Pko 18.02.2018

Eglise cath papeete 1Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°11/2018

Dimanche 18 février 2018 – 1er Dimanche du temps de Carême – Année B

Humeurs…

  Au revoir Amos !

Un de nos plus anciens de la rue nous a quittés dimanche dernier à l’hôpital du Taaone. Amos fut l’un de nos premiers accueillis… un caractère pas toujours facile mais un cœur en or !

Venant occasionnellement solliciter pour lui-même… il était l’ardent défenseur de ses amis de la rue… et il était difficile de lui résister.

Depuis 1994, tout le monde s’est mobilisé pour lui… en 2000, on lui à même obtenu un Fare MTR sur un terrain familial à Papeari… mais les relations avec le voisinage, empreintes de jalousie à son égard, l’ont bien vite ramené dans les rues de Papeete…

Depuis 2013, il avait trouvé refuge à l’Accueil de nuit de Te Ha’apura’a… Il y trouvait le soir un lit pour dormir, un repas… et au petit matin il pouvait revenir au centre-ville, discuter avec ses amis de la rue… parler avec les passants et connaissances…

Malheureusement, n’ayant appris qu’incidemment son décès ainsi que les heures de veillées et de funérailles, nous n’avons pas pu y assister !

Une messe sera célébrée à son intention mercredi à 12h !

Au revoir Amos !

Laissez-moi vous dire…

14 février au 31 mars : Temps du carême

« Faire Carême » : Seul ? En famille ? En communauté ?

Entendu en cours de catéchèse :

  • Tu fais carême toi ?
  • J’essaie mais comme mes parents ne vont jamais à la messe, c’est pas facile.
  • Chez nous on fait carême quand ma grand-mère est là. On a intérêt, sinon on se fait sonner les cloches !
  • Justement tu parles de cloches, mon grand-père m’a expliqué que quand il était petit, il vivait aux Tuamotu. Pendant le carême on sonnait la cloche de l’église trois fois par jour. Tôt le matin, presque tout le village venait prier à l’église. À midi, chacun priait l’Angelus, là où il était. Et le soir, juste après le bain, les gens se retrouvaient à l’église. Le vendredi presque tout le monde jeûnait du matin au soir.
  • Moi, je fais carême à l’école avec certains de mes copains de classe et un professeur, tous les vendredis on partage notre repas (un petit casse-croûte et un verre d’eau) en lisant un passage de l’Évangile.

Dans le contexte actuel il n’est pas toujours facile de vivre un carême authentique. Il y a bien longtemps qu’on ne sonne plus les cloches (sauf en quelques endroits). Et souvent, en dehors de la messe dominicale, nous vivons une spiritualité trop individualiste ou, pire, complètement coupée de la réalité du temps liturgique.

Cette année, dans son message pour le carême, le Pape François met l’accent sur l’exercice de la charité, rappelant ce passage du discours de Jésus sur la fin des temps : « À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira » (Mt 24, 12). « … comment la charité se refroidit-elle en nous ? Quels sont les signes qui nous avertissent que l’amour risque de s’éteindre en nous ? Ce qui éteint la charité, c’est avant tout l’avidité de l’argent, “la racine de tous les maux” (1Tm 6, 10).

(…) Dans l’Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, j’ai tenté de donner une description des signes les plus évidents de ce manque d’amour. Les voici : l’acédie égoïste, le pessimisme stérile, la tentation de l’isolement et de l’engagement dans des guerres fratricides sans fin, la mentalité mondaine qui conduit à ne rechercher que les apparences, réduisant ainsi l’ardeur missionnaire ». (Message du Pape François pour le Carême 2018)

Après avoir rappelé le rôle éducatif de l’Église qui « nous offre le doux remède de la prière, de l’aumône et du jeûne » ; le Saint Père nous exhorte à pratiquer le jeûne et l’aumône : «Si vous êtes, comme nous, affligés par la propagation de l’iniquité dans le monde, si vous êtes préoccupés par le froid qui paralyse les cœurs et les actions, si vous constatez la diminution du sens d’humanité commune, unissez-vous à nous pour qu’ensemble nous invoquions Dieu, pour qu’ensemble nous jeûnions et qu’avec nous vous donniez ce que vous pouvez pour aider nos frères ! »

En plus des actions mises en œuvre par le diocèse, les paroisses, les mouvements et les écoles catholiques ; les 8 et 9 mars, dans tous les diocèses, sera proposé de vivre « 24 heures pour le Seigneur », temps d’adoration eucharistique au cours duquel il sera possible de recevoir le sacrement de la réconciliation.

