Pko 25.03.2018

Eglise cath papeete 1Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°17/2018

Dimanche 25 mars 2018 –Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur – Année B

Humeurs…

« Il faut dégraisser le mammouth »

La machine administrative territoriale bas tous les records… Les travaux de la Cathédrale sont arrêtés depuis plus d’une semaine… cause : une pseudo suspicion d’amiante !

Mardi 13, une inspectrice du travail arrive dans la Cathédrale, s’assoit sur un banc et explique, le sourire aux lèvres : « Vous n’avez pas fait le test amiante… vous devez cesser immédiatement les travaux ! » Pourtant aucune suspicion possible d’amiante… le carrelage de la Cathédrale datant de 1966 a été posé et collé au ciment et non à la colle… n’importe quel professionnel pouvait le confirmer !!! Mais rien y fait… pas de papier… vous devez tout stopper… en l’état ! En toute logique la question se pose : doit-on fermer la cathédrale pour protéger les fidèles, les touristes : « Ce n’est pas notre problème, nous nous occupons des travailleurs » !!!

La Mairie de Papeete, propriétaire des lieux, prévenue… aussitôt, prend contact avec une société d’expertise… le lendemain matin 7h30… tout le monde est là… un peu étonné de la demande saugrenue ! Les prélèvements sont faits et envoyés à Paris par Fedex ! Réponse orale prévue pour le vendredi et écrite dès le lundi… les délais sont respectés… [Chapeau à la Mairie et spécialement à André Chang. C’est rare que je leur envoie des fleurs… mais là, ils les méritent !!!]

Et c’est là que l’absurde administratif entre en jeu ! Le rapport doit être déposé à l’inspection du travail… pour obtenir l’autorisation de reprendre les travaux… Depuis mardi, jour où les documents ont été transmis, impossible d’avoir un contact avec qui que ce soit à l’inspection… aussi bien de la part de la Mairie que de l’entreprise !

Les petits potentats de l’administration avancent à leur rythme ! Pour eux pas de souci… leur rémunération tombe à date régulière, travail accompli ou non ! Que des ouvriers se retrouvent au chômage technique et donc sans salaire… ce n’est pas leur souci ! À l’incompétence s’ajoute la nuisibilité gratuite, inconsciente, nous voulons le croire !

En parlant de notre situation, autour de nous, nous constatons que c’est la situation courante de bien des petites entreprises de ce pays…

Les élections approchent… souhaitons que les futurs élus auront le courage de s’attaquer à l’hypertrophie administrative de ce pays, à ne plus laisser de petits potentats faire la pluie et le beau temps et de leur rappeler le sens du bien commun et du service !

Il est temps de « dégraisser le mammouth »

et de le mettre au travail !

Pas de paix sans justice !

 

Laissez-moi vous dire…

26 mars : Élection en vue 
Est-ce une lutte de pouvoir en vue de la gloire

Entendu au marché de Papeete - dimanche dernier - à l’occasion de la distribution de tracts électoraux :

  • « Toujours les mêmes qui se présentent. À qui faire confiance ? »
  • « Encore de belles promesses ! Fiu les élections ! Ca change rien, les pauvres sont toujours pauvres, et les riches encore plus riches ! »
  • « On sait qui bosse pour le peuple et qui cherche à s’en mettre plein les poches… »
  • « Les vieux n’ont qu’à laisser la place aux jeunes… Il nous faut une femme Président ! »

En démocratie la souveraineté vient du peuple et s’exerce par le peuple. En réalité, une partie du peuple choisit une poignée de représentants pour gérer au mieux le Pays en vue du bien commun. Or, il existe une aristocratie politique : des vieux routiers qui quadrillent le Pays et qui, de meeting en meeting, font pression sur les électeurs en s’appuyant sur leurs passions, leurs peurs, leurs intérêts. Souvent ce sont des groupes de copains (parfois des « coquins » !), des lobbys du monde économique, des familles bien organisées qui ratissent des voix tous azimuts…

Le but est souvent : « gagner » le POUVOIR pour AVOIR les leviers économiques et en tirer une certaine GLOIRE. L’intérêt du peuple « souverain » est oublié, pourvu qu’on décroche un portefeuille ministériel, une place pour un fetii et d’autres avantages personnels… La grande masse des citoyens regarde passer la « pirogue des élus » sans pouvoir agir sur son cap.

