucharistie, qui fait du dimanche – presque universellement – le jour du repos.

Sans le Christ, nous sommes condamnés à être dominés par la fatigue du quotidien, avec ses préoccupations, et par la peur du lendemain. La rencontre dominicale avec le Seigneur nous donne la force de vivre l’aujourd’hui avec confiance et courage et d’avancer avec espérance. C’est pourquoi nous, les chrétiens, nous allons rencontrer le Seigneur le dimanche, dans la célébration eucharistique.

La communion eucharistique avec Jésus, ressuscité et vivant pour l’éternité, anticipe le dimanche sans couchant, quand il n’y aura plus ni fatigue ni douleur ni larmes, mais seulement la joie de vivre pleinement et pour toujours avec le Christ. La messe du dimanche nous parle aussi de ce bienheureux repos, nous enseignant, au fur et à mesure de la semaine, à nous confier dans les mains du Père qui est aux cieux.

Que pouvons-nous répondre à ceux qui disent que cela ne sert à rien d’aller à la messe, même le dimanche, parce que l’important est de vivre bien et d’aimer son prochain ? C’est vrai que la qualité de la vie chrétienne se mesure à la capacité d’aimer, comme l’a dit Jésus : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13,35) ; mais comment pouvons-nous pratiquer l’Évangile sans puiser l’énergie nécessaire pour le faire, un dimanche après l’autre, à la source inépuisable de l’Eucharistie ? Nous n’allons pas à la messe pour donner quelque chose à Dieu, mais pour recevoir de lui ce dont nous avons vraiment besoin. La prière de l’Église, qui s’adresse ainsi à Dieu, le rappelle : « Tu n’as pas besoin de notre louange, mais par un don de ton amour tu nous appelle à te rendre grâce ; nos hymnes de bénédiction n’accroissent pas ta grandeur mais nous obtiennent la grâce qui nous sauve » (Missel romain, préface commune IV).

En conclusion, pourquoi aller à la messe le dimanche ? Il ne suffit pas de répondre que c’est un précepte de l’Église ; cela aide à en conserver la valeur, mais tout seul, cela ne suffit pas. Nous, les chrétiens, nous avons besoin de participer à la messe dominicale parce que c’est seulement avec la grâce de Jésus, avec sa présence vivante en nous et parmi nous, que nous pouvons mettre en pratique son commandement, et ainsi être ses témoins crédibles.

© Libreria Editrice Vatican - 2017

Croire…

Avent : qu’attendons-nous ?

Nous sommes dans le temps de l'Avent, marqué par la figure de Marie qui attend son enfant. Mais nous, qu'attendons-nous ? La réflexion du F. Patrick Prétot, bénédictin.

L'Avent est un temps d'attente, et c'est pourquoi on peut considérer ce temps liturgique comme un temps de gestation. Mais ce temps est marqué par la figure de Marie, la femme qui attend la naissance de Jésus : or la Tradition voit dans la personne de Marie en attente de la naissance de Jésus, une figure de l’Église qui attend la réalisation des promesses.

C'est ce qui peut nous inviter à considérer l’Église comme un corps en gestation. Qu'est-ce que l’Église attend vraiment ? Ici il faut ajouter aussitôt, qu'en parlant de l’Église, on considère non pas une institution extérieure, sociale et politique, comme on parlerait d'un syndicat, d'un parti politique, ou d'une région, mais l'ensemble des chrétiens, et donc nous-mêmes, chacun comme membres du corps.

L'attente de la naissance du Seigneur

La phrase qui va guider cette réflexion est une parole du Magnificat dont la traduction liturgique (Luc 1, 38) est : Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole ». Alors l'ange la quitta. L'Avent est un temps, où, pour une part, mais pour une part seulement, l’Église fait mémoire de l'attente de la naissance du Sauveur dans la chair. En effet, c'est un aspect de l'Avent, d'être un temps de préparation à Noël.

Et en parlant ainsi, je pense que pour beaucoup de chrétiens, Noël est perçu d'abord comme la fête de la naissance de Jésus à Bethléem, même si la date du 25 décembre n'est pas forcément la date anniversaire de l'événement historique de la naissance de Jésus.