Bon carême à chacune et chacun, sous le double signe du jeûne et du partage.

Dominique Soupé

© Cathédrale de Papeete - 2018

En marge de l’actualité…

« Pardonne-nous comme nous pardonnons »

Le Carême qui vient de commencer nous invite à nous laisser réconcilier avec Dieu. Cette démarche de réconciliation ne peut se faire qu’à la lumière de ces paroles du « Notre Père » : « Pardonne-nous comme nous pardonnons ». Cela veut dire que nous ne saurions nous satisfaire d’une réconciliation avec Dieu sans chercher dans le même temps à nous réconcilier avec nos frères. Il importe pour cela de bien comprendre ce que signifie pardonner.

Dans le cas d’une offense faite à quelqu’un, deux conséquences se produisent : une blessure dans le cœur de celui qui a été offensé et une rupture entre l’offenseur et l’offensé : on ne se parle plus, on se montre le poing, on s’insulte, on cherche à nuire à l’autre… Comment alors peut fonctionner une démarche de pardon et de réconciliation ? D’abord, il faut se dire que le pardon ne supprime pas la blessure, elle demeure. Mais le pardon peut effacer les conséquences de la blessure : on se reparle, on repart ensemble, on se tend la main etc… Pour que le pardon puisse fonctionner, l’offenseur doit reconnaître le mal qu’il a fait volontairement ou involontairement, et en accepter la responsabilité… « Contre toi et toi seul, j’ai péché, ce qui est mal, à tes yeux, je l’ai fait ! » (Ps 50,6). Ainsi, à cette condition, la dynamique du pardon pourra fonctionner. Pardonner n’est pas un acte de faiblesse, comme on pourrait le croire. C’est un acte de courage et de foi en l’avenir, c’est dire à l’autre que l’on croit en lui, en sa capacité et son désir de devenir meilleur, qu’on ne l’identifie pas à un acte qu’il aurait commis, qu’on le croit capable d’aimer, de progresser, c’est lui donner une chance, lui ouvrir un avenir. C’est aussi couper net la spirale de la vengeance qui ronge le cœur, qui entraîne à la mort, c’est refuser de se laisse posséder par des pensées de vengeance au point d’en devenir esclave.

Convenons que le pardon et l’amour des ennemis sont difficiles à pratiquer. L’idéal et la réalité sont souvent bien éloignés l’un de l’autre ! Mais si nous restons au niveau de notre réalité quotidienne, la question du pardon peut se poser pour un membre de notre famille, un voisin insupportable, un rival dans le milieu professionnel, ou en politique. Nous pouvons être confrontés à des situations de concurrence, de jalousie, d’injustice… Alors se pose la question : l’amour des ennemis est-il vraiment réaliste ? Ne dépasse-t-il pas nos forces humaines ? Comment une mère peut-elle aimer le meurtrier de son enfant ? Peut-elle lui pardonner ? Certes, la justice des hommes, bien que parfois imparfaite comme tout ce qui est humain, est nécessaire. Mais si elle traite des faits, elle n’intervient pas dans les cœurs. Et c’est précisément dans le cœur que nait la soif de vengeance, le désir de se faire justice, de faire payer à l’autre ce qu’il nous a fait, de faire disparaitre celui qui nous a fait du tort. Où allons-nous s’il n’y a pas de pardon, si nous répondons à la violence par la violence, si la soif de vengeance envahit notre cœur ? Devant le spectacle du monde, ses tragédies, ses guerres et ses divisions, la miséricorde et le pardon, bien que dépassant les forces humaines semblent cependant être ce qu’il y a de plus raisonnable. En effet, ce n’est qu’en acceptant de se tendre la main, de passer par-dessus les vieilles rancunes, de demander pardon et de pardonner qu’il sera possible de mettre fin aux déchirements qui divisent parfois les familles, aux conflits qui empoisonnent la vie quotidienne dans notre voisinage ou notre pays et de stopper cette dynamique infernale de la vengeance... (à suivre)