Le développement des réseaux sociaux peut modifier sensiblement la donne, les électeurs et les candidat(e)s rompus à la communication diffusent des slogans - ou des calomnies - qui discréditent leurs « adversaires » et peuvent faire basculer les élections dans un sens inattendu…

Ainsi direz-vous : l’Église - ou du moins PK0 - fait de la politique ? Oui, « en raison de la valeur publique de l’Évangile et de la foi et à cause des effets pervers de l’injustice, c’est-à-dire du péché, l’Église ne peut pas demeurer indifférente aux affaires sociales ». (Paul VI, Exhortation apostolique, Evangelii nuntiandi, 1976, n°34) Donc elle se soucie de politique.

En ce début de Semaine Sainte, qui est aussi début d’une nouvelle campagne électorale, il peut être opportun de rappeler tant aux candidat(e)s qu’aux électeurs - chrétiens pour la plupart-  quelques pistes de réflexion proposées par l’enseignement social de l’Église.

« L’Église apprécie le système démocratique, comme système qui assure la participation des citoyens aux choix politiques et garantit aux gouvernés la possibilité de choisir et de contrôler leurs gouvernants et de les remplacer de manière pacifique lorsque cela s’avère opportun. Cependant, l’Église ne peut approuver la constitution de groupes dirigeants restreints qui usurpent le pouvoir (…) au profit de leurs intérêts particuliers ou à des fins idéologiques. Une démocratie authentique (…) requiert la réalisation des conditions nécessaires pour la promotion des personnes, par l’éducation et la formation (…) et aussi l’épanouissement de la “personnalité” de la société par la création de structures de participation et de responsabilité ». (Jean-Paul II, Encyclique Centesimus annus, 1991, n°46)

« Une démocratie authentique (…) est le fruit de l’acceptation convaincue des valeurs qui inspirent les procédures démocratiques, la dignité de chaque personne humaine, le respect des droits de l’homme, le “bien commun” comme fin et critère de régulation de la vie politique ». (ibid.)

« La doctrine sociale (de l’Église) identifie le relativisme éthique comme l’un des risques majeurs pour les démocraties actuelles, lequel induit à estimer qu’il n’existe pas de critère objectif et universel pour établir le fondement et la hiérarchie correcte des valeurs ». (Jean-Paul II, Encyclique Evangelium vitae, 1995, n°70)

On pourrait développer davantage divers aspects de cet enseignement de l’Église notamment sur la destination universelle des biens, le principe de subsidiarité, la participation citoyenne, la solidarité, la famille, le travail et l’économie au service de l’homme… Rappelons que le Magistère de l’Église enseigne que « la conscience chrétienne ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui ». (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, note doctrinale du 24 novembre 2002, pp.9-10) Force est de constater que beaucoup d’hommes et de femmes politiques conçoivent le système politique dans une perspective agnostique et relativiste. Cette manière d’envisager le système démocratique conduit à considérer comme vrais et moraux un choix, une proposition, une décision déterminés par une majorité d’élus : ce qui est légal devenant de facto moral !

Nos candidats pour l’Assemblée de Polynésie ont beaucoup de préoccupations, il faudrait que celles-ci soient orientées non par leurs intérêts personnels ou ceux de leur famille politique mais l’ardent désir d’être « serviteurs » des intérêts de TOUTE la population.

Le modèle est tout trouvé … c’est le CHRIST … Pas facile à imiter, peut-être ?