Or le cycle Avent-Noël-Épiphanie est moins la mémoire de la naissance de Jésus qu'une grande célébration de la manifestation du Seigneur. Le mot Épiphanie renvoie à celui de manifestation. Mais qu'est-ce qui se manifeste au juste ?

Dieu se rend visible à nos yeux

Dieu l'invisible, l'éternel, celui qui peut dire en toute vérité « je suis Dieu, et non pas homme » se fait homme parmi les hommes, l'un d'entre nous. Il entre dans notre histoire et fait donc de l'histoire humaine un temps de gestation. C'est pourquoi l'Avent nous rappelle que le temps que nous vivons, depuis la naissance du Christ à Bethléem, mais surtout depuis sa mort et sa résurrection, est un temps de gestation.

Il faut donc avoir présent à l'esprit que dans le plan de Dieu, c'est toute l'histoire du Salut, l'aventure de Dieu avec les hommes, qui est un temps de gestation. En effet, la phrase "Je suis Dieu, et non pas homme" (un texte qui est lu pour la fête du Sacré-Cœur) doit être mise dans son contexte. « Je n'agirai pas selon l'ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer » (Osée 11,9). La venue de Dieu parmi les hommes est une histoire de salut. Dieu au milieu de nous est une bonne nouvelle et non le signal d'un danger.

On comprend alors que durant le temps de Noël, plus précisément le 27 décembre, le jour où l’Église fait mémoire de l'apôtre Jean, la liturgie fera résonner le début de la première lettre de saint Jean : « Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c'est le Verbe, la Parole de la vie. Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons contemplée, et nous portons témoignage : nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et nous, nous sommes en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus-Christ. Et c'est nous qui écrivons cela, afin que nous ayons la plénitude de la joie » (1 Jean 1, 1-4).

Un temps de joie

L'Avent et Noël font donc mémoire de la manifestation de Dieu dans l'histoire des hommes et c'est pourquoi effectivement, il est juste de parler de ce temps comme un temps de joie. Mais la joie ne vient pas tellement de la naissance de l'enfant, que de ce qu'elle signifie : Dieu avec nous, comme on l'entendra le 4e dimanche de l'Avent pendant la lecture de la prophétie d'Isaïe 7. Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, (c'est-à-dire : Dieu-avec-nous) (Isaïe 7,14).

Première conséquence pour notre réflexion : si l’Église est en gestation, c'est d'abord parce que Dieu est venu à la rencontre de l'humanité. Depuis que Dieu est entré dans l'histoire des hommes - et c'est le sens des alliances de l'Ancien Testament, avec Abraham, avec Moïse, et surtout depuis que Dieu, en Jésus de Nazareth, s'est manifesté dans la chair - le monde est en gestation. Et qu'est-ce qui est en train de naître ? La joie d'une rencontre, la joie de Dieu qui découvre en Jésus l'humanité accomplie, la joie de l'homme qui découvre en Jésus la promesse que Dieu lui faite.

Dire que l’Église est en gestation, c'est donc en fait se laisser décentrer en tournant nos regards vers Dieu qui est venu à la rencontre de l'humanité. S'il peut y avoir gestation, c'est parce que Dieu prend l'initiative, que dans sa miséricorde, il a décidé de faire alliance. Mais là encore, il ne faut pas réduire le temps de l'Avent à cet aspect seulement.

La venue du Christ à la fin des temps

En réalité, le temps de l'Avent est moins un temps où l'on fait mémoire de la naissance de Jésus dans la chair, qu'un temps où l’Église oriente nos regards vers la venue du Christ à la fin des temps. Adventus en latin signifie venue, mais une venue dont la naissance à Bethléem était la première réalisation, qui surtout annonçait la venue plénière à la fin des temps.

Dans un texte célèbre - le cinquième sermon pour l'Avent - un texte qui est lu à l'office durant ce temps de l'Avent, saint Bernard explique qu'il n'y a pas une seule venue, celle de Jésus, qui vient au monde après avoir été porté par Marie en son sein durant neuf mois, mais trois venues que l'on décline comme le tiercé dans le désordre : 1, 3 et enfin 2.