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

© Archidiocèse de Papeete - 2018

Audience générale…

Le droit des fidèles à recevoir la Parole de Dieu

Le Pape François a poursuivi ce mercredi 14 février, jour d’entrée dans le Carême, son cycle de catéchèse sur la messe. Il est revenu sur la liturgie de la Parole, et plus précisément sur le Credo et la prière universelle.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Bonjour même si la journée n’est pas très belle. Mais si l’âme est dans la joie, c’est toujours un bon jour. Alors, bonjour ! Aujourd’hui, l’audience se fera en deux parties : un petit groupe de malades est dans la salle, à cause du temps et nous sommes ici. Mais nous les voyons et ils nous voient sur le grand écran. Nous les saluons par des applaudissements.

Nous continuons avec les catéchèses sur la messe. À quoi répond l’écoute des lectures bibliques, prolongée dans l’homélie ? Elle répond à un droit : le droit spirituel du peuple de Dieu de recevoir en abondance le trésor de la Parole de Dieu (cf. Introduction au lectionnaire, 45). Chacun de nous, en allant à la messe, a le droit de recevoir abondamment la Parole de Dieu bien lue, bien dite et ensuite bien expliquée dans l’homélie. C’est un droit ! Et quand la Parole de Dieu n’est pas bien lue, n’est pas prêchée avec ferveur par le diacre, par le prêtre ou par l’évêque, c’est un manquement à un droit des fidèles. Nous avons le droit d’écouter la Parole de Dieu. Le Seigneur parle pour tous, pasteurs et fidèles. Il frappe au cœur de ceux qui participent à la messe, chacun dans sa condition de vie, son âge, sa situation. Le Seigneur console, appelle, suscite des germes de vie nouvelle et réconciliée. Et cela par le moyen de sa Parole. Sa Parole frappe au cœur et change les cœurs !

C’est pourquoi, après l’homélie, un temps de silence permet de laisser reposer dans l’esprit la semence reçue, afin que naissent des résolutions d’adhésion à ce que l’Esprit a suggéré à chacun. Le silence après l’homélie. Il faut là un beau silence et chacun doit penser à ce qu’il a écouté.

Après ce silence, comment se poursuit la messe ? La réponse de foi personnelle s’insère dans la profession de foi de l’Église, qui s’exprime dans le « Je crois en Dieu ». Nous récitons tous le « Je crois en Dieu » pendant la messe. Récité par toute l’assemblée, le Symbole manifeste la réponse commune à ce qui a été écouté ensemble de la Parole de Dieu (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 185-197). Il y a un lien vital entre l’écoute et la foi. Elles sont unies. Celle-ci – la foi – en effet, ne naît pas de l’imagination de l’esprit humain mais, comme le rappelle saint Paul, « elle naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ » (Rm 10,17). La foi se nourrit donc de l’écoute et conduit au sacrement. Ainsi, la récitation du « Je crois en Dieu » fait que l’assemblée liturgique « recommence à méditer et professe les grands mystères de la foi, avant leur célébration dans l’Eucharistie » (Présentation générale du missel romain, 67).

Le Symbole de la foi lie l’Eucharistie au baptême, reçu « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » et nous rappelle que les sacrements sont compréhensibles à la lumière de la foi de l’Église.

La réponse à la Parole de Dieu accueillie avec foi s’exprime ensuite dans la supplication commune, appelée Prière universelle, parce qu’elle embrasse les besoins de l’Église et du monde (cf. OGMR, 69-71 ; Introduction au lectionnaire, 30-31). On l’appelle aussi Prière des fidèles.

Les Pères de Vatican II ont voulu reprendre cette prière après l’Évangile et l’homélie, spécialement le dimanche et les jours de fête, afin qu’« avec la participation du peuple, on fasse des prières pour la sainte Église, pour ceux qui nous gouvernent, pour ceux qui se trouvent dans le besoin, pour tous les hommes et pour le salut du monde entier » (Const. Sacrosanctum Concilium, 53 ; cf. 1 Tm 2,1-2). Et après chaque intention, proposée par le diacre ou par un lecteur, l’assemblée unit sa voix en invoquant : « Écoute-nous, Seigneur ».