Dominique Soupé

© Cathédrale de Papeete - 2018

En marge de l’actualité…

Regard sur l’arrestation de Jésus

La liturgie de ce Dimanche des Rameaux nous donne l’occasion de réécouter le texte de la Passion du Christ pour nous permettre d’entrer plus avant dans le mystère de sa mort et résurrection, un mystère déployé tout au long de cette semaine sainte. Au terme de trois années de ministère public, Jésus va être trahi, livré aux Romains et mis à mort pour ressusciter le 3ème jour. Comprendre ce qui s’est passé peut aider à mieux saisir l’historicité de cet événement central pour notre foi.

Jésus va être trahi. Par qui ? Qui en veut à Jésus ? Non pas le peuple ni les Pharisiens, mais « les grands prêtres et les scribes » qui cherchent comment mettre la main sur Jésus. Pourtant, ce n’est ni les grands prêtres, ni les scribes, ni le peuple, mais bien Judas, l’un des douze qui va le trahir. Plus encore, il va de lui-même trouver les chefs du Temple pour leur proposer de livrer Jésus. Cette trahison est tellement monstrueuse aux yeux de l’évangéliste qu’elle ne peut venir que de Satan ! Judas a fait son choix, contre Jésus, et se sert de sa familiarité avec Jésus pour le livrer. C’est la trahison avec en plus la perversion de l’amour puisqu’il va se servir du signe de l’amour, le baiser, pour désigner son maître à la haine de ses ennemis ! Pierre comme Judas abandonnera aussi Jésus. Mais alors que le lien est rompu avec Judas, Pierre et Jésus restent en contact. Jésus ne prononce pas le nom de Judas (« L’un de vous va me livrer ») mais il interpelle Pierre par son nom et par deux fois : « Simon, Simon… »  Dans le même temps, Jésus annonce que Satan va cribler les disciples comme le froment. Pas seulement Pierre mais tous ! Tous tomberont, tous l’abandonneront sauf le disciple bien aimé qui sera au pied de la croix avec Marie.

Jésus va être arrêté. Par qui ? L’arrestation de Jésus est une affaire purement Juive. Les évangiles sont clairs : ils parlent des « grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens ». « Les grands prêtres » désigne le grand prêtre en fonction ainsi que les anciens grands prêtres. Il faut y ajouter les membres de leurs familles qui recevaient les charges importantes et les hautes fonctions dans l’administration du Temple. Ils forment le « Sanhédrin », le conseil de la nation Juive.  Le Grand Prêtre, de sa propre initiative, pouvait ordonner des opérations de police, confiées au commandant du Temple, premier dignitaire après le grand prêtre. C’est par une opération de ce genre que Jésus sera arrêté à Gethsémani. Mais ni le Grand Prêtre, ni le Conseil Juif du Sanhédrin n’avaient le droit de condamner à mort. Seul le représentant de Rome, Ponce Pilate à l’époque, pouvait prononcer cette condamnation, ce qui explique pourquoi Jésus fut ensuite remis au pouvoir romain qui prononça la sentence de mort.

Ces événements se sont produits il y a plus de 2000 ans. Pouvons-nous cependant, en tant que disciples, faire comme Pilate et nous laver les mains ? Quelle place aurait été la nôtre si nous avions été présents à Jérusalem ? La Passion du Christ continue aujourd’hui à travers la souffrance de nos contemporains, et les occasions ne manquent pas pour tout disciple du Christ de prendre parti pour ou contre lui, de lui rester fidèles et de lui faire confiance ou de l’abandonner, de prendre nos responsabilités ou de vivre comme si nous n’avions rien à voir avec tout ce qui, aujourd’hui continue à crucifier Jésus chaque fois que l’Homme est crucifié.

Que cette semaine sainte nous donne la grâce d’aller plus loin que nos faiblesses, la grâce de fortifier notre Foi pour accueillir plus encore l’amour et l’infinie miséricorde qui nous viennent du Père par la mort et la résurrection de son Fils bien-aimé.