La première, c'est donc la naissance de Jésus à Bethléem il y a un peu plus de 2000 ans. Dieu s'est fait homme parmi les hommes. La troisième venue, c'est l'attente du retour du Christ dans la gloire. Nous le chantons au cœur de l'Eucharistie : « nous attendons ta venue dans la gloire ».

La gestation dont nous faisons mémoire durant l'Avent, ce n'est pas seulement celle de Marie, mais celle du Royaume. On sait que dans l’Évangile, Jésus parle du Royaume de Dieu avec des images, la graine de moutarde, la levure qui fait lever la pâte : des images qui disent la gestation du Royaume. Si l'on peut dire que l’Église est en gestation, c'est parce qu'elle attend et prépare le Royaume dont elle est déjà une certaine réalisation.

C'est pour cela que la fin de l'année liturgique rejoint le début. Ce que nous avons célébré le premier dimanche de l'Avent et ce que nous avons célébré lors de la fête du Christ Roi de l'univers, se rejoignent intimement : l’Église attend la réalisation du Royaume de justice et de paix inauguré par la Pâque du Christ.

Rester dans la vigilance

Mais entre la première et la troisième venue, il y en a une deuxième. Et ce temps intermédiaire, c'est aujourd'hui. Chaque jour, le Seigneur vient, si nous l'accueillons. Et c'est pourquoi, le premier dimanche de l'Avent est placé sous le signe de la vigilance : la vigilance, c'est la vertu par excellence d'une Église en gestation. Un chant (tropaire) pour la fête du Christ Roi peut nous aider à comprendre ce temps de veille.

Amour qui nous attends,

au terme de l'histoire,

ton Royaume s'ébauche,

à l'ombre de la croix ;

déjà sa lumière,

traverse nos vies.

Jésus, Seigneur, hâte le temps.

Reviens, achève ton œuvre !

Quand verrons-nous ta gloire transformer l'univers ?

Jusqu'à ce jour, nous le savons,

la création gémit en travail d'enfantement.

Nous attendons les cieux nouveaux

la terre nouvelle,

où régnera la justice.

Nous cheminons dans la foi,

non dans la claire vision,

jusqu'à l'heure de ton retour."

CFC (s. Marie-Claire)

On peut encore ajouter ici que les biblistes soulignent qu'en hébreu, la racine (ChaQaD) renvoie à la fois au verbe « veiller » et à un arbre, l'amandier. On trouve notamment ce rapprochement au premier chapitre du livre du prophète Jérémie : « La parole du Seigneur me parvint : Que vois-tu, Jérémie ? Je répondis : je vois une branche d'amandier. Tu as bien vu ; car je veille sur ma parole pour l'accomplir ». (Jérémie 1, 11-12)

L'amandier est le premier arbre à se mettre à fleurir. Le veilleur, c'est donc celui qui annonce le printemps. C'est celui qui attend, dans la confiance aimante, que la vie refleurisse. C'est aussi celui qui à force d'attente, d'attention, devient capable de discerner les signes de la vie et de la lumière au cœur de l'hiver, du froid et de la nuit.

F. Patrick Prétot, osb

© Croire - 2017

Les arbres dans la Bible…

Des arbres de la promesse à l’Arbre de la vie

Une réunion familiale des arbres vus au long de la série « Les Arbres de la Bible » : cet article nous fait passer des symboles de la Terre promise à la Sagesse de marcher avec Dieu, représentée par l'Arbre de vie.

Dans le monde des arbres, selon l’acception commune, deux groupes principaux occupent le terrain : celui des arbres au bois de qualité ou aux troncs élevés, destinés à l’édification de maisons, de charpentes, à la confection d’ouvrages de marqueterie, d’ustensiles pour les soins domestiques ; et celui des arbres familiers, cultivés surtout pour leurs fruits, pour adoucir la vie quotidienne des humains.