Souvenons-nous, en effet, de ce que nous a dit le Seigneur Jésus : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voulez et cela vous sera accordé » (Jn 15,7). « Mais nous ne le croyons pas parce que nous manquons de foi ». Mais si nous avions une foi, dit Jésus, comme la graine de moutarde, nous aurions tout reçu. « Demandez ce que vous voulez et cela vous sera accordé ». Et à ce moment de la prière universelle après le « Je crois en Dieu », c’est le moment de demander au Seigneur les choses les plus fortes pendant la messe, les choses dont nous avons besoin, ce que nous voulons. « Cela vous sera accordé » ; d’une manière ou d’une autre, mais « cela vous sera accordé ». « Tout est possible à celui qui croit », a dit le Seigneur. Qu’a répondu cet homme auquel le Seigneur s’est adressé pour dire cette parole : Tout est possible à celui qui croit ? Il a dit : « Je crois, Seigneur. Viens au secours de mon manque de foi ». Nous aussi, nous pouvons dire : « Seigneur, je crois. Mais viens au secours de mon manque de foi ». Et la prière, nous devons la faire dans cet esprit de foi : « Je crois, Seigneur, viens en aide à mon manque de foi ». Les prétentions de logiques mondaines, elles, ne décollent pas vers le Ciel, de même que les demandes autoréférentielles ne sont pas écoutées (cf. Jc 4, 2-3). Les intentions pour lesquelles on invite le peuple fidèle à prier doivent exprimer les besoins concrets de la communauté ecclésiale et du monde, évitant de recourir à des formules conventionnelles et myopes. La prière « universelle » qui conclut la liturgie de la Parole, nous exhorte à faire nôtre le regard de Dieu qui prend soin de tous ses enfants.

© Libreria Editrice Vaticana - 2018

Message pour la campagne diocésaine de Carême…

« Que chacun donne selon ce qu’il a décidé dans son cœur » 2Co 5,7

Chers frères prêtres,

Chers diacres,

Chers frères et sœurs dans le Christ

Ce Mercredi 14 Février débute le Carême. Ce temps liturgique est marqué par une insistance particulière sur la prière, le jeûne et l’aumône. En ouvrant le temps du carême par l’imposition des cendres, l’Église nous appelle à nous laisser regarder par le Christ en toute confiance. Oui, nous laisser regarder par le Christ, sans crainte, avec foi, et avec le désir de changer dans nos vies et avec son aide ce qui doit l’être, pour nous ouvrir à son royaume, à sa miséricorde… avec le désir d’aimer non seulement en intention mais aussi en actes. C’est ainsi que va une véritable conversion ! Faire le point sur notre relation à Dieu (la prière), sur notre relation à nous-mêmes et à notre corps (jeûne) et sur notre relation à ceux qui ont besoin d’aide (l’aumône) et décider de changer ce qui doit l’être. Il nous appartient de faire de ce temps de pénitence qui ouvre sur le mystère Pascal et sur la joie de la Résurrection de notre Seigneur Jésus Christ non pas un temps de tristesse pendant lequel nous devrions prendre un air abattu et un visage décomposé, mais un temps de grâce pendant lequel nous est offerte la possibilité d’une conversion qui nous rapproche de Dieu, de nous-mêmes et de notre prochain. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur ! ».

Chaque paroisse, chaque communauté est invitée à vivre ce carême en proposant des temps forts qui aideront les fidèles dans leur démarche de conversion. De plus, comme chaque année, le Diocèse propose à tous la campagne de Carême que je veux présenter ici.

D’abord, je voudrais faire un retour sur la campagne de carême 2017… retour un peu tardif, c’est vrai, mais qui s’explique en partie par le retard avec lequel certaines paroisses rendent compte du résultat de cette campagne. Avec l’équipe de laïcs qui m’aide à penser cette campagne qui a rapporté trois millions de FCFP, nous avons réparti cette somme comme suit :