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

© Archidiocèse de Papeete - 2018

Audience générale…

Communier, c’est rencontrer Jésus

Le Pape François a poursuivi, dans le cadre de son audience générale du mercredi, son cycle de catéchèses sur la messe. Après avoir évoqué en improvisant le début du printemps en filant la métaphore des racines, qui permettent aux arbres de fleurir tout comme notre enracinement en Jésus doit nous permettre de faire fleurir notre foi, le Saint-Père s’est arrêté sur le temps de la communion sacramentelle, avec le corps et le sang du Christ.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Et aujourd’hui, c’est le premier jour du printemps : bon printemps ! Mais que se passe-t-il au printemps ? Les plantes fleurissent, les arbres fleurissent. Je vais vous poser une question. Un arbre et une plante malades fleurissent-ils bien, s’ils sont malades ? Non ! Un arbre, une plante qui ne sont pas arrosés par la pluie, ou artificiellement, peuvent-ils bien fleurir ? Non. Et un arbre et une plante à qui on a enlevé les racines, ou qui n’ont pas de racines, peuvent-ils fleurir ? Non. Mais, sans racine, peut-on fleurir ? Non ! Et c’est cela le message : la vie chrétienne doit être une vie qui doit fleurir dans les œuvres de charité, en faisant le bien. Mais si tu n’as pas de racines, tu ne pourras pas fleurir, et la racine, qui est-elle ? Jésus ! Si tu n’es pas avec Jésus, là, enraciné, tu ne fleuriras pas. Si tu n’arroses pas ta vie avec la prière et les sacrements, aurez-vous des fleurs chrétiennes ? Non ! Parce que la prière et les sacrements arrosent les racines et notre vie fleurit. Je vous souhaite que ce printemps soit pour vous un printemps fleuri, comme le sera la fête de Pâques fleurie. Fleurie de bonnes œuvres, de vertus, de faire le bien aux autres. Souvenez-vous de ceci, c’est un très beau verset de ma patrie : « Ce que l’arbre a de fleuri vient de ce qu’il a d’enterré ». Ne jamais couper les racines avec Jésus.

Continuons maintenant avec la catéchèse sur la messe. La célébration de la messe, dont nous parcourons les différents moments, est ordonnée à la communion, c’est-à-dire à nous unir à Jésus. La communion sacramentelle : non pas la communion spirituelle, que tu peux faire chez toi en disant : « Jésus, je voudrais te recevoir spirituellement ». Non ! La communion sacramentelle, avec le corps et le sang du Christ. Nous célébrons l’Eucharistie pour nous nourrir du Christ, qui se donne à nous soit dans sa Parole soit dans le sacrement de l’autel, pour nous conformer à lui. Le Seigneur le dit lui-même : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6,56). En effet, le geste de Jésus par lequel il a donné à ses disciples son Corps et son Sang à la dernière Cène, continue encore aujourd’hui à travers le ministère du prêtre et du diacre, ministres ordinaires de la distribution aux frères du Pain de la vie et du Calice du salut.

À la messe, après avoir rompu le pain consacré, c’est-à-dire le Corps de Jésus, le prêtre le montre aux fidèles, en les invitant à participer au banquet eucharistique. Nous connaissons les paroles qui résonnent du saint autel : « Heureux les invités au repas du Seigneur : voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Inspiré d’un passage de l’Apocalypse – « bienheureux les invités au banquet des noces de l’Agneau » (Ap 19,9), il dit « les noces » parce que Jésus est l’époux de l’Église – cette invitation nous appelle à faire l’expérience de l’union intime avec le Christ, source de joie et de sainteté. C’est une invitation qui réjouit et en même temps qui pousse à un examen de conscience éclairé par la foi. Si d’un côté, en effet, nous voyons la distance qui nous sépare de la sainteté du Christ, de l’autre, nous croyons que son Sang est « versé pour la rémission des péchés ». Nous avons tous été pardonnés dans le baptême et nous sommes tous pardonnés ou nous serons pardonnés chaque fois que nous nous approchons du sacrement de la Pénitence. Et n’oubliez pas : Jésus pardonne toujours. Jésus ne se lasse pas de pardonner. C’est nous qui nous lassons de demander pardon. Précisément en pensant à la valeur salvifique de ce Sang, saint Ambroise s’exclame : « Moi, qui pèche toujours, je dois toujours disposer du médicament » (De Sacramentis, 4, 28: PL 16, 446A). Dans cette foi, nous aussi nous tournons le regard vers l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde et nous l’invoquons : « O Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ». Ceci, nous le disons à chaque messe.