Dans la Bible hébraïque, « les arbres de la promesse » ornent le cadre de la vie heureuse espérée en Terre promise

Cette distinction courante entre les arbres est reprise par les auteurs sacrés :

  • certaines essences sont employées dans les métiers du bois en raison de leurs caractéristiques spécifiques (solidité, imputrescibilité, souplesse, senteurs…), comme les cèdres, chênes, sycomores, cyprès, etc. : elles ont servi à la construction de l’arche de Noé, de l’Arche d’Alliance, à l’édification du temple de Jérusalem…
  • quant aux arbres fruitiers, les plus souvent cités dans les Écritures sont le figuier, l’olivier, le grenadier, la vigne. Pourquoi ceux-ci ? En raison de leur fécondité. Mais aussi parce que ce sont « les arbres de la promesse » : le peuple hébreu a fait la dure expérience de l’existence nomade et de la captivité en Égypte. Dieu l’en libère et promet de faire de son désert un Éden, et de sa steppe un jardin de Yahvé. Grâce à l'Exode, le rêve devient réalité dans l'imaginaire du peuple : Yahvé ton Dieu te conduit vers un heureux pays, pays de cours d'eau, de sources qui sourdent de l'abîme dans les vallées comme dans les montagnes, pays de froment et d'orge, de vigne, de figuiers et de grenadiers, pays d'oliviers, d'huile et de miel, pays où le pain ne te sera pas mesuré et où tu ne manqueras de rien. Comment, alors, ne pas espérer en ce que l’amour de Dieu allait réaliser pour ses enfants, après quarante ans d’errance, dès le franchissement du Jourdain ?

Aux yeux des Hébreux, ces arbres de choix symbolisaient la Terre promise et le bonheur de vivre libres en présence de Dieu. D’ailleurs, la parabole des arbres qui cherchent l’un d’entre eux pour les gouverner ne s’y trompe pas : l’olivier, le figuier, la vigne sont des références de qualité dans ce nouvel état de vie du Peuple élu en Palestine. Et, de son côté, le grenadier représente, par les grains de son fruit réunis sous une enveloppe protectrice, la communauté des enfants d’Israël protégée par la bienveillance paternelle de Dieu.

En effet, à la haute époque, l’intérêt de l’existence portait surtout sur ses aspects immédiats et sensibles : non seulement la possession d’une terre fertile, mais aussi la durée de vie, une descendance nombreuse :

  • l’âge élevé des hommes d’alors, comme le montre le chapitre 5 de la Genèse au sujet des patriarches, a une valeur symbolique, non mathématique : on remarque que celui-ci décroît au fur et à mesure que l’humanité s’éloigne des origines de la vie, c’est-à-dire de Dieu, et que croît la présence du mal dans le monde : La crainte de Yahvé prolonge les jours, les années des méchants seront abrégées.
  • l’insistance sur la postérité ressort notamment de la promesse, maintes fois renouvelée, de Yahvé à Abraham, de la lui donner aussi nombreuse que les grains de poussière de la terre, que les étoiles du ciel, que le sable qui est sur le bord de la mer…, au point que cet aspect s’incarne dans le nom que Dieu lui attribue et qui signifie père d’une multitude de peuples.

Tels étaient les critères de la réussite d’une vie bien remplie : la Bible hébraïque l’exprimait au fil de ses pages. Mais la considération de l’au-delà et la rétribution de chacun selon sa conduite demeuraient floues : Dieu récompensait l’homme de bien durant le temps de sa vie sur terre. Après leur décès, qu’ils soient justes ou pécheurs, tous descendaient au Shéol, séjour des morts, où ils vivaient d’une vie végétative et presque éteinte. Dans cette demeure souterraine, étendus dans le calme, ils se reposaient des souffrances endurées « à la surface », dans un sommeil proche du non-être.