  • Aide à la reconstruction des écoles du Vanuatu détruites par le cyclone Pam en 2015 : 500 000 FCFP. (À titre d’information, la réhabilitation du groupe scolaire d’Imaru sur l’île de Tanna s’élève à 15 millions de FCFP qu’il faut trouver, celle du centre scolaire de Lololima et celle de l’école d’Ilvu Alam sur l’île d’Erromango n’ont pas commencé, faute de financement) ;
  • Aide aux étudiants Chrétiens d’Irak par le biais de la Conférence des évêques de l’Église de France qui soutient l’œuvre d’Orient sous la direction de Mgr Youssif Mirkis, archevêque Chaldéen de Kirkouk et Souleymanieh : 1,3 M de FCFP, ce qui permet de financer 4 étudiants Irakiens pendant une année (à raison de 320 000 f par an pour 1 étudiant) ;
  • Aide aux jeunes de notre diocèse : nous avons choisi de créer un fond d’aide destiné à soutenir les structures qui offrent une formation humaine et chrétienne aux adolescents et aux jeunes : école Sychar, foyers et internats scolaires : 1,2 M de FCFP.

Ces trois objectifs ont été repris pour la campagne de carême 2018, avec le titre : « Que chacun donne selon ce qu’il a décidé dans son cœur » (2 Co 5,7).

Les établissements de l’Enseignement Catholique du Vanuatu ont encore besoin d’aide. Le soutien aux étudiants Chrétiens Irakiens ne saurait être interrompu, au risque de voir ces étudiants stopper leurs études en milieu de parcours. Enfin, le soutien à la formation des jeunes est une nécessité si nous voulons les aider à grandir humainement et spirituellement et ne pas devenir victimes de situations économiques qui leur échappent. Vous l’aurez remarqué, notre effort de Carême est un acte de solidarité, certes, mais aussi un acte de foi en l’avenir, en la jeunesse : écoliers du Vanuatu, étudiants Irakiens, jeunes de notre Fenua…

Je voudrais conclure avec une demande à ceux qui, dans les paroisses et les communautés seront chargés de mener à bien cette campagne de carême 2018. Je demande que les fonds récoltés soient remis à l’évêché avant le 15 Mai 2018 pour nous permettre une information plus rapide à tous ceux et celles qui auront soutenu et participé à cette campagne. Merci de votre compréhension et de votre soutien.

À tous, j’adresse mes plus fraternelles salutations et je vous confie à la bienveillance de notre Seigneur Jésus Christ.

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU,

Archevêque de Papeete

© Archidiocèse de Papeete - 2018

Catéchèse pour les adultes…

La catéchèse relève de toute la communauté chrétienne

Le Directoire Général pour la Catéchèse (DGC) proposé par la Congrégation du Clergé a été publié en 1997. Ce Directoire prend actedes situations de pluralisme et de sécularisation de nos sociétés ; il place la catéchèse dans l'axe missionnaire de l'Église. Il est destiné principalement aux évêques et à ceux qui ont des responsabilités dans la catéchèse.

Aider les catéchumènes et les catéchisés

« La catéchèse est une responsabilité qui relève de toute la communauté chrétienne. L'initiation chrétienne en effet, doit être l'œuvre non pas seulement des seuls catéchistes ou des seuls prêtres mais celle de toute la communauté des fidèles. De même l'éducation permanente de la foi relève de toute la communauté. Par conséquent, la catéchèse est une activité éducative que chaque membre de la communauté exerce au titre de sa responsabilité particulière dans un contexte ou milieu communautaire riche de relations qui aideront les catéchumènes et les catéchisés à s'insérer dans la communauté et à participer activement à sa vie. » DGC, § 220

En catéchèse, marcher à la suite du Christ

« La catéchèse se présente comme un processus, un itinéraire, une marche à la suite du Christ de l'Évangile, dans l'Esprit, vers le Père, entreprise pour atteindre la maturité de la foi ? selon la mesure du don du Christ (Ep 4,7) et les possibilités et les besoins de chacun. » DGC, § 143

Annoncer l'Évangile dans toute sa vérité

« Le Catéchisme de l'Église catholique (?) en tant qu'acte du Magistère n'est pas supérieur à la Parole de Dieu, mais à son service. Il s'agit cependant d'un acte particulièrement important d'interprétation authentique de cette Parole, un acte posé afin que l'Évangile soit annoncé et transmis dans toute sa vérité et sa pureté. » DGC, § 125