Si c’est nous qui nous avançons en procession pour recevoir la Communion, nous allons vers l’autel en procession pour recevoir la Communion, en réalité c’est le Christ qui vient à notre rencontre pour nous assimiler à lui. Il y a une rencontre avec Jésus. Se nourrir de l’Eucharistie signifie se laisser transformer en ce que nous recevons. Saint Augustin nous aide à le comprendre, quand il parle de la lumière qu’il a reçue en s’entendant dire par le Christ : « Je suis la nourriture des forts ; crois, et tu me mangeras. Et je ne passerai pas dans ta substance, comme les aliments de ta chair ; c’est toi qui passeras dans la mienne. » (Confessions VII, 10, 16: PL 32, 742). Chaque fois que nous recevons la Communion, nous ressemblons davantage à Jésus, nous nous transformons davantage en Jésus. Comme le pain et le vin sont transformés en Corps et Sang du Seigneur, de même ceux qui le reçoivent avec foi sont transformés en Eucharistie vivante. Au prêtre qui, en distribuant l’Eucharistie, te dit : « Le Corps du Christ », tu réponds : « Amen », c’est-à-dire que tu reconnais la grâce et l’engagement que cela comporte de devenir le Corps du Christ. Parce que quand tu reçois l’Eucharistie, tu deviens le Corps du Christ. C’est beau, cela ; c’est très beau. Tandis qu’elle nous unit au Christ, nous arrachant à nos égoïsmes, la Communion nous ouvre et nous unit à tous ceux qui sont une seule chose en lui. Voilà le prodige de la Communion : nous devenons ce que nous recevons !

L’Église désire vivement que les fidèles aussi reçoivent le Corps du Seigneur avec des hosties consacrées au cours de la même messe : et le signe du banquet eucharistique s’exprime avec une plus grande plénitude si la sainte communion est faite sous les deux espèces, tout en sachant que la doctrine catholique enseigne que sous une seule espèce, on reçoit le Christ tout entier (cf. Présentation générale du Missel romain, 85 ; 281-282). Selon la pratique ecclésiale, le fidèle s’approche normalement de l’Eucharistie en formant une procession, comme nous l’avons dit, et on communie debout avec dévotion, ou à genoux, comme l’a établi la Conférence épiscopale, recevant le sacrement sur la langue ou, là où c’est permis, dans la main, comme on préfère (cf. PGMR, 160-161). Après la communion, le silence, la prière silencieuse nous aide à conserver dans le cœur le don reçu. Prolonger un peu de temps de silence, en parlant avec Jésus dans son cœur nous aide beaucoup, et de même chanter un psaume ou un chant de louange (cf. PGMR, 88), pour que cela nous aide à être avec le Seigneur.

La liturgie eucharistique se conclut avec l’oraison après la Communion. En elle, au nom de tous, le prêtre s’adresse à Dieu pour le remercier d’avoir fait de nous ses convives et pour demander que ce que nous avons reçu transforme notre vie. L’Eucharistie nous rend forts pour porter des fruits d’œuvres bonnes pour vivre en chrétiens. L’oraison de ce jour est significative ; nous y demandons au Seigneur que « la participation à son sacrement soit pour nous médecine du salut, qu’elle nous guérisse du mal et nous confirme dans son amitié ; » (Missel romain, mercredi de la Vème semaine de carême). Approchons-nous de l’Eucharistie : recevoir Jésus qui nous transforme en lui, nous rend plus forts. Le Seigneur est si bon et si grand !

© Libreria Editrice Vaticana – 2018

Commentaire des lectures du dimanche

Au centre de cette célébration, qui apparaît si festive, il y a la parole que nous avons entendue dans l’hymne de la Lettre aux Philippiens : « Il s’est abaissé » (2,8). L’abaissement de Jésus.