Des arbres de la promesse à l’arbre de vie dans la littérature sapientielle

Au début du VIe siècle avant notre ère, Jérusalem fut conquise par les troupes de Nabucodonosor. Le royaume de Juda fut rayé de la carte, son Temple détruit ; ses habitants durent s’exiler. Ce fut pour eux un séisme psychique, plus encore que physique : chassés de leurs maisons, emmenés en esclavage à l’étranger, dépossédés de tout, ils vivaient désormais au milieu d’une population païenne et n’avaient plus de lieu de culte : le cadre de leurs rapports avec Dieu avait disparu. Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée, nous avions suspendu nos harpes. Au cours de la déportation, leur relation à Dieu s’intériorisa et s’approfondit. Ce fut une renaissance de la culture juive : les exilés réalisèrent la valeur de ce qu’ils avaient perdu et se souvinrent qu’ils étaient « le peuple élu ». Les prêtres déportés eurent à maintenir sa foi dans un contexte polythéiste et de croyances mythiques. Aussi est-ce pendant cette période que plusieurs livres de l’Ancien Testament furent édités dans leur forme finale.

De retour de captivité après l’édit de Cyrus, les hagiographes infléchissent de façon significative dans la littérature sapientielle les composantes de la réussite et du bonheur : ils n’insistent plus tant sur la terre, les années, la postérité, que sur une qualité personnelle de vie, celle qui consiste à marcher avec Dieu, c’est-à-dire :

  • ajuster sa vie aux desseins de Dieu, comme Hénok, Noé, Abraham, Isaac ou Jacob ;
  • laisser son intelligence être éclairée par l’en Haut pour mener une vie bonne et juste : autrement dit, prendre en considération ses sentences pleines de sens pour accéder à la sagesse.

Le chapitre 3 du livre des Proverbes est déterminant car il indique les bienfaits que la sagesse apporte à l’homme :

  • sa possession vaut mieux que possession d’argent et son revenu est meilleur que l’or (…) Dans sa droite, longueur de jours, dans sa gauche, richesse et gloire : elle est donc préférable à tout bien sur la terre puisqu’elle procure à la fois une longue vie, ce qui était considéré alors comme une bénédiction divine, mais aussi richesse et gloire.
  • c’est dans ce contexte qu’elle est assimilée à un arbre de vie ses voies sont délicieuses et ses sentiers paisibles. L’arbre de vie, c’est elle pour ceux qui la saisissent, et bienheureux ceux qui la tiennent.
  • elle est, en quelque sorte, une participation à la sagesse créatrice de Dieu : le Seigneur a fondé la terre par la sagesse, affermissant les cieux par la raison. La création manifeste la sagesse divine, « non de vive voix, mais par ses créatures ». Elles conduisent à lui et l’homme participe de ce savoir divin en percevant l’ordre que la sagesse imprime dans le monde.
  • parce qu’elle mène à Dieu, la sagesse permet d’échapper au Shéol, au royaume des morts, pour ressusciter parmi les justes aux temps derniers. Cette espérance en une vie post mortem n’apparait clairement qu’à l’époque hellénistique, autour du IIIe siècle av. JC, dans le judaïsme.
  • parce qu’elle conduit à la fois au chemin de la vie bonne et heureuse, et à la vie éternelle, elle est véritablement un arbre de vie, semblable à celui qui se trouvait dans le jardin d’Éden. Mais ce n’est pas un arbre concret. C’est un arbre symbolique. Il désigne la sagesse.

Les Pères de l’Église font le lien entre l’arbre de vie et l’arbre de la croix

Dans l’optique de l’intériorisation des composantes du Salut, le Messie apporte, par sa mort en croix, une nouvelle dimension au symbolisme de l’arbre de vie :

  • Il a payé pour nous libérer de la malédiction de la loi, en devenant lui-même malédiction pour nous, puisqu’il est écrit : « Maudit quiconque est pendu au bois » ! La croix était une malédiction selon la Torah. Un messie crucifié n’était donc pas envisageable pour les Juifs. D’autant que le courant culturel de l’époque prônait l’avènement d’un nouveau David.
  • Mais le Christ a traversé cette malédiction en faisant exploser les anciennes catégories mentales, afin que la loi soit dépassée au profit de la foi et que le Salut devienne accessible à tous, y compris aux païens.