Le catéchuménat : quatre étapes pour laisser mûrir sa foi

« La foi animée par la grâce de Dieu et alimentée par l'action de l'Église, connaît un processus de maturation. La catéchèse, au service de cette croissance, est une activité graduelle... Dans le catéchuménat baptismal, la formation s'échelonne sur quatre étapes :

  • le pré-catéchuménat, temps de la première évangélisation en vue de la conversion, pendant lequel on explicite le Kérygme de la première annonce.
  • le catéchuménat proprement dit, destiné à la catéchèse intégrale et au commencement duquel a lieu la remise des Évangiles.
  • le temps de la purification et illumination qui prépare intensément aux sacrements d'initiation et pendant lequel ontlieu la remise du Symbole et de la Prière du Seigneur.
  • le temps de la mystagogie, caractérisé par l'expérience des sacrements et par l'entrée dans la communauté. » DGC, § 88 

 

© Catéchèse-catholique – 2018

Homélie du mercredi des cendres…

Arrête-toi !

Le Pape François a célébré l’entrée en Carême lors de la messe en la basilique Sainte-Sabine, en ce mercredi des Cendres. Il est revenu sur trois expressions qui doivent « réchauffer les cœurs ».

Le temps du Carême est un temps favorable pour corriger les accords dissonants de notre vie chrétienne et accueillir l’annonce de la Pâque du Seigneur toujours nouvelle, joyeuse et pleine d’espérance. L’Église dans sa sagesse maternelle nous propose de prêter une attention particulière à tout ce qui peut refroidir et rouiller notre cœur de croyant.

Les tentations auxquelles nous sommes exposés sont nombreuses. Chacun d’entre nous connaît les difficultés qu’il doit affronter. Et il est triste de constater comment, face aux vicissitudes quotidiennes, profitant de la souffrance et de l’insécurité, se lèvent des voix qui ne savent que semer la méfiance. Et si le fruit de la foi est la charité – comme aimait le répéter Mère Térésa de Calcutta -, le fruit de la méfiance est l’apathie et la résignation. Méfiance, apathie et résignation : ces démons qui cautérisent et paralysent l’âme du peuple croyant.

Le Carême est un temps précieux pour débusquer ces dernières, ainsi que d’autres tentations et laisser notre cœur recommencer à battre au rythme du cœur de Jésus. Toute cette liturgie est imprégnée par ces sentiments et nous pourrions dire que cela fait écho à trois expressions qui nous sont offertes pour « réchauffer le cœur du croyant » : arrête-toiregarde et reviens.

Arrête-toi un peu, laisse cette agitation et cette course insensée qui remplit le cœur de l’amertume de sentir que l’on n’arrive jamais à rien. Arrête-toi, laisse cette injonction à vivre en accéléré qui disperse, divise et finit par détruire le temps de la famille, le temps de l’amitié, le temps des enfants, le temps des grands-parents, le temps de la gratuité… le temps de Dieu.

Arrête-toi un peu devant la nécessité d’apparaître et d’être vu par tous, d’être continuellement à « l’affiche », ce qui fait oublier la valeur de l’intimité et du recueillement.

Arrête-toi un peu devant le regard hautain, le commentaire fugace et méprisant qui naît de l’oubli de la tendresse, de la compassion et du respect dans la rencontre des autres, en particulier de ceux qui sont vulnérables, blessés et même de ceux qui sont empêtrés dans le péché et l’erreur.

Arrête-toi un peu devant l’obsession de vouloir tout contrôler, tout savoir, tout dévaster, qui naît de l’oubli de la gratitude face au don de la vie et à tant de bien reçu.

Arrête-toi un peu devant le bruit assourdissant qui atrophie et étourdit nos oreilles et qui nous fait oublier le pouvoir fécond et créateur du silence.

Arrête-toi un peu devant l’attitude favorisant des sentiments stériles, inféconds qui surgissent de l’enfermement et de l’apitoiement sur soi-même et qui conduisent à oublier d’aller à rencontre des autres pour partager les fardeaux et les souffrances.

Arrête-toi devant la vacuité de ce qui est immédiat, momentané et éphémère, qui nous prive de nos racines, de nos liens, de la valeur des parcours et du fait de nous savoir toujours en chemin.

Arrête-toi pour regarder et contempler !