Cette parole nous révèle le style de Dieu et, en conséquence, ce que doit être celui du chrétien : l’humilité. Un style qui ne finira jamais de nous surprendre et de nous mettre en crise : on ne s’habitue jamais à un Dieu humble !

S’abaisser est avant tout le style de Dieu : Dieu s’abaisse pour marcher avec son peuple, pour supporter ses infidélités. On le voit bien en lisant l’histoire de l’Exode : quel abaissement pour le Seigneur que d’écouter tous ces murmures, ces lamentations ! Ils étaient dirigés contre Moïse, mais au fond, ils allaient contre Lui, leur Père, qui les avait fait sortir de la condition d’esclavage et les guidait sur le chemin à travers le désert jusqu’à la terre de la liberté.

En cette Semaine, la Semaine Sainte, qui nous conduit à Pâques, nous irons sur ce chemin de l’abaissement de Jésus. Et seulement ainsi, elle sera « sainte » aussi pour nous !

Nous entendrons le mépris des chefs de son peuple et leurs tromperies pour le faire tomber. Nous assisterons à la trahison de Judas, un des Douze, qui le vendra pour trente deniers. Nous verrons le Seigneur arrêté et emmené comme un malfaiteur ; abandonné des disciples ; traîné devant le sanhédrin, condamné à mort, battu et outragé. Nous entendrons que Pierre, le « roc » des disciples, le reniera par trois fois. Nous entendrons les cris de la foule, incitée par les chefs, qui demande que Barabbas soit libre, et que lui soit crucifié. Nous le verrons raillé par les soldats, couvert d’un manteau de pourpre, couronné d’épines. Et puis, le long de la Via dolorosa et sous la croix, nous entendrons les insultes des gens et des chefs, qui se moquent de son être de Roi et de Fils de Dieu.

C’est le chemin de Dieu, le chemin de l’humilité. C’est la route de Jésus, il n’y en a pas d’autre. Et il n’existe pas d’humilité sans humiliation.

En parcourant jusqu’au bout cette route, le Fils de Dieu a assumé la « condition de serviteur » (cf. Ph 2,7). En effet, humilité veut dire aussi service, veut dire laisser de la place à Dieu se dépouillant de soi-même, « se vidant », comme dit l’Écriture (v.7). Cela – se vider ‑ est l’humiliation la plus grande.

Il y a un autre chemin, contraire au chemin du Christ : la mondanité. La mondanité nous offre le chemin de la vanité, de l’orgueil, du succès… C’est l’autre chemin. Le malin l’a proposé aussi à Jésus, durant les quarante jours dans le désert. Mais Jésus l’a repoussé sans hésitations. Et avec lui, seulement avec sa grâce, avec son aide, nous aussi nous pouvons vaincre cette tentation de la vanité, de la mondanité, non seulement dans les grandes occasions, mais dans les circonstances ordinaires de la vie. 

Ce qui nous aide et nous réconforte en cela, c’est l’exemple de beaucoup d’hommes et de femmes qui, dans le silence et de façon cachée, chaque jour renoncent à eux-mêmes pour servir les autres : un parent malade, un ancien seul, une personne avec un handicap, un sans-abri…

Pensons aussi à l’abaissement de tous ceux qui, en raison de leur comportement fidèle à l’Évangile, sont discriminés et paient de leur personne. Et pensons à nos frères et sœurs persécutés parce que chrétiens, les martyrs d’aujourd’hui – il y en a beaucoup ‑ : ils ne renient pas Jésus et supportent avec dignité des insultes et des outrages. Ils le suivent sur son chemin. Nous pouvons parler en vérité d’« une nuée de témoins » : les martyrs d’aujourd’hui (cf. He 12,1).

Durant cette Semaine, nous aussi, mettons-nous résolument avec eux sur cette route de l’humilité, avec beaucoup d’amour pour Lui, notre Seigneur et Sauveur. Ce sera l’amour qui nous guidera et nous donnera la force. Et là où il est, Lui, nous serons nous aussi (cf. Jn 12,26).

© Libreria Editrice Vaticana – 2015