Voilà jetées les bases d’une interprétation « positive » de la croix. Et, chez les Pères, celle-ci rejoint l’image de l’arbre. Dès lors, l’arbre du jardin d’Éden qui avait été objet de chute devient l’arbre de la croix par lequel nous vient le Salut : s’il n’y avait pas eu la croix, le Christ n’aurait pas été crucifié…, les sources de l’immortalité n’auraient pas jailli de son côté…, nous n’aurions pas reçu la liberté, nous n’aurions pas profité de l’arbre de vie, le paradis ne se serait pas ouvert. La liturgie de la fête de l’exaltation de la sainte Croix se fait l’écho de cette perspective révolutionnaire : Apre surgeon du jardin d’agonie, arbre sans rameau en qui tout porte fruit, Croix de Jésus-Christ (…), tu es le mémorial de notre avenir (…), tu traces la voie de Dieu dans l’homme. Saint Irénée reprend cette idée du « Christ-Croix » dont l’Incarnation restaure le genre humain et refait l’unité de la Création : Il fallait que le Fils de Dieu, en devenant visible, se montre au grand jour comme imprimé en forme de croix dans l’univers. De cette façon, par sa place visible d’homme cloué sur une croix, il a révélé son action sur le monde invisible.

Ainsi, de la Bible hébraïque aux Livres sapientiaux, la perspective s’enrichit : c’est la vraie sagesse – don de Dieu ‒ qui apporte le bonheur aux humains, non pas tant les biens matériels reçus dans cette vie ; de même, il n’y a pas de rétribution matérielle après la mort : celle-ci concrétise la confiance placée dans la bienveillance du Seigneur pour ceux qui le respectent et s’efforcent de coopérer à ses desseins de Salut. Sous ce rapport, les arbres emblématiques de la Terre promise, les arbres de la promesse qui balisaient le décor d’une vie heureuse, s’effacent devant l’arbre symbole de la sagesse qui donne accès de plain-pied à la félicité, devant l’arbre de la croix qui porte la Sagesse incréée et récapitule toute la symbolique de l’arbre telle qu’on la trouve dans la Bible : l’arbre de Vie qui, de la Genèse à l’Apocalypse, encadre la destinée de l’homme sur terre comme sémaphore de l’Alpa et de l’Oméga, le Christ Lumière du monde.

Bertrand Cauvin, expert forestier

Abbé Patrick Pégourier

© Croire - 2017

Commentaire des lectures du dimanche

L’Église, ce dimanche, anticipe un peu la joie de Noël et c’est pour cela qu’il s’appelle « dimanche de la joie ». En cette période, temps de préparation à Noël, pour la Messe, nous revêtons des parements sombres, mais aujourd’hui ils sont roses, parce que la joie de Noël fleurit. Et la joie de Noël est une joie spéciale ; mais c’est une joie qui n’est pas seulement pour le jour de Noël, elle est pour toute la vie du chrétien. C’est une joie sereine, tranquille, une joie qui accompagne toujours le chrétien. Même dans les moments difficiles, cette joie devient paix. Le chrétien ne perd jamais la paix, quand il est un véritable chrétien, même dans les souffrances. Cette paix est un don du Seigneur. La joie chrétienne est un don du Seigneur. « Ah Père, nous faisons un bon repas, nous sommes tous contents ». C’est beau, c’est bien de faire un bon repas ; mais ce n’est pas la joie chrétienne dont nous parlons aujourd’hui, la joie chrétienne est une autre chose. Elle nous conduit également à faire la fête, c’est vrai, mais c’est une autre chose. Et pour cela, l’Eglise veut faire comprendre ce qu’est cette joie chrétienne.