Regarde les signes qui empêchent d’éteindre la charité, qui maintiennent vive la flamme de la foi et de l’espérance. Visages vivants de la tendresse et de la bonté de Dieu qui agit au milieu de nous.

Regarde le visage de nos familles qui continuent à miser jour après jour, avec beaucoup d’effort, pour aller de l’avant dans la vie et qui, entre les contraintes et les difficultés, ne cessent pas de tout tenter pour faire de leur maison une école de l’amour.

Regarde les visages interpellant de nos enfants et des jeunes porteurs d’avenir et d’espérance, porteurs d’un lendemain et d’un potentiel qui exigent dévouement et protection. Germes vivants de l’amour et de la vie qui se fraient toujours un passage au milieu de nos calculs mesquins et égoïstes.

Regarde les visages de nos anciens, marqués par le passage du temps ; visages porteurs de la mémoire vivante de nos peuples. Visages de la sagesse agissante de Dieu.

Regarde les visages de nos malades et de tous ceux qui s’en occupent ; visages qui, dans leur vulnérabilité et dans leur service, nous rappellent que la valeur de chaque personne ne peut jamais être réduite à une question de calcul ou d’utilité.

Regarde les visages contrits de tous ceux qui cherchent à corriger leurs erreurs et leurs fautes et qui, dans leurs misères et leurs maux, luttent pour transformer les situations et aller de l’avant.

Regarde et contemple le visage de l’Amour Crucifié qui, aujourd’hui, sur la croix, continue d’être porteur d’espérance ; main tendue à ceux qui se sentent crucifiés, qui font l’expérience dans leur vie du poids leurs échecs, de leurs désenchantements et de leurs déceptions.

Regarde et contemple le visage concret du Christ crucifié par amour de tous sans exclusion. De tous ? Oui, de tous. Regarder son visage est l’invitation pleine d’espérance de ce temps de Carême pour vaincre les démons de la méfiance, de l’apathie et de la résignation. Visage qui nous incite à nous écrier : le Royaume de Dieu est possible !

Arrête-toi, regarde et reviensReviens à la Maison de ton Père. Reviens, sans peur, vers les bras ouverts et impatients de ton Père riche en miséricorde qui t’attend (cf. Ep. 2,4).

Reviens ! Sans peur, c’est le temps favorable pour revenir à la maison, à la maison « de mon Père et de votre Père » (cf. Jn. 20,17). C’est le temps pour se laisser toucher le cœur… Rester sur le chemin du mal n’est que source d’illusion et de tristesse. La vraie vie est quelque chose de bien différent et notre cœur le sait bien. Dieu ne se lasse pas et ne se lassera pas de tendre la main (Cf. Bulle Misericordiae Vultus, n.19).

Reviens, sans peur, pour faire l’expérience de la tendresse de Dieu qui guérit et réconcilie. Laisse le Seigneur guérir les blessures du péché et accomplir la prophétie faite à nos pères : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair » (Ez. 36,26).

Arrête-toi, regarde et reviens !

© Libreria Editrice Vaticana - 2018

Commentaire des lectures du dimanche

 

Le premier dimanche de Carême est toujours le dimanche de la tentation, c’est-à-dire celui où nous lisons, dans saint Matthieu, saint Marc ou saint Luc, le récit de la tentation de Jésus au désert. Alors que nous entamons nous-mêmes notre exercice au combat spirituel, qui va nous conduire aux fêtes pascales, la liturgie nous enseigne que Jésus lui-même a connu la tentation. Cette année, saint Marc nous donne fort peu de détails au sujet de cet événement qui précède immédiatement le début du ministère public de Jésus. À peine deux versets pour nous dire : « Aussitôt [après son baptême] l’Esprit pousse Jésus au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages et les anges le servaient ». Mais deux versets suffisent à la Parole de Dieu pour nous instruire en profondeur, pourvu que nous écoutions. Écoutons !