L’apôtre saint Paul dit aux Thessaloniciens : « Frères, soyez toujours joyeux ». Et comment puis-je être joyeux ? Il dit : « Priez, sans arrêt, rendez grâce en toute chose ». La joie chrétienne se trouve dans la prière, elle vient de la prière et également de l’action de grâce à Dieu : « Merci, Seigneur, pour toutes ces belles choses ! ». Mais il y a des personnes qui ne savent pas rendre grâce à Dieu : elles cherchent toujours quelque raison de se plaindre. Je connaissais une religieuse — loin d’ici ! — cette religieuse était bonne, elle travaillait... mais sa vie consistait à se plaindre, se plaindre de tant de choses qui arrivaient... Dans le couvent, on l’appelait « Sœur lamentation », ça se comprend. Mais un chrétien ne peut pas vivre ainsi, en cherchant toujours à se lamenter : « Celui-ci a quelque chose que je n’ai pas, celui-là... As-tu vu ce qui est arrivé ?... ». Cela n’est pas chrétien ! Et cela fait mal de trouver des chrétiens avec le visage amer, avec le visage inquiet de l’amertume, qui n’est pas en paix. Jamais, jamais un saint ou une sainte n’a eu un visage d’enterrement, jamais ! Les saints ont toujours le visage de la joie. Ou tout au moins, dans les souffrances, le visage de la paix. La plus grande souffrance, le martyre de Jésus : Lui avait ce visage de paix et se préoccupait pour les autres : pour sa mère, pour Jean, pour le larron... Il se préoccupait pour les autres.

Pour avoir cette joie chrétienne, d’abord, il faut prier ; deuxièmement, rendre grâce. Et comment est-ce que je fais pour rendre grâce ? Souviens-toi de ta vie, et pense à tant de bonnes choses que la vie t’a données : tant. « Mais Père, c’est vrai, mais moi j’ai reçu beaucoup de mauvaises choses ! ». — « Oui, c’est vrai, cela arrive à tous. Mais pense aux bonnes choses » — « Moi j’ai eu une famille chrétienne, des parents chrétiens, grâce à Dieu j’ai un travail, ma famille ne souffre pas de la faim, nous sommes tous en bonne santé... ». Je ne sais pas, tant de choses, et rendre grâce au Seigneur pour cela. Et cela nous habitue à la joie. Prier, rendre grâce...

Puis, la première Lecture nous suggère une autre dimension qui nous aidera à avoir la joie : c’est apporter aux autres la bonne nouvelle. Nous sommes chrétiens. « Chrétiens » vient de « Christ » et « Christ » signifie « oint ». Et nous sommes « oints » : l’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Nous sommes oints : chrétiens veut dire « oints ». Et pourquoi sommes-nous oints ? Pour quoi faire ? « Il m’a envoyé apporter la bonne nouvelle » à qui ? « Aux pauvres », « panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la libération et aux prisonniers la délivrance, à proclamer une année de grâce de la part du Seigneur » (cf. Is 61,1-2). Telle est la vocation du Christ et également la vocation des chrétiens. Aller vers les autres, vers ceux qui sont dans le besoin, le besoin tant matériel que spirituel... Tant de gens qui sont préoccupés par les problèmes de famille... Apporter la paix là, apporter l’onction de Jésus, l’huile de Jésus qui fait tant de bien et réconforte les âmes.

Donc, pour avoir cette joie dans la préparation de Noël, il faut d’abord prier : « Seigneur, que je vive ce Noël avec la vraie joie ». Non pas avec la joie du consumisme qui nous conduit au 24 décembre tous angoissés, parce que « ah, il me manque ceci, il me manque cela... ». Non, cela n’est pas la joie de Dieu. Prier. Deuxièmement : rendre grâce au Seigneur pour les bonnes choses qu’il nous a données. Troisièmement, penser comment je peux aller vers les autres, vers ceux qui ont des difficultés, des problèmes — pensons aux malades, à tant de problèmes — pour apporter un peu d’onction, de paix, de joie. Telle est la joie du chrétien ; d’accord ? Il manque à peine 15 jours, un peu moins : 13 jours. Pendant ces jours, prions. Mais n’oubliez pas : prions en demandant la joie de Noël. Rendons grâce à Dieu pour tant de choses qu’il nous a données, avant tout la foi. C’est une grande grâce. Troisièmement, pensons où je peux aller apporter un peu de soulagement, de paix, à ceux qui souffrent. Prière, action de grâce et aide aux autres. Et ainsi, nous arriverons au Noël de l’Oint, du Christ, oints de grâce, de prière, d’action de grâce et d’aide aux autres.

Que la Vierge nous accompagne sur ce chemin vers Noël. Mais avec la joie, la joie !

© Libreria Editrice Vaticana - 2014