« Dans le désert, Jésus resta quarante jours, tenté par Satan », littéralement, « tenté par le satan », car « satan » est un substantif qui est devenu un nom propre. Ce substantif désigne l’activité de celui dont il est ici question : l’adversaire, l’accusateur. Ce mot qui désigne son activité est devenu le nom propre de la personne la plus paradoxale, puisque cette personne, selon un théologien contemporain, a ceci d’étonnant qu’elle se détruit elle-même en tant que personne : elle annule en elle-même ce qui constitue toute personne comme une personne. En effet, le satan déjà présent dans l’Écriture et auquel a réfléchi la tradition théologique, ne fait pas qu’accuser l’homme, il refuse aussi la source de la vie qui est Dieu. Comment tenir dans l’existence en rejetant Celui qui donne vie à toute chose ? mystère du mal et de la folie meurtrière, dont nous ne savons que trop bien qu’ils sont présents dans notre vie et dans notre monde. Jésus a été confronté à ce mystère, Jésus a été aux prises avec ce mystère : voilà le premier enseignement de ces deux versets si brefs : Jésus, en son humanité, a connu cet affrontement du mal que nous connaissons tous.

Mais saint Marc a pris la peine de nous dire avant cela que Jésus était poussé au désert par l’Esprit. Une autre personne a ainsi précédé le satan sur la scène de notre tout petit évangile de la tentation de Jésus selon saint Marc : cette personne qui est là avant, c’est l’Esprit saint, personne mystérieuse elle aussi, mais mystérieuse d’un abîme de lumière et non pas d’une profondeur de ténèbres. Non pas une personne qui se détruit elle-même en tant que personne, mais tout au contraire une personne qui personnalise les autres, une personne qui aide les autres à devenir des personnes devant Dieu. L’Esprit saint nous aide à devenir des personnes, c’est-à-dire qu’il anime nos actes et nos paroles pour que notre existence soit orientée vers Dieu, pour que nous soyons ce que nous sommes appelés à être, chacun de façon unique. Oui, l’Esprit saint vient avant, lui dont saint Jean de la Croix dit qu’il est comme un envoyé chargé de préparer la demeure de celui qui va venir, la demeure de Dieu qui nous visite, demeure que nous sommes nous-mêmes (cf. Cantique spirituel B 17, 8). Dans nos vies aussi, même aux heures les plus sombres où elle peut sembler nous submerger, la tentation n’est pas première : nous sommes toujours précédés par l’Esprit saint, qui est « l’espace environnant [notre] être et l’abritant en lui » (Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix, Qui es-tu, douce lumière ?)

Poussé d’abord par l’Esprit, Jésus peut affronter le satan et – c’est la troisième et dernière note de notre évangile que je voudrais souligner – « il vivait parmi les bêtes sauvages et les anges le servaient ». Saint Marc nous raconte-t-il bien une scène de tentation ou bien une scène de retour au paradis perdu ? De fait, après les récits primordiaux du début du livre de la Genèse, il n’a été fait mention dans l’Écriture d’une cohabitation paisible entre des humains et des bêtes sauvages que dans des annonces prophétiques au sujet des temps messianiques. Par cette mention, saint Marc nous annonce en fait que, en la personne de Jésus, les temps messianiques sont arrivés. Le Sauveur le proclame lui-même, en ces premiers mots de son ministère public, ses premières paroles dans l’évangile de saint Marc : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». En la personne de Jésus, Dieu peut maintenant voir le véritable arc-en-ciel de l’alliance, le signe définitif du salut qu’il offre à l’humanité, annoncé par notre première lecture tirée du live de la Genèse : « Je mets mon arc au milieu des nuages – disait Dieu à Noé – pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre…. je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et tous les vivants ». Maintenant, Dieu a posé le signe de l’alliance non plus au milieu des nuages, mais sur notre terre, en la personne de son Fils : combien plus encore se souvient-il alors de son alliance avec nous !

À nous de nous souvenir maintenant de ce don du salut de Dieu en la personne de Jésus ! Telle est la grâce que l’Église nous appelle à recevoir en ce temps du Carême : nous renouveler dans notre marche à la suite de Jésus, afin de vivre toujours plus en profondeur du mystère de notre salut, acquis par sa mort et sa résurrection. Dès maintenant, ce mystère de salut nous rejoint dans notre existence : l’Esprit nous pousse sur ce chemin, Jésus est solidaire de nous au milieu de nos épreuves et de nos tentations : qu’il nous donne de vivre la conversion qu’il désire pour que nous grandissions en son amour ! Amen.

Fr. Anthony-Joseph de S. Thérèse de Jésus, ocd

© Carmel.asso - 2015